Le Partage des mots

Le Partage des mots

Claude Esteban, Gallimard, 1990

Conseil de lecture

Autobiographie d’un poète

Cet essai original est à la fois itinéraire spirituel et artistique. Il offre au lecteur une réflexion passionnante sur le bilinguisme et le langage.
Le Partage des mots retrace l’errance douloureuse du poète, un parcours qui, de déchirements en éblouissements, l’a conduit à l’écriture et à la coïncidence avec soi.

Claude Esteban rend également hommage à son professeur de Khâgne, qui, sans prisme, avait redonné voix et corps aux écrivains du Siècle d’Or: « Il nous lisait Quevedo, Fray Luis de León, saint Jean de la Croix »; « ce sont leurs voix qui par son intermédiaire me parvenaient, qui m’apprenaient une grandeur et une gravité intrinsèques au génie de l’Espagne ». Pierre Darmangeat « n’avait pour passion que de faire surgir de l’ombre un étrange murmure que tous les autres professeurs ou presque couvraient orgueilleusement du vacarme de leurs exégèses ».

Florilège

« Le langage ne constitue pas pour l’enfant cette belle ordonnance de signes qui permet de comparer, de classer, de hiérarchiser les significations éparses; il est une épiphanie du Sens, indissociable de l’Être. »

Les mots « détiennent une vertu plus haute, altérée sans doute par l’usage que nous en faisons: celle d’épouser la substance des choses. »

« La langue est comme un sol premier où tout prend racine ».

« Quel bonheur aussi est réservé à celui qui, sur tout spectacle du visible, a la chance de poser le mot juste, le mot unique ».

Chateaubriand et Pouchkine ont compris « que toute langue, en vérité, nous échappe si nous n’avons pas grandi et souffert avec elle, si nous n’avons pas épousé ses espoirs et ses manques, ses fantasmes et ses fascinations. »

« La poésie de ne souciait pas de significations établies, codifiées par l’usage ».

« Le langage de la poésie ne constituait pas un univers de signes différents de celui dont usaient les autres hommes. Il était à la fois le même et il se distinguait de celui-ci par une qualité charnelle qu’il était seul à détenir — et cette chair, c’était la substance même du poète, devenue parole et promesse de vérité ».

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