{"id":4099,"date":"2025-11-03T17:19:35","date_gmt":"2025-11-03T16:19:35","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=4099"},"modified":"2026-01-24T18:20:14","modified_gmt":"2026-01-24T17:20:14","slug":"letranger-de-camus-a-francois-ozon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2025\/11\/03\/letranger-de-camus-a-francois-ozon\/","title":{"rendered":"L\u2019\u00c9tranger, de Camus \u00e0 Fran\u00e7ois Ozon"},"content":{"rendered":"\n<p>Ca fait six mois qu&rsquo;on attendait ce film en se rongeant les sangs : Voisin n&rsquo;est-il pas trop jeune et trop \u00ab\u00a0minet\u00a0\u00bb et comment ? Ozon ose se confronter \u00e0 la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et \u00e0 Luchino Visconti qui, pourtant, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de Mastroianni, avait quand m\u00eame rat\u00e9 son \u00ab\u00a0Etranger\u00a0\u00bb. Eh bien, on ressort rassur\u00e9 : le film est noir \u00e0 souhait, l&rsquo;image est tr\u00e8s belle, on se croirait \u00e0 Alger dans les ann\u00e9es 1938 et pourtant il para\u00eet que c&rsquo;est film\u00e9 \u00e0 Tanger. <br><br>Ozon, on n&rsquo;en doute plus maintenant, est arriv\u00e9 \u00e0 son acm\u00e9 et il donne \u00e0 son film une dimension m\u00e9taphysique et ontologique sur cet homme \u00e9tranger \u00e0 la vie sociale et qui passe \u00e0 travers les sentiments que chacun \u00e9prouve ainsi que les conventions sociales. <br><br>On ressent bien &#8211; entre Dosto\u00efevski et Bresson pour la cam\u00e9ra &#8211; souffler le doute sur nos petites vies mesquines et cette mort qui nous traque partout, cette existence souffreteuse sur laquelle se sont pench\u00e9s ensuite les existentialistes &#8211; juste apr\u00e8s la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale &#8211; an\u00e9antie par la Shoah et les millions de morts et desquels s&rsquo;\u00e9tait quand m\u00eame un peu d\u00e9tach\u00e9 Albert Camus lors de son diff\u00e9rend, notamment avec Sartre, sur le probl\u00e8me de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<p>Le film est fort, les acteurs sont superbement dirig\u00e9s, tous, \u00e0 commencer par Benjamin Voisin qui, par moments, arrive \u00e0 ressembler \u00e0 G\u00e9rard Philipe, mais aussi la lumineuse Rebecca Marder, Pierre Lottin g\u00e9nial en prox\u00e9n\u00e8te gueulard, Denis Lavant dans un r\u00f4le ingrat de petit homme au chien, tous des personnages camusiens, mais aussi Swann Arlaud qui appara\u00eet seulement \u00e0 la fin dans un accablant noir et blanc et dans un r\u00f4le de pr\u00eatre que n&rsquo;auraient reni\u00e9 ni Pialat, ni Bernanos. De plus, ce qu&rsquo;on craignait n&rsquo;est pas vraiment arriv\u00e9 : le film ne sacrifie pas trop \u00e0 la bien-pensance actuelle et c&rsquo;est tant mieux. Bravo monsieur Ozon et toute son \u00e9quipe !!<br><br><strong>Jean-Max M\u00e9jean<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous vous recommandons le dossier propos\u00e9 par Alexandre Boza professeur agr\u00e9g\u00e9 d\u2019Histoire-G\u00e9ographie, Esther Rozenblum professeure agr\u00e9g\u00e9e de Lettres Modernes et Maxime Sassier professeur de Philosophie :<br><a href=\"https:\/\/www.cinema-comoedia.com\/film_docs\/631149\/L_ETRANGER_DOSSIER_PEDAGOGIQUE_DEF.pdf\">https:\/\/www.cinema-comoedia.com\/film_docs\/631149\/L_ETRANGER_DOSSIER_PEDAGOGIQUE_DEF.pdf<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ca fait six mois qu&rsquo;on attendait ce film en se rongeant les sangs : Voisin n&rsquo;est-il pas trop jeune et trop \u00ab\u00a0minet\u00a0\u00bb et comment ? Ozon ose se confronter \u00e0 la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et \u00e0 Luchino Visconti qui, pourtant, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de Mastroianni, avait quand m\u00eame rat\u00e9 son \u00ab\u00a0Etranger\u00a0\u00bb. 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