{"id":4394,"date":"2026-08-29T17:38:48","date_gmt":"2026-08-29T15:38:48","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=4394"},"modified":"2026-08-29T18:09:45","modified_gmt":"2026-08-29T16:09:45","slug":"metamorphoses-lenlevement-de-proserpine-persephone","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2026\/08\/29\/metamorphoses-lenlevement-de-proserpine-persephone\/","title":{"rendered":"M\u00e9tamorphoses &#8211; L\u2019enl\u00e8vement de Proserpine (Pers\u00e9phone)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Ovide, <em>M\u00e9tamorphoses<\/em>, V, extraits des vers 346 \u2013 571 <\/strong><br><strong>Traduction adapt\u00e9e de G.T. Villenave, Paris, 1806<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:15px\"><em>Lecture en lien avec la 9e \u00e9dition du Prix de l\u2019AFPEAH : <a href=\"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2026\/06\/29\/reglement-du-prix-de-lafpeah-2026-2027-persephone\/\">https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2026\/06\/29\/reglement-du-prix-de-lafpeah-2026-2027-persephone\/<\/a><\/em><br><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00eele de Trinacrie couvre le vaste corps d&rsquo;un G\u00e9ant foudroy\u00e9 par Jupiter. L&rsquo;orgueilleux Typhon, qui dans son audace osa lui disputer l&rsquo;Olympe, g\u00e9mit et souvent s&rsquo;agite en vain sous cette \u00e9norme masse. [&#8230;] Il lutte pour briser ses fers. Il veut secouer les cit\u00e9s, les montagnes qui l&rsquo;\u00e9crasent ; et la terre tremble jusqu&rsquo;en ses fondements. Pluton lui-m\u00eame craint qu&rsquo;elle ne s&rsquo;entrouvre, et que le jour p\u00e9n\u00e9trant dans son empire n&rsquo;\u00e9pouvante les ombres dans l&rsquo;\u00e9ternelle nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il descend de son tr\u00f4ne t\u00e9n\u00e9breux. Il parcourt la Sicile, guidant les noirs coursiers qui sont attel\u00e9s \u00e0 son char ; il examine avec soin les fondements de l&rsquo;\u00eele. Tout lui para\u00eet solide. Aucun danger ne le menace, et sa terreur s&rsquo;\u00e9vanouit. Du haut du mont \u00c9ryx, V\u00e9nus aper\u00e7oit le monarque errant dans la plaine ; elle embrasse son fils, et lui dit : \u00ab\u00a0\u00d4 toi, mon appui, ma puissance, et ma gloire, Cupidon, prends ces traits qui soumettent tout \u00e0 ton empire ; lance les plus rapides sur ce dieu, \u00e0 qui, dans le triple partage du monde, \u00e9churent les Enfers. Tu as triomph\u00e9 de tous les dieux de l&rsquo;Olympe, de Jupiter lui-m\u00eame; des divinit\u00e9s de la mer, et de celui qui leur donne des lois. Pourquoi laisserais-tu tranquille l&#8217;empire des morts ? pourquoi n&rsquo;y pas \u00e9tendre ton pouvoir et celui de ta m\u00e8re ? Il s&rsquo;agit de la troisi\u00e8me partie de l&rsquo;univers. D\u00e9j\u00e0 dans le ciel on m\u00e9conna\u00eet notre puissance ; ton autorit\u00e9 et la mienne s&rsquo;y affaiblissent tous les jours. Ne vois-tu pas la guerri\u00e8re Pallas et la d\u00e9esse des for\u00eats \u00e9chapper \u00e0 mon pouvoir ? La fille de C\u00e9r\u00e8s, si nous le souffrons, nous pr\u00e9pare la m\u00eame injure. Elle ambitionne aussi la gloire de garder sa virginit\u00e9. Ah ! si je te suis ch\u00e8re, fais que Pluton \u00e9pouse sa ni\u00e8ce, et partage avec elle le tr\u00f4ne des Enfers\u00a0\u00bb ! V\u00e9nus dit, et l&rsquo;Amour a d\u00e9tach\u00e9 son carquois. Il y prend, sous les yeux de sa m\u00e8re, un trait qu&rsquo;il choisit entre mille. Il n&rsquo;en est point de plus aigu, de plus certain, de plus rapide. Il courbe l&rsquo;arc sur son genou : le trait ac\u00e9r\u00e9 part, vole, et perce le c\u0153ur du farouche Pluton.<\/p>\n\n\n\n<p>Non loin des murs d&rsquo;Henna se trouve un lac profond qu&rsquo;on appelle Pergus. Jamais le Ca\u00ffstre ne vit autant de cygnes sur ses bords. Des arbres \u00e0 l&rsquo;\u00e9pais feuillage couronnent le lac d&rsquo;un berceau de verdure imp\u00e9n\u00e9trable aux rayons du soleil. La terre que baigne cette onde paisible est \u00e9maill\u00e9e de fleurs. L\u00e0 r\u00e8gnent, avec les Z\u00e9phyrs, l&rsquo;ombre, la fra\u00eecheur et un printemps \u00e9ternel ; l\u00e0, dans un bocage, jouait Proserpine. Elle allait, dans la joie ing\u00e9nue de son sexe et de son \u00e2ge, cueillant la violette ou le lis, en parant son sein, en remplissant des corbeilles, en disputant \u00e0 ses compagnes \u00e0 qui rassemblerait les fleurs les plus belles.<\/p>\n\n\n\n<p>Pluton l&rsquo;aper\u00e7oit et s&rsquo;enflamme. La voir, l&rsquo;aimer, et l&rsquo;enlever, n&rsquo;est pour lui qu&rsquo;un moment. La jeune d\u00e9esse, dans son trouble et dans son effroi, appelle en g\u00e9missant sa m\u00e8re, ses compagnes, mais sa m\u00e8re surtout. Sa moisson de lis s&rsquo;\u00e9chappe de sa robe d\u00e9chir\u00e9e. \u00d4 candeur de son \u00e2ge ! dans ce moment terrible la perte de ses fleurs excite encore ses regrets.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant le ravisseur h\u00e2te ses coursiers ; il les excite et les nomme tour \u00e0 tour. Il agite sur leur cou, sur leur longue crini\u00e8re les r\u00eanes et le frein que rouille et noircit leur \u00e9cume. Il traverse les lacs profonds, les \u00e9tangs des Palices [&#8230;] et les champs o\u00f9 les Bacchiades [&#8230;] b\u00e2tirent Syracuse entre deux ports d&rsquo;in\u00e9gale grandeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre Ar\u00e9thuse et Cyan\u00e9, deux \u00e9cueils forment une \u00e9troite mer. C&rsquo;est l\u00e0 qu&rsquo;habite Cyan\u00e9, la plus belle des Nymphes de Sicile, et le lac porte son nom. Elle s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, de la moiti\u00e9 du corps, au- dessus des eaux profondes ; elle aper\u00e7oit le ravisseur, et s&rsquo;\u00e9crie : \u00ab\u00a0Vous n&rsquo;irez pas plus loin. Vous ne pouvez, en d\u00e9pit de C\u00e9r\u00e8s, \u00eatre l&rsquo;\u00e9poux de sa fille. Il fallait la demander, et non la ravir. Moi-m\u00eame (si pourtant il m&rsquo;est permis de faire cette comparaison) je fus aim\u00e9e d&rsquo;Anapis, et je l&rsquo;\u00e9pousai, vaincue par ses pri\u00e8res, et non par cet effroi dont la jeune d\u00e9esse est saisie.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Elle dit, et \u00e9tendant ses bras, elle s&rsquo;oppose \u00e0 son passage. Le fils de Saturne ne peut plus retenir sa col\u00e8re. Il lance d&rsquo;un bras nerveux son sceptre dans le fond du lac ; la terre frapp\u00e9e re\u00e7oit le char dans ses flancs, et lui ouvre le chemin des Enfers.<\/p>\n\n\n\n<p>La Nymphe g\u00e9mit et se plaint de l&rsquo;enl\u00e8vement de Proserpine, et des droits viol\u00e9s de son onde. Elle conserve en secret dans son c\u0153ur une douleur que le temps ne peut gu\u00e9rir. Elle se fond en pleurs et se dissout dans les m\u00eames eaux dont elle fut la divinit\u00e9. Alors on e\u00fbt vu tous ses membres s&rsquo;amollir, ses os devenir flexibles, ses ongles perdre leur duret\u00e9; ses blonds cheveux, ses doigts l\u00e9gers, ses jambes et ses pieds d\u00e9licats, se changer en limpides canaux ; ses \u00e9paules, son dos, ses flancs, et son sein, s&rsquo;\u00e9couler en ruisseaux. Ce n&rsquo;est plus du sang, c&rsquo;est de l&rsquo;eau qui court dans ses veines ; et de la Nymphe de l&rsquo;onde il ne reste plus rien que la main puisse presser.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, alarm\u00e9e du sort de sa fille, C\u00e9r\u00e8s la cherche en vain. Elle erre par toute la terre et sur toutes les mers, soit que l&rsquo;Aurore, aux cheveux brillants de ros\u00e9e, paraisse \u00e0 l&rsquo;orient, soit que Vesper ram\u00e8ne de l&rsquo;occident le silence et les ombres. Elle allume aux feux de l&rsquo;Etna deux flambeaux de sapin dont la lumi\u00e8re guide ses pas empress\u00e9s dans les froides t\u00e9n\u00e8bres de la nuit : et d\u00e8s que le soleil a fait p\u00e2lir les \u00e9toiles, elle demande sa fille, et jusqu&rsquo;au retour du soir la redemande encore.<\/p>\n\n\n\n<p>[&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne dirai point quelles terres, quelles mers, parcourut la d\u00e9esse. L&rsquo;univers manqua bient\u00f4t \u00e0 ses recherches vaines. Elle revient enfin dans la Sicile ; et tandis qu&rsquo;elle s&rsquo;informe toujours du destin de sa fille, elle arrive au lac de Cyan\u00e9. Si cette Nymphe e\u00fbt conserv\u00e9 sa premi\u00e8re forme, elle aurait tout racont\u00e9 ; mais elle n&rsquo;a plus ni langue, ni voix. Elle donne cependant des indices certains. Elle montre \u00e0 la d\u00e9esse la ceinture de sa fille qui, tomb\u00e9e par hasard dans ces ondes sacr\u00e9es, para\u00eet encore \u00e0 leur surface, et flotte \u00e0 replis sinueux.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u00e9r\u00e8s la reconna\u00eet ; et comme si alors elle recevait la premi\u00e8re nouvelle de la perte de sa fille, elle arrache ses cheveux \u00e9pars ; elle frappe et meurtrit son sein. Ignorant en quel lieu de la terre est Proserpine, elle maudit la terre enti\u00e8re, accuse son ingratitude, et la d\u00e9clare indigne de ses bienfaits. Elle accable surtout de sa haine la Sicile, o\u00f9 elle a trouv\u00e9 les premi\u00e8res traces de son malheur. De sa main irrit\u00e9e elle brise le soc et les instruments du laboureur. Elle frappe de mort le b\u0153uf agricole, le colon innocent ; et, corrompant les germes, elle ordonne aux champs d&rsquo;\u00e9touffer ceux qui leur sont confi\u00e9s. Ainsi la Sicile perd sa fertilit\u00e9, si c\u00e9l\u00e8bre dans le monde. [&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant Ar\u00e9thuse \u00e9l\u00e8ve sa t\u00eate au-dessus de ses ondes. Elle \u00e9carte de la main les cheveux humides qui couvraient son visage, et s&rsquo;\u00e9crie : \u00ab\u00a0M\u00e8re des fruits de la terre, m\u00e8re de Proserpine, que vous avez cherch\u00e9e dans tout l&rsquo;univers, suspendez vos vengeances cruelles : cessez de ravager une contr\u00e9e qui n&rsquo;a point m\u00e9rit\u00e9 votre courroux. Elle est toujours fid\u00e8le \u00e0 vos lois, et c&rsquo;est en d\u00e9pit d&rsquo;elle que son sein s&rsquo;est ouvert au ravisseur. Ce n&rsquo;est point ici pour ma patrie que j&rsquo;implore votre piti\u00e9. \u00c9trang\u00e8re dans cette \u00eele, Pise m&rsquo;a vu na\u00eetre, et je tire mon origine de l&rsquo;\u00c9lide. Je voyage dans la Sicile ; mais cette terre m&rsquo;est plus ch\u00e8re qu&rsquo;aucune autre ; j&rsquo;y ai transport\u00e9 mes p\u00e9nates ; j&rsquo;y ai fix\u00e9 ma demeure. \u00d4 d\u00e9esse ! daignez l&rsquo;\u00e9pargner, et calmez votre courroux. Lorsque vous serez lib\u00e9r\u00e9e de votre inqui\u00e9tude, et que votre front sera moins charg\u00e9 de soucis, je vous raconterai comment, du sein de la Gr\u00e8ce, mon onde se fraie sous les mers, vers l&rsquo;Ortygie, une route nouvelle. La terre m&rsquo;ouvre son sein, je coule \u00e0 travers ses cavernes profondes, et je reparais enfin dans ce lieu, o\u00f9 je revois le ciel si longtemps cach\u00e9 \u00e0 mes regards. En traversant ces routes obscures et voisines des gouffres du Styx, j&rsquo;ai vu Proserpine. La tristesse et l&rsquo;effroi sont encore empreints sur son visage ; mais elle r\u00e8gne dans l&#8217;empire des ombres, elle est la puissante \u00e9pouse du roi des Enfers.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"592\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-592x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4423\" style=\"aspect-ratio:0.5784999461960616;width:368px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-592x1024.png 592w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-174x300.png 174w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-768x1328.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-889x1536.png 889w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-1185x2048.png 1185w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1-156x270.png 156w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/08\/Capture-decran-2026-08-29-a-14.35.53-1.png 1216w\" sizes=\"auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u00c0 ce discours, la d\u00e9esse \u00e9tonn\u00e9e, pareille au marbre que travailla le ciseau, reste sans mouvement. Le d\u00e9pit et la col\u00e8re succ\u00e8dent enfin \u00e0 son \u00e9garement. Elle monte sur son char, qui l&#8217;emporte au c\u00e9leste s\u00e9jour, et s&rsquo;arr\u00eatant devant Jupiter, le visage baign\u00e9 de larmes, les cheveux \u00e9pars, elle dit : \u00ab\u00a0Souverain des dieux, je viens t&rsquo;implorer pour mon sang et pour le tien. Si tu n&rsquo;as point piti\u00e9 d&rsquo;une m\u00e8re, que du moins ma fille puisse toucher le c\u0153ur de son p\u00e8re. Ne la punis point de me devoir le jour. Je la retrouve enfin cette fille que j&rsquo;ai si longtemps cherch\u00e9e, si pourtant c&rsquo;est la retrouver que d&rsquo;\u00eatre plus certaine de l&rsquo;avoir perdue ! si c&rsquo;est la retrouver que de savoir o\u00f9 elle est ! Je puis pardonner \u00e0 Pluton, pourvu qu&rsquo;il me la rende. Ta fille, car, h\u00e9las ! elle n&rsquo;est plus \u00e0 moi ; ta fille ne peut \u00eatre la proie d&rsquo;un ravisseur\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Jupiter lui r\u00e9pond :\u00a0\u00bb Proserpine est le gage de notre amour et l&rsquo;objet commun de nos soins les plus chers. Mais, s&rsquo;il faut donner aux choses leur v\u00e9ritable nom, l&rsquo;action de Pluton est, non pas un outrage, mais un exc\u00e8s d&rsquo;amour. Si vous consentez \u00e0 son hymen, un gendre tel que lui ne saurait nous faire rougir. Sans parler de ses autres avantages, n&rsquo;est-ce pas assez pour lui d&rsquo;\u00eatre fr\u00e8re de Jupiter ? Mais que lui manque-t-il ? Il ne le c\u00e8de qu&rsquo;\u00e0 moi ; et ma puissance absolue, je ne la dois qu&rsquo;au sort. Si cependant vous persistez \u00e0 vouloir arracher votre fille de ses bras, elle peut encore vous \u00eatre rendue, pourvu qu&rsquo;elle n&rsquo;ait go\u00fbt\u00e9 \u00e0 aucun fruit dans les Enfers. Tel est l&rsquo;arr\u00eat inflexible des Parques.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>[&#8230;] C\u00e9r\u00e8s croit d\u00e9j\u00e0 ramener sa fille de l&#8217;empire des morts ; mais les Destins s&rsquo;opposent \u00e0 ses v\u0153ux. La jeune d\u00e9esse a d\u00e9j\u00e0 manqu\u00e9 aux conditions prescrites. Tandis qu&rsquo;elle erre \u00e0 l&rsquo;aventure dans les jardins de Pluton, elle cueille une grenade, en tire sept grains, et les porte \u00e0 sa bouche. Ascalaphe est seul t\u00e9moin de cette action de la d\u00e9esse. On dit qu&rsquo;une des Nymphes les plus c\u00e9l\u00e8bres de l&rsquo;Averne, Orphn\u00e9, lui donna le jour dans un antre sombre qui baigne l&rsquo;Ach\u00e9ron, son amant. Ascalaphe a vu Proserpine, il la trahit, et lui \u00f4te ainsi tout espoir de retour.<\/p>\n\n\n\n<p>La reine de l&rsquo;\u00c9r\u00e8be g\u00e9mit, et change en un vil oiseau son profane d\u00e9lateur. [&#8230;]<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, arbitre \u00e9quitable des diff\u00e9rends de Pluton et de C\u00e9r\u00e8s, Jupiter entre elle et lui veut partager l&rsquo;ann\u00e9e. Il ordonne que Proserpine prenant place tour \u00e0 tour parmi les divinit\u00e9s des deux empires, accorde six mois \u00e0 sa m\u00e8re, et six mois \u00e0 son \u00e9poux. Alors le calme rena\u00eet dans l&rsquo;\u00e2me de C\u00e9r\u00e8s, et son visage a repris son auguste s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Son front, qui e\u00fbt pu para\u00eetre n\u00e9buleux m\u00eame au sombre monarque des Enfers, s&rsquo;est \u00e9clairci, pareil \u00e0 l&rsquo;astre du jour qui sort vainqueur des nuages qui le cachaient, et repara\u00eet avec tout son \u00e9clat.<br><br>Choix d\u2019extraits : Florian Martinez. <br><strong><em>Florian Martinez est professeur agr\u00e9g\u00e9 de lettres classiques, il enseigne \u00e0 Dallas, aux Etats-Unis. <\/em><\/strong><br>Vous d\u00e9couvrirez sa lecture du texte en cliquant sur ce lien :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"M\u00e9tamorphoses, Ovide : Proserpine, reine des enfers (Pers\u00e9phone)\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/wm4DRc2s9WQ?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ovide, M\u00e9tamorphoses, V, extraits des vers 346 \u2013 571 Traduction adapt\u00e9e de G.T. Villenave, Paris, 1806 Lecture en lien avec la 9e \u00e9dition du Prix de l\u2019AFPEAH : https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2026\/06\/29\/reglement-du-prix-de-lafpeah-2026-2027-persephone\/ L&rsquo;\u00eele de Trinacrie couvre le vaste corps d&rsquo;un G\u00e9ant foudroy\u00e9 par Jupiter. L&rsquo;orgueilleux Typhon, qui dans son audace osa lui disputer l&rsquo;Olympe, g\u00e9mit et souvent s&rsquo;agite en vain sous cette \u00e9norme masse. [&#8230;] Il lutte pour briser ses fers. 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