« Aux champs », Maupassant

« Aux champs », Maupassant

Si vous avez envie de faire découvrir «Aux Champs » à vos élèves, nous vous recommandons d’écouter la très belle lecture de Cyril et Clara Le Meur; la vidéo permet aux élèves les plus fragiles d’apprécier la nouvelle grâce à son support visuel.

Bien avant avant Bourdieu, Maupassant montre que le destin des individus est en grande partie conditionné par le milieu social dans lequel un enfant grandit.

Ce texte est aussi un récit sur les mères : la « bonne mère », la dénaturée, et Mme Henri d’Hubières qui s’empare du bébé comme s’il s’agissait d’un objet. Qui est d’ailleurs cette Mme Henri d’Hubières que le narrateur désigne très simplement en se contentant de mentionner le prénom et le patronyme de son mari ?

Pierre Tranouez s’est intéressé au réalisme d’ « Aux Champs » et a relévé des précisions « quasi ethnographiques » dans l’écriture de Maupassant :

« Tout cela vivait péniblement de soupe de pommes de terre et de grand air. A sept heures, le matin, puis à midi, puis à six heures, le soir, les ménagères réunissaient leurs mioches pour donner la pâtée, comme des gardeurs d’oie assemblent leurs bêtes. Les enfants étaient assis, par rang d’âge, devant la table en bois, vernie par cinquante ans d’usage (…]. On posait devant eux l’assiette creuse pleine de pain molli dans l’eau où avaient cuit les pommes de terre, un demi-chou et trois oignons […). La mère empâtait elle-même le petit. Un peu de viande au pot-au-feu, le dimanche, était une fête pour tous »

Le critique s’est également intéressé à la restitution du langage des paysans « dans la tradition du Pierrot de Dom Juan, c’est-à-dire sans les joliesses à la Trianon qu’on peut trouver chez George Sand, mais avec entorses à la syntaxe, prononciations et lexique patoisants, duplication des énoncés :

« J’tai pas vendu, mé, j’tai pas vendu, mon p’tiot. J’vends pas m’s

éfants, mé. I’sieus pas riche, mais vends pas m’s’éfants ». »

Pour plus de renseignements voir Pierre Tranouez, « Sur deux Contes de la Bécasse », Littérales, 1994.

NOUVELLE à écouter en suivant le lien proposé ci-dessous =>

Exploitation pédagogique :

Les questions et recherches suivantes (vocabulaire) peuvent éventuellement aider vos élèves à cerner les enjeux du texte :

1) Pourquoi les Vallin acceptent-ils la proposition des d’Hubières ? (Citez le texte).

2) Analysez le traitement du temps dans le récit. Identifiez les passages dans lesquels les faits sont racontés sur un rythme calquant celui de la réalité (scène) ; identifiez les passages dans lesquels les faits sont racontés très rapidement (sommaire) ; identifiez les passages qui supposent que certains faits aient été complètement passés sous silence (ellipse).

3) À votre avis, pourquoi l’écrivain ne traite-t-il pas tous les moments de l’histoire de la même façon ?

4) Les personnages n’ont pas la même façon de parler. Pourquoi s’expriment-ils différemment ? Quelles déformations observez-vous dans les paroles de certains personnages ?

5) En matière d’éducation, partagez-vous le point de vue de Maupassant ? 

Vocabulaire à rechercher :

Chaumière / infécond/ masure/ frêle/ rente/ abomination/ ténacité/ parcimonieusement/ sentencieux/ complaisant/ vivoter/ âtre/ émoi/ atterré/ manant / louable/

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