La Langue géniale : 9 Bonnes raisons d’aimer le grec

La Langue géniale : 9 Bonnes raisons d’aimer le grec

Andrea Marcolongo, Les Belles Lettres, 2018

Parce que la standardisation des sociétés, des hommes et de la pensée ne peut conduire à un quelconque épanouissement, nous vous conseillons de lire et de relire le passionnant essai d’Andrea Marcolongo : une réflexion sur la langue grecque, sur les langues en général, sur l’humanité, l’étrangeté et l’intensité qui donnent un sens à nos existences.

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« Dans les textes grecs, ce n’est plus le monde grec que nous lisons, c’est nous-mêmes. »

DÉCRIRE LE MONDE :

« Chaque langue avec tous les mots qui la composent, sert à décrire un monde. […] À notre époque où nous sommes toujours connectés à quelque chose, et rarement à quelqu’un, où les mots sont tombés en désuétude, remplacés par des « emoji » et autres pictogrammes modernes, dans ce monde toujours plus rapide et cette réalité si virtuelle que nous vivons désormais en différé avec nous-mêmes, en fait – en mots – nous ne nous comprenons plus.

La langue, ou ce qu’il en reste, est en train de devenir toujours plus banale. »

MUSIQUE

« La métrique de la poésie grecque n’était (…) pas obtenue en forçant la langue : c’était une façon d’exprimer par la voix, une certaine idée du monde, un monde musical. »

« Ce qui comptait était le son mélodique de la langue, sa musicalité en tant que façon sincère de s’exprimer »

LIBERTÉ :

«  »Fléchie », du latin flectere, « plier », « courber ». Et donc, « changer de direction ». C’est là le mécanisme des mots en grec ancien, langue dite fléchie ou flexionnelle. Des mots libres, à la signification en changement constant dans leur flexion, au sens en évolution continue d’un cas à l’autre de leur déclinaison. »

SILENCE :

« Les sons du grec ont disparu pour toujours avec ses locuteurs.

Nous possédons les textes littéraires, nous pouvons les lire, les étudier, mais non les prononcer. ils nous sont parvenus muets. Ou plutôt réduits au silence. Sans voix. »

« Les Alexandrins nous ont permis de balbutier le grec, en nous évitant le silence éternel. »

« Sous le poids des ruines de l’Empire romain, chaque mot cessa alors de se demander s’il avait une âme ou non. Et le masculin et le féminin devinrent la seule façon de se distinguer linguistiquement. »

LUMIÈRE :

« Les Grecs de l’Antiquité donnaient à chaque couleur une autre signification, un sens de luminosité, de gradation de clarté. « 

Andrea Marcolongo

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