Prix de l’Afpeah 2020 (niveau collège)

Prix de l’Afpeah 2020 (niveau collège)

« Minotaure M-800 »

Galaxie Graecia. Année stellaire 52.

Chaque soir, Aegus Ier, roi de la planète Athéna faisait personnellement une tournée d’inspection autour de son palais. Il craignait d’être attaqué par l’armée de son plus grand rival : le Titan-Robot Minos, le dirigeant de Creta, la galaxie voisine.

Au cours des quatrièmes jeux intergalactiques organisés par les Grecs, un horrible accident était survenu : le vaisseau du fils de Minos était entré en collision avec un astéroïde et avait explosé. Fou de douleur, le puissant Titan-Robot n’avait depuis qu’une obsession : venger la mort de son unique enfant et faire d’Aegus un prisonnier du Labyrinthe, dirigé par le terrifiant Minotaure M-800.

Comme chaque soir, donc, Aegus Ier inspectait les alentours de son palais. Captivé par la beauté du soleil couchant qui illuminait la mer d’astéroïdes entourant sa planète, il ne remarqua pas les nombreux droïdes ennemis qui envahissaient progressivement sa demeure. Sans se douter du danger qui le menaçait, il alla se coucher. C’est alors que les droïdes surgirent et s’emparèrent de lui. Aegus fut conduit directement dans la prison centrale du Labyrinthe.

L’astéroïde artificiel du Labyrinthe avait été créé par Daedalus, un architecte qui travaillait pour le compte du Titan-Robot Minos. Ce dernier l’avait chargé de construire une prison géante pour y réduire en esclavage tous ses ennemis. Pendant des années, Daedalus avait assemblé des milliers de plaques de métal, des bribes d’astéroïdes, des monceaux d’étoiles. Le Labyrinthe était son œuvre, mais il lui manquait un gardien. C’est alors que le destin lui avait envoyé celui qui allait devenir le Minotaure M-800.

Durant l’année stellaire 40, une navette était venue s’écraser en plein milieu du vaste Labyrinthe. A son bord, se trouvait un être mi-homme, mi-taureau en provenance de la planète Taurina. Ce soldat combattait dans les forces de l’air et avait dû partir en mission contre les Grecs, les pires ennemis de sa nation. En entrant dans la galaxie Graecia, il avait été attaqué par des soldats d’Aegus Ier. Il avait tenté d’éviter les tirs, mais l’un d’eux avait traversé son moteur qui avait fini par exploser. Sa navette avait dérivé alors dans l’espace infini, jusqu’au Labyrinthe. Le choc avec le sol avait été tel que le pauvre malheureux avait perdu son bras et sa jambe du côté gauche.

Quand Daedalus avait découvert le blessé, gisant dans la carcasse de son vaisseau, il avait été saisi par sa force et son apparence. Il allait le sauver et en faire sa plus impressionnante création : le Minotaure M-800, un être hybride, mi-taureau, mi-cyborg, un géant aux cornes luisantes et au regard rouge.

Le monstre, sans aucun souvenir de sa vie passée faisait régner désormais la terreur dans le Labyrinthe, à la plus grande satisfaction du Titan-Robot Minos, qui voyait en lui son héritier, comme si son fils lui avait été rendu. Il l’avait alors nommé Minotaure M-800.

Au lendemain de l’enlèvement d’Aegus Ier, dans l’une des chambres du palais, Theseus, fils du roi de la galaxie, jeune homme d’une vingtaine d’années, aux cheveux bruns et au regard aussi bleu que la mer, qui, jadis existait sur la planète Terre, se réveilla. Comme tous les matins, il consulta son H.E.R.M.E.S : son Historique d’Emission et de Réception de Messages Express Spéciaux, à la recherche de nouvelles croustillantes. Plus de trois cents courriers non-lus l’attendaient ! Mais qu’avait-il pu arriver durant la nuit ?

Tous les messages avaient pratiquement le même contenu :

AEGUS ENLEVÉ PAR MINOS –

PRISONNIER DU MINOTAURE –

VA SAUVER TON PÈRE !

Theseus, fou de rage et de douleur, ne parvenait pas à y croire. Son cher père avait disparu et il courait un grave danger. Il lui fallait réagir vite. Le jeune homme n’avait jamais combattu de monstres auparavant, mais il faisait déjà preuve d’un courage et d’une vaillance digne d’un héros antique. Passionné de technologie, il admirait secrètement les créations de Daedalus et avait fabriqué plusieurs objets étranges, comme cette petite bille de métal qui permettait de projeter un mince fil de fumée rouge au sol pour retrouver son chemin dans des endroits inconnus. Theseus avait nommé son invention Ariana, il aimait ce prénom, sans savoir pourquoi.

Reprenant peu à peu ses esprits, Theseus se dit qu’il lui fallait équiper un vaisseau furtif, qui ne serait pas repéré par les radars de Minos. Il ne pouvait pas utiliser les véhicules déjà existants, tous trop imposants et trop facilement identifiables. Il eut alors l’idée de s’inspirer de la vieille trirème exposée dans le musée du palais, héritage lointain de ses ancêtres sur la planète Terre, avant l’explosion de celle-ci. Lorsqu’il était enfant, son père lui avait souvent raconté des histoires d’un autre temps, mais il n’y avait pas vraiment prêté attention. Un navire, une voile noire, une mer… Seuls ces petits détails lui restaient en mémoire…

La forme du bateau de guerre lui semblait parfaite, il construisit sa navette biplace en suivant ce modèle, l’équipa d’un canon-laser et d’un mode invisible, il prépara ensuite ses armes avec précaution : le Minotaure était très grand, coriace et puissant, il n’avait pas le droit à l’erreur.

L’écran protecteur du vaisseau ressemblait à une voile blanche flottant au vent, et lorsque le mode camouflage était activé, il devenait noir… Une voile noire… comme dans ses histoires d’enfant. C’était un signe, Theseus en était sûr. Il se mit en route vers le Labyrinthe, bien décidé à en finir avec le Minotaure et à libérer son père.

Le voyage interstellaire s’était déroulé sans encombre, aucun signe de poursuivants ou des soldats de Minos. Le vaisseau de Theseus, grâce à sa taille modeste et son écran de camouflage parvint à se poser dans un recoin du labyrinthe. Il n’avait pas été repéré ! Cependant, le vrai défi commençait : il lui fallait débusquer le Minotaure, l’affronter et espérer libérer son père. Après avoir enregistré la position de sa navette dans la bille Ariana, Theseus s’enfonça dans le dédale qui se trouvait devant lui.

Plus il avançait, tournait, déambulait, plus Theseus avait l’impression de progresser sans but. Il ne comprenait pas, le Labyrinthe était censé être une prison… or, il n’y avait aucun son humain, aucune trace de vie entre ces hauts murs, il n’y avait que des portions de cadavres humains. Theseus tremblait pour son père. Etait-il encore en vie ?

Soudain, face à lui, une silhouette musclée, des cornes brillantes apparurent. C’était la bête immonde. Theseus ne voyait que son énorme échine et son dos plein de poils hirsutes. Il progressa lentement dans la grande salle jonchée d’os et d’entrailles. Son regard fut attiré par trois cages dans lesquelles se trouvaient de pauvres humains, qui hurlaient, pétrifiés de terreur. Le Minotaure poussa alors un cri féroce, tel un rugissement de lion reniflant l’odeur de bonne chair. Le monstre attrapa deux prisonniers et les avala comme une grenouille gobe des mouches. Theseus était horrifié, il lui fallait stopper cette abomination car il venait de reconnaître le visage du dernier prisonnier.

« Père ! » ne put s’empêcher de crier Theseus. Le Minotaure se retourna alors, dans un bruit assourdissant de métal, et fixa le jeune homme de son regard rouge. Aegus, qui semblait blessé, se releva douloureusement dans sa cage et ne put prononcer un mot, les yeux emplis de larmes.

Le combat s’engagea, Theseus s’élança sur le Minotaure, et le frappa de plein de fouet. Dans le choc, le monstre détruisit un mur qui s’écroula sous son poids, emprisonnant son pied droit sous les débris. Theseus dégaina son épée-laser et trancha la patte de l’être hybride qui hurla de douleur. Du sang noir et épais coula et se répandit sur le sol…

Mais la bête n’était que blessée, elle se releva et d’un violent coup, brisa l’arme de Theseus. Il ne restait qu’une portion de lame, que le fils d’Aegus parvint à loger en plein cœur du monstre, en sautant au-dessus de sa tête ; ses qualités d’athlète lui permirent une réception sans difficulté. Theseus n’avait plus que son arc à plasma pour venir à bout du Minotaure, qui lentement, se relevait, malgré ses blessures, en mugissant. Le jeune héros ajusta son tir et la flèche nucléaire transperça le regard rouge du monstre. La créature vacilla et s’écrasa si violemment sur le sol que sa tête se dévissa de son corps et roula dans la poussière du Labyrinthe. Le silence inonda la planète créée par Daedalus, son abominable créature était morte.

Theseus se précipita pour libérer son pauvre père. Aegus était grièvement blessé, il avait été frappé par les soldats de Minos pendant son convoi jusqu’au Labyrinthe, sa vie ne tenait qu’à un fil. Il fallait agir vite, car la mort du Minotaure avait déclenché toutes les alarmes de protection de la planète, l’armée du Titan-Robot était certainement en route. Theseus activa la bille Ariana qui projeta un mince trait de fumée rouge, indiquant le trajet à suivre jusqu’au vaisseau. Portant son père sur son dos, le jeune héros progressa rapidement vers sa navette.

Il parvint à décoller, mais, comme il le redoutait, il vit rapidement qu’ils étaient poursuivis par des vaisseaux crétois, l’un deux, plus imposant que les autres, en forme de taureau, était dirigé par Minos lui-même. Une course-poursuite s’engagea autour du Labyrinthe, et, alors que la navette de Theseus allait être touchée par un tir ennemi, un phénomène extraordinaire se produisit : une gigantesque explosion souffla la planète artificielle conçue par Daedalus et créa un trou noir interstellaire qui engloutit toute la flotte de Minos. La déflagration propulsa le vaisseau de Theseus vers la mer d’astéroïdes qui entourait la planète Graecia. Le choc fut si violent que les deux passagers de la navette perdirent connaissance. Cependant, Theseus revint rapidement à lui.

– Père, nous sommes sauvés, regarde, notre chère planète est en vue ! dit le jeune héros en se tournant vers Aegus.

Mais c’est avec horreur qu’il vit que l’explosion avait touché son navire de l’espace et en avait arraché la partie droite. Mortellement blessé, le corps de son père flottait dans la mer d’astéroïdes en s’éloignant doucement du vaisseau.

Un navire, une voile noire, une mer…La mer Egée, la mer Aegus…
Tout faisait sens à présent. L’histoire se répétait.

Djibril Attal, Méline Bouard, Mathis Caillet, Timéo Castenetto, Kenza Chehaidia, Loéva Conrad, Johanna Coyer, Clémence Detail, Océane Doré, Camille Forgeot, Mathias Fournier, Marylou  Kleinert, Duncan Lauret, Lucille Logerot, Perrine Maréchal, Timéo Morot, Dylan Papillon-Martin, Mathis Pontailler, Mathéo Prodhon, Yanis Raclot, Emylio Roumejon,  Romain Sommier, Oryan Thomas, Jade Vieira, élèves de Caroline Richalet ont composé cette nouvelle.

Collège Françoise Dolto à Nogent (52800)

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