{"id":4316,"date":"2026-06-12T16:21:27","date_gmt":"2026-06-12T14:21:27","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=4316"},"modified":"2026-06-12T16:54:26","modified_gmt":"2026-06-12T14:54:26","slug":"prix-coup-de-coeur-2026-lycee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2026\/06\/12\/prix-coup-de-coeur-2026-lycee\/","title":{"rendered":"Prix Coup de c\u0153ur 2026 (Lyc\u00e9e)"},"content":{"rendered":"\n<p><em><strong>Le Prix Coup de c\u0153ur de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau Lyc\u00e9e (Jury de lyc\u00e9ens) est d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Joseph Martin,<\/strong><\/em><strong>Jayson Laroche et Justine \u2028Charrondiere <em>pour \u00abLa Chute des lionnes de T\u00e9h\u00e9ran&nbsp;\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Professeur r\u00e9f\u00e9rent : Anne Boichon<br>Ensemble scolaire F\u00e9nelon, Clermont-Ferrand<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>La Chute des lionnes de T\u00e9h\u00e9ran<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; I<\/p>\n\n\n\n<p><em>Il fait chaud. J\u2019ai les paupi\u00e8res lourdes, la gorge nou\u00e9e, et je sens des gouttes de sueur froide glisser le long de mon dos. Entre mes cils, je distingue des silhouettes floues, comme des ombres, sans parvenir \u00e0 en identifier aucune. La chaleur monte encore d\u2019un cran. Ma vision devient plus nette et je me rends compte que ces ombres qui m\u2019angoissent tant sont en fait des femmes voil\u00e9es. Elles forment une masse dont on ne distingue plus que les yeux per\u00e7ants qui me d\u00e9visagent d\u2019un seul et m\u00eame regard.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je me r\u00e9veillai en sursaut. Quel \u00e9trange cauchemar\u2026 Les yeux per\u00e7ants semblaient encore me fixer au loin et j\u2019entendais les murmures de ces femmes qui se m\u00ealaient \u00e0 ceux, bien r\u00e9els, qui me parvenaient du rez-de-chauss\u00e9e. Je jetai un \u0153il \u00e0 mon r\u00e9veil. Il affichait 4h 30 du matin. Qui pouvait bien \u00eatre d\u00e9j\u00e0 debout \u00e0 cette heure-l\u00e0&nbsp;? J\u2019h\u00e9sitais \u00e0 descendre, toujours \u00e9treinte par l\u2019angoisse de mon r\u00eave qui persistait comme un arri\u00e8re-go\u00fbt dans ma bouche, comme un frisson glac\u00e9 sur ma peau. Je pris pourtant mon livre de chevet et mon courage \u00e0 deux mains, puis je me faufilai dans les escaliers. A la quatri\u00e8me marche, je stoppai net. Un ombre \u00e9tait pass\u00e9e alors que les murmures se faisaient de plus en plus nets et intenses, comme une radio que l\u2019on r\u00e8gle peu \u00e0 peu sur la bonne fr\u00e9quence.<\/p>\n\n\n\n<p>-Des manifestants pacifiques Shapour&nbsp;! L\u2019arm\u00e9e a mitraill\u00e9 des manifestants PACIFIQUES&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cette voix, je ne la reconnus pas, mais le nom de Shapour ne m\u2019\u00e9tait pas inconnu. C\u2019\u00e9tait celui de mon p\u00e8re. Intrigu\u00e9e, je glissai le long du mur pour me recroqueviller entre les marches et attendit la suite. Mon p\u00e8re r\u00e9pondit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-Nous n\u2019avons pas eu le choix. Et puis, ce n\u2019\u00e9tait pas seulement des \u00e9tudiants mais de fervents opposants au gouvernement, une menace pour le pays tout entier&nbsp;!&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La voix de mon p\u00e8re \u00e9tait calme et pos\u00e9e. Confiante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>-Nous ne sommes pas les responsables. Ce sont ces fous d\u2019ayatollah qui les endoctrinent&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Mon fr\u00e8re. Homar. Le fervent d\u00e9fenseur des Am\u00e9ricains et de l\u2019ouverture vers l\u2019Occident. Il d\u00e9teste les pr\u00eatres chiites qu\u2019il trouve trop traditionalistes. L\u2019ayatollah Khomeiny revient tr\u00e8s souvent dans ses propos, mais pas forc\u00e9ment en bons termes\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Perdue dans mes pens\u00e9es je faillis ne pas entendre le froissement des v\u00eatements qu\u2019on d\u00e9tend et les adieux murmur\u00e9s. Je me relevai pr\u00e9cipitamment et remontai rapidement les escaliers afin que personne ne soup\u00e7onne ma pr\u00e9sence. Apr\u00e8s avoir rejoint ma chambre, je repensai \u00e0 la conversation que j\u2019avais surprise ainsi qu\u2019\u00e0 ma vision. Je ne parvins que difficilement \u00e0 retrouver le sommeil.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Au matin les d\u00e9tails de l\u2019une et l\u2019autre m\u2019\u00e9chappaient. Je repris donc mon quotidien d\u2019\u00e9tudiante iranienne ordinaire. Si petite j\u2019avais eu l\u2019ambition de devenir proph\u00e8te, pensant que c\u2019\u00e9tait le destin auquel m\u2019avait attach\u00e9 mon pr\u00e9nom, \u00ab&nbsp;Omaya&nbsp;\u00bb, qui signifie \u00ab&nbsp;servante de Dieu&nbsp;\u00bb en arabe, j\u2019\u00e9tudiai aujourd\u2019hui le droit pour devenir avocate.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un matin des \u00e9tudiants en th\u00e9ologie firent irruption \u00e0 la fac, appelant \u00e0 la gr\u00e8ve. Ils expliqu\u00e8rent que le Shah allait \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9ceptes du proph\u00e8te, qu\u2019il s\u2019\u00e9tait laiss\u00e9 aveugler par les occidentaux et qu\u2019il fallait absolument r\u00e9agir avant que l\u2019Iran ne devienne une p\u00e2le copie orientale des \u00c9tats-Unis. En quelques minutes, tout le campus r\u00e9sonnait d\u2019appels \u00e0 la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale. Les all\u00e9es du campus se remplissaient peu \u00e0 peu de manifestants. Parmi eux, des femmes, semblables \u00e0 celles de ma vision, voil\u00e9es de pied en cape, scandaient le nom de Khomeiny et r\u00e9clamaient son retour.<\/p>\n\n\n\n<p>Soudain des coups de feu retentirent. Je me pr\u00e9cipitai sous un bureau et j\u2019attendis. Dehors la panique grandissait. Les manifestants criaient de peur et de col\u00e8re m\u00eal\u00e9e. A force de mitraille, les all\u00e9es du campus se vid\u00e8rent peu \u00e0 peu. Ceux qui \u00e9taient rest\u00e9s dans les b\u00e2timents furent \u00e9vacu\u00e9s. L\u2019acc\u00e8s au campus fut restreint pour la journ\u00e9e. Je rejoignis un groupe d\u2019\u00e9tudiantes qui s\u2019\u00e9tait form\u00e9 un peu plus loin et parmi lesquelles j\u2019avais reconnu ma belle-s\u0153ur, Alayna. Elles \u00e9taient en pleine discussion&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-C\u2019est honteux&nbsp;! tout simplement honteux&nbsp;!<br>-Qu\u2019ils ferment le campus pour une bande d\u2019\u00e9tudiant tradi\u2019&nbsp;? interrompit une autre jeune fille que je ne connaissais pas.&nbsp;<br>-Non&nbsp;! qu\u2019ils envoient l\u2019arm\u00e9e pour un groupe d\u2019\u00e9tudiants qui exprime son opinion&nbsp;! Le gouvernement veut faire comme en Am\u00e9rique&nbsp;? H\u00e9 bien qu\u2019il nous donne la m\u00eame possibilit\u00e9 de nous exprimer&nbsp;!<br>-Et tu crois que ce sera mieux si Khomeiny revient&nbsp;? s\u2019insurgea la seconde fille.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Comme je sentais les esprits s\u2019\u00e9chauffer, je pris Alayna par le bras et la tirai vers moi afin de rentrer chez nous. Sur le chemin elle engagea la discussion.<\/p>\n\n\n\n<p>-Et toi que dis-tu de tout \u00e7a&nbsp;?<br>-Je n\u2019ai pas d\u2019avis. Je suis trop mal inform\u00e9e r\u00e9pondis-je prudemment.<br>-Viens avec moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle m\u2019emmena dans un caf\u00e9 o\u00f9 se r\u00e9unissaient des \u00e9tudiants, fervents partisans du proph\u00e8te et de l\u2019ayatollah Khomeiny.<\/p>\n\n\n\n<p>Suite \u00e0 cet \u00e9v\u00e8nement, je d\u00e9cidai de garder un \u0153il sur ma belle-s\u0153ur et de jouer son jeu. Durant les semaines qui suivirent, je l\u2019accompagnai dans toutes sortes de gr\u00e8ves et de manifestations qui se multipliaient. Mes nuits \u00e9taient elles aussi de plus en plus agit\u00e9es aussi bien par les cauchemars que par les murmures des r\u00e9unions nocturnes que tenait de plus en plus r\u00e9guli\u00e8rement mon p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tensions grandissaient dans la capitale et j\u2019en \u00e9tais au c\u0153ur vibrant. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, Alayna continuait de m\u2019emmener aux r\u00e9unions des r\u00e9volutionnaires si bien que je connaissais leurs plans. De l\u2019autre j\u2019assistai en cachette \u00e0 ceux de la police secr\u00e8te. Bien s\u00fbr Alayna n\u2019\u00e9tait pas au courant de cette information, et je me gardai bien de lui dire de peur qu\u2019elle ne me demande de jouer les espionnes ou pire qu\u2019elle tente de les espionner elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; II<\/p>\n\n\n\n<p><em>Des femmes. Partout des femmes. Non des lionnes. Mais des lionnes dont les yeux se voilent, dont les griffes sont lim\u00e9es, dont les crocs sont \u00e9lim\u00e9s. Quel est ce spectacle qui se d\u00e9roule sous mes yeux&nbsp;? Elles d\u00e9filent toutes dans les rues. O\u00f9 suis-je&nbsp;? T\u00e9h\u00e9ran. Elles s\u2019avancent, portant des banni\u00e8res r\u00e9clamant le retour de l\u2019ayatollah Khomeiny. Puis tout se floute, tout se brouille et gr\u00e9sille, comme \u00e0 la fin d\u2019une bande d\u2019enregistrement et tout \u00e0 coup des images r\u00e9apparaissent. Des femmes. Des lionnes. Encore. Mais cette fois-ci leurs pancartes r\u00e9clament qu\u2019on rende aux femmes la libert\u00e9 de porter ou non le voile. Flous, Gr\u00e9sillements. Des femmes, des lionnes, elles se m\u00e9langent mais leur pelage est noir, noir de la t\u00eate au pied et leurs&nbsp;&nbsp; yeux sont tristes. Les rues de T\u00e9h\u00e9ran ont comme vieilli. Les lionnes pleurent l\u2019une d\u2019entre elles, enferm\u00e9e parce qu\u2019elle a os\u00e9 s\u2019opposer au m\u00e2le dominant. La lueur d\u2019espoir et de libert\u00e9 qui brillait dans leurs yeux est morte, assombrie par leur robe. La bulle depuis laquelle j\u2019observe ce spectacle m\u2019\u00e9touffe. Je ne peux plus respirer.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je me r\u00e9veillai avec une lucidit\u00e9 \u00e9trange. Un mauvais pressentiment me collait \u00e0 la peau, rempla\u00e7ant la sueur habituelle. Je devais aujourd\u2019hui assister \u00e0 une r\u00e9union exceptionnelle des partisans de Khomeiny o\u00f9 Alayna prendrait la parole en tant que repr\u00e9sentante \u00e9tudiante. Je ne pouvais m\u2019\u00f4ter de l\u2019id\u00e9e que mon r\u00eave \u00e9tait un mauvais pr\u00e9sage.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques heures plus tard, je me rendis donc au caf\u00e9 o\u00f9 Alayna m\u2019avait si souvent tra\u00een\u00e9e. Elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9e sur une sorte d\u2019estrade et ses yeux dor\u00e9s brillaient d\u2019un \u00e9clat sauvage. Elle ne parlait plus, elle rugissait, f\u00e9rocement convaincue par ses propos. Son tchador flottait autour d\u2019elle, r\u00e9v\u00e9lant la fougue des gestes qui rythmaient son discours. Devant elle un groupe de femmes brandissaient des pancartes. Tout \u00e0 coup le souvenir de mon r\u00eave me frappa. Les ressemblances \u00e9taient flagrantes. Alayna \u00e9tait une des lionnes de mon r\u00eave et les femmes avec elle, si vivantes et si convaincues, perdraient vite leurs libert\u00e9s si je les laissai continuer sur cette voie. Absorb\u00e9e par ma soudaine prise de conscience&nbsp; je n\u2019avais pas remarqu\u00e9 qu\u2019Alayna \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 la fin de son discours. Elle assurait que Khomeiny serait le garant de la morale musulmane et de la conservation du patrimoine iranien. Or, je savais d\u00e9sormais ce qui allait se passer. Le sens de mon r\u00eave devenait de plus en plus compr\u00e9hensible&nbsp;: la condition des femmes n\u2019irait pas en s\u2019arrangeant avec Khomeiny au pouvoir. Il fallait que j\u2019intervienne. Tout en moi me criait cette n\u00e9cessit\u00e9. J\u2019\u00e9tais n\u00e9e pour \u00e7a. Si je devais \u00eatre une proph\u00e8te alors ce serait mon message. Ma mission \u00e9tait d\u2019avertir ces femmes du sort qui les attendait. A mon tour je montai sur l\u2019estrade&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>-J\u2019ai fait un r\u00eave&nbsp;! Je vous voyais, tous ici rassembl\u00e9s et j\u2019avais peur. J\u2019avais peur et j\u2019\u00e9tais triste. On vous avait peu \u00e0 peu vol\u00e9 tous vos droits, toutes vos libert\u00e9s. Aujourd\u2019hui vous manifestez pour conserver les traditions mais demain, ces traditions appliqu\u00e9es trop rigoureusement vous tueront&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Dans la salle les gens commen\u00e7aient \u00e0 comprendre que je ne d\u00e9fendais peut-\u00eatre pas leur idole ni leur cause. Des hu\u00e9es naissaient et prenaient de l\u2019ampleur \u00e0 mesure que je parlais.<\/p>\n\n\n\n<p>-Croyez-moi, je l\u2019ai vu&nbsp;! Ils tueront l\u2019une d\u2019entre nous parce que son voile \u00e9tait mis de travers&nbsp;! Aujourd\u2019hui vous voulez conserver votre voile mais demain une s\u0153ur ira jusqu\u2019\u00e0 se mettre \u00e0 nue pour revendiquer la libert\u00e9 de ne pas le porter&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors que je tentais vainement de les convaincre, je sentais la fi\u00e8vre me gagner, la chaleur me monter aux joues et le souffle me manquer. La n\u00e9cessit\u00e9 qui me pressait de les convaincre rendait mes gestes maladroits et fr\u00e9n\u00e9tiques. En d\u00e9sespoir de cause, j\u2019\u00f4tai mon voile. Mes cheveux, \u00e9bouriff\u00e9s par l\u2019\u00e9toffe, s\u2019en \u00e9chapp\u00e8rent. D\u2019une main tremblante, alors que ma vue se troublait, comme prise d\u2019une \u00e9trange transe, je commen\u00e7ai \u00e0 retirer mon tchador. J\u2019avais la vague intention de me d\u00e9nuder afin de leur faire comprendre ce que j\u2019avais vu dans mon r\u00eave, ce que les femmes seraient pouss\u00e9es \u00e0 faire pour d\u00e9fendre leurs libert\u00e9s. Cependant, je sentis une main se poser sur la mienne, m\u2019arr\u00eater et me forcer \u00e0 descendre.<\/p>\n\n\n\n<p>-Es-tu devenue folle&nbsp;? m\u2019interrompit la voix d\u2019Alayna.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le brouillard qui m\u2019entourait, je discernais le m\u00e9contentement g\u00e9n\u00e9ral. Je compris que mon message n\u2019\u00e9tait pas pass\u00e9. Que les gens ne m\u2019avaient pas cru. Comment l\u2019auraient-ils pu&nbsp;? Je me comportais comme une folle&nbsp;! Quelle pi\u00e8tre proph\u00e8te&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">\u00c9pilogue<\/p>\n\n\n\n<p><em>Le 8 septembre 1978 marque un tournant dans la r\u00e9volution iranienne avec le massacre de la place Jaleh, au c\u0153ur de T\u00e9h\u00e9ran, o\u00f9 de tr\u00e8s nombreux manifestants pacifiques sont abattus par l\u2019arm\u00e9e. Cet \u00e9v\u00e9nement scelle la perte de l\u00e9gitimit\u00e9 du shah. Le pays entre en gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>En janvier 1979, alors que le shah fuit en Am\u00e9rique,&nbsp; Khomeiny regagne T\u00e9h\u00e9ran. Un mois plus tard le R\u00e9publique Islamique d\u2019Iran est proclam\u00e9e et les femmes perdent peu \u00e0 peu leurs libert\u00e9s \u00e0 mesure que le r\u00e9gime se radicalise.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>En novembre 2025, une jeune femme se d\u00e9nude devant son universit\u00e9 \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran pour s\u2019opposer au port du voile obligatoire. Elle sera intern\u00e9e en h\u00f4pital psychiatrique.<\/em><br><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"963\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-963x1024.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-4321\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-963x1024.png 963w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-282x300.png 282w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-768x817.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-1444x1536.png 1444w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-1925x2048.png 1925w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1-254x270.png 254w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Chute-des-lionnes-de-Teheran-1.png 2008w\" sizes=\"auto, (max-width: 963px) 100vw, 963px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Prix Coup de c\u0153ur de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau Lyc\u00e9e (Jury de lyc\u00e9ens) est d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Joseph Martin,Jayson Laroche et Justine \u2028Charrondiere pour \u00abLa Chute des lionnes de T\u00e9h\u00e9ran&nbsp;\u00bb Professeur r\u00e9f\u00e9rent : Anne BoichonEnsemble scolaire F\u00e9nelon, Clermont-Ferrand La Chute des lionnes de T\u00e9h\u00e9ran &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; I Il fait chaud. J\u2019ai les paupi\u00e8res lourdes, la gorge nou\u00e9e, et je sens des gouttes de sueur froide glisser le long de mon dos. 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