{"id":3661,"date":"2025-06-10T22:06:49","date_gmt":"2025-06-10T20:06:49","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=3661"},"modified":"2025-12-22T21:56:07","modified_gmt":"2025-12-22T20:56:07","slug":"icare-2025-resultats-du-prix-de-lafpeah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2025\/06\/10\/icare-2025-resultats-du-prix-de-lafpeah\/","title":{"rendered":"Icare 2025 &#8211; R\u00e9sultats du Prix de l\u2019AFPEAH"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"309\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3738\" style=\"width:347px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3.png 806w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3-300x115.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3-768x294.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3-604x232.png 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br><br><em><strong>\u00ab&nbsp;Oiseaux, lances lev\u00e9es \u00e0 toutes fronti\u00e8res de l\u2019homme&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/strong><\/em> <br><strong>Saint-John Perse, <em>Oiseaux <\/em>(1962)<\/strong><br><br>______________<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center\"><br>Nous avons le grand plaisir de f\u00e9liciter les brillants laur\u00e9ats de la 7e \u00e9dition du Prix de l\u2019AFPEAH :<br><br>Le Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau Lyc\u00e9e (Jury adultes) est d\u00e9cern\u00e9 <br>\u00e0 Martin Descl\u00e8ves pour \u201cIllusions envol\u00e9es\u201d<br><br>Le Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau Coll\u00e8ge (Jury adultes) est d\u00e9cern\u00e9 <br>\u00e0 \u00c9l\u00e9anor St\u00e9phan pour \u201cI-Car.e\u201d<br><br><br>Le Prix Coup de c\u0153ur de l\u2019AFPEAH -Niveau Lyc\u00e9e (Jury de lyc\u00e9ens) est d\u00e9cern\u00e9 <br>\u00e0 Basile Saillard pour \u00abTrag\u00e9die&nbsp;\u00bb<br><br>Le Prix Coup de c\u0153ur de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau coll\u00e8ge (Jury de coll\u00e9giens) est d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 <br>\u00e0 \u00c9l\u00e9anor St\u00e9phan pour \u201cI-Car.e\u201d<br><br>\u00c0 titre exceptionnel, un Prix sp\u00e9cial &#8211; Niveau Lyc\u00e9e est d\u00e9cern\u00e9 <br>par les Responsables du Prix de l\u2019AFPEAH <br>\u00e0 L\u00e9onard Dambre pour \u201cLe M\u00e9tal froid, les pierres grises et les eaux noires\u201d<br><br><br><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br>Depuis sa premi\u00e8re \u00e9dition en 2019, le Prix litt\u00e9raire de l\u2019AFPEAH encourage de jeunes plumes \u00e0 relire les grands mythes et \u00e0 \u00e9crire une nouvelle autour d\u2019une figure mythologique impos\u00e9e. Cette ann\u00e9e, elles \u00e9taient encore nombreuses, en groupe, en classe enti\u00e8re ou individuellement, \u00e0 redonner lustre et vitalit\u00e9 au mythe d\u2019Icare que nous ont l\u00e9gu\u00e9 Pausanias, Ovide, Virgile et Apollodore. Une fois encore plusieurs pays ont \u00e9t\u00e9 concern\u00e9s par le Prix de l\u2019association : l\u2019Angleterre, l\u2019Autriche, la Belgique, l\u2019Espagne, la France, les Pays-Bas et la Suisse. Si nous f\u00e9licitons bien s\u00fbr tous les candidats qui ont particip\u00e9, nous remercions \u00e9galement les professeurs qui les ont accompagn\u00e9s dans cette aventure. Tous les textes n\u2019ont pu \u00eatre r\u00e9compens\u00e9s, malheureusement. Il nous faut choisir et laisser sur le c\u00f4t\u00e9 des r\u00e9cits qui auraient m\u00e9rit\u00e9, eux aussi, une distinction. La synth\u00e8se que nous avons r\u00e9dig\u00e9e vous donnera toutefois un aper\u00e7u de la cr\u00e9ativit\u00e9 des \u00e9l\u00e8ves ayant particip\u00e9 \u00e0 la 7e \u00e9dition de notre Prix litt\u00e9raire.<br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"943\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-08-a-23.20.19-1024x943.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3726\" style=\"width:366px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-08-a-23.20.19-1024x943.png 1024w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-08-a-23.20.19-300x276.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-08-a-23.20.19-768x707.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-08-a-23.20.19-293x270.png 293w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-08-a-23.20.19.png 1496w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>***<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><strong>Le Mythe <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><br>Que savons-nous d\u2019Icare ? Peu de choses dans la mesure o\u00f9 il est \u00e9clips\u00e9 par son p\u00e8re, D\u00e9dale, l\u2019artisan, l\u2019architecte, l\u2019inventeur, qui jaloux de l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de son neveu, n\u2019avait pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 le pr\u00e9cipiter du haut de l\u2019Acropole.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">La suite du mythe est bien connue : enferm\u00e9 dans le labyrinthe, Icare rev\u00eat les ailes fabriqu\u00e9es par son p\u00e8re avec du lin, de la cire et des plumes. \u00c9chappant \u00e0 l\u2019emprise de la monstrueuse architecture, il ne tient pas compte de la mise en garde de D\u00e9dale : \u00ab Icare, je te conseille de voler sur une ligne m\u00e9diane, car, si tu vas trop bas, l\u2019eau risquerait d\u2019alourdir tes plumes, et trop haut, le feu du soleil pourrait les br\u00fbler. Vole entre les deux. Ne regarde ni le Bouvier, ni H\u00e9lic\u00e9, ni l\u2019\u00e9p\u00e9e brandie d\u2019Orion, c\u2019est mon ordre ; suis ta route, en me prenant pour guide ! \u00bb (<em>M\u00e9tamorphoses<\/em>, Ovide). Imprudent, Icare s\u2019affranchit des recommandations paternelles, il s\u2019\u00e9loigne de son p\u00e8re et vole vers le soleil, de plus en plus haut. La cire fond et l\u2019enfant s\u2019ab\u00eeme dans la mer. Icare est donc d\u2019abord un fils qui ne suit, ni n\u2019\u00e9coute son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Malgr\u00e9 cette insubordination, le mythe d\u2019Icare \u00e9voque le lien fort qui unit l\u2019architecte \u00e0 son fils. Le souvenir d\u2019Icare demeure cher \u00e0 son p\u00e8re. Ovide raconte que D\u00e9dale ram\u00e8ne le corps de son fils et \u00e9difie un tombeau sur l\u2019\u00eele qui prendra le nom du d\u00e9funt. Quant \u00e0 Virgile, il raconte dans <em>l\u2019En\u00e9ide,<\/em> qu\u2019une fois arriv\u00e9 \u00e0 Cumes, D\u00e9dale submerg\u00e9 par la douleur ne parvient pas \u00e0 rendre compte de la mort d\u2019Icare : \u00ab\u00a0Deux fois il s&rsquo;effor\u00e7a, ta chute, de la graver dans l&rsquo;or, deux fois du p\u00e8re d\u00e9faillirent les mains\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre le soleil et la mer se d\u00e9ploie donc la br\u00e8ve existence d\u2019Icare. La mer ne constitue pas un motif secondaire dans le mythe. Icare, on le sait, donne son nom \u00e0 une partie de la mer M\u00e9diterran\u00e9e (Diodore de Sicile). De sa m\u00e8re, Naucrat\u00e8s, une esclave de Minos, ne subsiste qu\u2019un nom qui \u00e9voque l\u2019id\u00e9e d\u2019une domination sur la mer. Or si Icare s\u2019ab\u00eeme dans la mer dans la plupart des versions du mythe, il s\u2019enfuit par la mer dans d\u2019autres d\u00e9clinaisons de son histoire (chez Pausanias, par exemple). Fran\u00e7oise Frontisi-Ducroux et Jacques Lacarri\u00e8re ont \u00e9galement mis en \u00e9vidence le lien qui existe entre la mer et le ciel en soulignant que \u00ab le lexique grec ancien relatif au ciel et \u00e0 l\u2019envol est identique \u00e0 celui de la navigation. [\u2026] Le terme latin <em>remigium<\/em> \u2013 qui a donn\u00e9 le fran\u00e7ais r\u00e9mige \u2013 signifie \u00e0 la fois rame et plume d\u2019oiseau \u00bb (J. Lacarri\u00e8re, <em>L\u2019Envol d\u2019Icare<\/em>). La mort par noyade scelle dans chacune des versions le destin tragique d\u2019Icare et lui conf\u00e8re une partie de sa texture imaginaire. On ne peut imaginer Icare sans le soleil et la mer :<br><em>\u00ab\u00a0vidi<\/em><br><em>ignuda l&rsquo;ombra d&rsquo;Icaro apparire.<\/em><br><em>Quasi il color marino aveano assunto<\/em><br><em>le sue membra, ma gli occhi eran solari\u00a0\u00bb <br><\/em>(J&rsquo;ai vu l&rsquo;ombre nue d&rsquo;Icare appara\u00eetre.<br>Ses membres avaient presque la couleur de la mer,<br>mais ses yeux \u00e9taient solaires)<sup data-fn=\"0f8d5ec5-d117-4df3-9661-b5e0e4c2b805\" class=\"fn\"><a href=\"#0f8d5ec5-d117-4df3-9661-b5e0e4c2b805\" id=\"0f8d5ec5-d117-4df3-9661-b5e0e4c2b805-link\">1<\/a><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Renvoyant \u00e0 la lumi\u00e8re si particuli\u00e8re de la Gr\u00e8ce, le mythe poss\u00e8de \u00e9galement une forte dimension axiologique. Alors que D\u00e9dale n\u2019a cess\u00e9 de rivaliser avec les dieux et donc de contrefaire la cr\u00e9ation en inventant des statues anim\u00e9es, une fausse vache, ou de faux oiseaux, Icare incarne une autre manifestation de l\u2019hybris. Son vol vers le soleil a tr\u00e8s vite \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9 \u00e0 cet orgueil insens\u00e9 qui fait que certains \u00eatres \u00e9chappent \u00e0 la mesure des hommes. Le mythe repose sur des lignes de force qui b\u00e2tissent son architecture symbolique et morale : de fait, Ovide met en \u00e9vidence le contraste qui oppose Ariane \u00e0 Icare. L&rsquo;une, secourue par un dieu, aid\u00e9e et aim\u00e9e de Dionysos, acc\u00e8de aux cieux et se mue en constellation, l&rsquo;autre, enclin aux transgressions et fils d&rsquo;un p\u00e8re aux pr\u00e9tentions d\u00e9miurgiques, s&rsquo;ab\u00eeme dans les flots. Le r\u00e9cit se nourrit de verticalit\u00e9s implacables. D\u00e9mesure et transgression, hybris et d\u00e9miurgie sont syst\u00e9matiquement r\u00e9prouv\u00e9es dans la pens\u00e9e antique.<\/p>\n\n\n\n<p>La symbolique du mythe va toutefois s\u2019infl\u00e9chir dans la culture europ\u00e9enne. En valorisant le fils, la chute devient \u00ab\u00a0motif d\u2019exaltation. L\u00e0 o\u00f9 l\u2019Antiquit\u00e9 et le Moyen \u00c2ge pronon\u00e7aient une irr\u00e9vocable condamnation, les Temps modernes renversent toute n\u00e9gativit\u00e9 en \u00e9lan et en gloire, voulant \u00e0 toute force que le fils vole de ses propres ailes. Icare devient le pr\u00eate-nom, l\u2019homme de plume(s) d\u2019un r\u00eave d\u2019absolu qui ne porte plus le nom d\u2019hubris.\u00a0\u00bb (Mich\u00e8le Dancourt, <em>D\u00e9dale et Icare<\/em>). Comme le souligne Marc Eigeldinger, dans <em>Lumi\u00e8res du mythe<\/em>, \u00ab les po\u00e8tes de la Renaissance et de l\u2019\u00e2ge baroque affranchissent le mythe des cat\u00e9gories de la morale pour c\u00e9l\u00e9brer l\u2019aventure du vol d\u2019Icare, en tant qu\u2019image de l\u2019\u00e9ros ou de l\u2019\u00e9criture \u00bb, tandis que \u00ab pour les po\u00e8tes du XIXe et du XXe si\u00e8cle, Icare repr\u00e9sente tour \u00e0 tour le tourment de l\u2019impossible et la passion de l\u2019absolu, la nostalgie du vol repr\u00e9sentant le progr\u00e8s, les avatars de l\u2019aviation, la condition du po\u00e8te hant\u00e9 par le d\u00e9sir du Beau ou la projection de l\u2019imaginaire au-del\u00e0 des obstacles du r\u00e9el \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Fils t\u00e9m\u00e9raire et incons\u00e9quent, figure en proie aux s\u00e9ductions de la lumi\u00e8re, coupable d\u2019orgueil ou \u00e9pris d\u2019absolu, Icare est aussi l\u2019innocent qui devait rester enferm\u00e9 dans le pi\u00e8ge imagin\u00e9 pour le Minotaure.&nbsp;<br><em>\u00ab Ainsi dans le labyrinthe, quand il eut longtemps couru, quand il eut travers\u00e9 ces milliers de salles, de couloirs, quand il se fut tellement perdu dans tous ces tours et d\u00e9tours, dans tous ces coins et recoins, dans toutes ces sinuosit\u00e9s sans nombre, d\u2019impasse en impasse, de faux-fuyant en faux-fuyant, et toujours les m\u00eames portes, toujours les m\u00eames murs, il y eut un moment sans doute o\u00f9 Icare, \u00e9puis\u00e9, \u00e0 bout de forces et de courage, hors de souffle et d\u2019esp\u00e9rance, comprit qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019issue, nulle part, que sa course \u00e9tait vaine et folle, tous ses efforts inutiles, et tout espoir illusoire. Alors il s\u2019arr\u00eata. Et je devine le bruit de son souffle, et ce silence en lui comme une mort. Ou peut-\u00eatre il n\u2019eut pas besoin de courir, connaissant d\u2019avance le g\u00e9nie sans faille de son p\u00e8re&#8230; Qu\u2019importe. Je l\u2019imagine assis par terre, le dos contre un mur, la t\u00eate sur les genoux&#8230; Et soudain la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 \u00e9trange qui le saisit. L\u2019angoisse qui s\u2019annule \u00e0 l\u2019extr\u00eame d\u2019elle-m\u00eame. Le d\u00e9sespoir. \u00bb (Andr\u00e9 Comte-Sponville , Le Mythe d&rsquo;Icare. Trait\u00e9 du d\u00e9sespoir et de la b\u00e9atitude \u2013 1)&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pas de soleil, donc, pas d\u2019ascension, ni de chute sans claustration, sans exp\u00e9rience de l\u2019effroi labyrinthique. Le motif du labyrinthe dramatise la br\u00e8ve destin\u00e9e d\u2019Icare, c\u2019est certain, mais il r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement la port\u00e9e initiatique du mythe : il symbolise l\u2019enfouissement n\u00e9cessaire, la germination, avant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la lumi\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\">I-<strong>Prix de l\u2019AFPEAH (Jury adultes)<\/strong><br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"309\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3738\" style=\"width:507px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3.png 806w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3-300x115.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3-768x294.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-3-604x232.png 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><br><strong>P\u00e8re et fils <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019imaginaire collectif, <strong>Icare est d\u00e9peint dans l\u2019ombre de son p\u00e8re<\/strong>, dans le giron paternel, quasi ins\u00e9parable de D\u00e9dale, \u00e0 l\u2019instar des couples c\u00e9l\u00e8bres de la mythologie. De fait, une r\u00e9\u00e9criture du mythe d\u2019Icare courait le risque de privil\u00e9gier D\u00e9dale, la figure tut\u00e9laire et cr\u00e9atrice. Si notre s\u00e9lection a pris en compte cet \u00e9cueil en retenant les nouvelles qui donnent du relief au fils, il est ind\u00e9niable que la relation filiale mod\u00e8le profond\u00e9ment le mythe et le destin d\u2019Icare.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Puer Icarus una stabat et, ignarus sua se tractare pericla [\u2026]<\/em><em>&nbsp;\u00bb<\/em><strong><em> <\/em><\/strong>\u00e9crit Ovide au livre VIII des <em>M\u00e9tamorphoses. <\/em>Comme dans le r\u00e9cit ovidien o\u00f9 Icare batifole avec les plumes et la cire, plusieurs nouvelles mettent en lumi\u00e8re la frivolit\u00e9 d\u2019Icare, encore <em>infans<\/em>, \u00e9tymologiquement \u00ab celui qui ne parle pas&nbsp;\u00bb mais qui observe en silence ce qui l\u2019entoure. Ainsi Yikaluosi, dans la nouvelle \u00e9ponyme, \u00ab&nbsp;t\u00f4t \u00e9coutait mais que tard ne parla. [\u2026] entre p\u00e8re et fils, seulement les mots n\u00e9cessaires \u00e9taient \u00e9chang\u00e9s. On l\u2019aurait dit muet lorsqu\u2019il sortit dans les rues.&nbsp;\u00bb Quand son p\u00e8re biblioth\u00e9caire l\u2019encourage \u00e0 apprendre \u00e0 lire, le jeune gar\u00e7on de dix ans gambade entre les rayonnages et r\u00e9pugne \u00e0 \u00e9couter les histoires sanguinaires que lui narre son p\u00e8re. Dans les premi\u00e8res lignes de \u00ab&nbsp;Prise de bec&nbsp;\u00bb, Jonathan Pigeon est d\u00e9peint comme un \u00ab&nbsp;oisillon&nbsp;\u00bb, certes moins fol\u00e2tre et taquin que ses fr\u00e8res et s\u0153urs \u00ab&nbsp;aussi na\u00effs et tapageurs que peuvent l\u2019\u00eatre les plus vifs pigeonneaux&nbsp;\u00bb. Dans \u00ab&nbsp;Le labyrinthe des d\u00e9fis&nbsp;\u00bb, Icare est pr\u00e9sent\u00e9 comme un \u00ab&nbsp;jeune intr\u00e9pide&nbsp;\u00bb avide de gagner un jeu t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 tandis que son p\u00e8re ne cesse de l\u2019admonester.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pu\u00e9rilit\u00e9 n\u2019est cependant pas d\u00e9nu\u00e9e d\u2019int\u00e9r\u00eat et de curiosit\u00e9 pour les inventions de D\u00e9dale. Icare a grandi parmi les cr\u00e9ations de son p\u00e8re : de l\u2019id\u00e9e de la pelote de laine \u00e0 la conception de la g\u00e9nisse en bois. Dans \u00ab&nbsp;R\u00eave fatal&nbsp;\u00bb, Icare, jeune survivant d\u2019une guerre nucl\u00e9aire, est fascin\u00e9 par le ciel de l\u2019ancien monde et les exosquelettes que lui d\u00e9voile son p\u00e8re, fier de sa cr\u00e9ation. Dans \u00ab&nbsp;Le r\u00eave envol\u00e9&nbsp;\u00bb, E-Kar a h\u00e9rit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de D-Dall et dessine des prototypes d\u2019ailes pour devenir \u00e0 son tour \u00ab le ma\u00eetre de son propre vol \u00bb. La promiscuit\u00e9 induite par la claustration labyrinthique est certainement propice \u00e0 la transmission du savoir. P\u00e8re et fils s\u2019accordent, s\u2019unissent le temps de la fabrication des ailes et des injonctions paternelles \u00e0 la prudence. Si, comme l\u2019\u00e9crit Ovide dans le livre II de <em>L\u2019art d\u2019aimer, <\/em>\u00ab&nbsp;souvent le malheur \u00e9veille l\u2019industrie<sup> <\/sup>\u00bb, cette transmission d\u2019un savoir au c\u0153ur m\u00eame de l\u2019adversit\u00e9 est aussi d\u00e9sir et r\u00eave de vol. Icare a entendu&nbsp; la parole lib\u00e9ratrice de son p\u00e8re&nbsp;: &nbsp;\u00ab&nbsp;F\u00fbt-il ma\u00eetre de tout, Minos n\u2019est pas ma\u00eetre de l\u2019air. Il dit, et il tourne son esprit vers l\u2019\u00e9tude d\u2019un art nouveau, ouvrant de nouvelles voies \u00e0 la nature&nbsp;\u00bb. Dans <em>L\u2019air et les songes,<\/em> Gaston Bachelard voit dans la contemplation de l\u2019air la lib\u00e9ration de l\u2019\u00e9nergie cr\u00e9atrice. D\u00e9dale comme Icare en \u00e9prouvent les bienfaits&nbsp;; l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 et l\u2019ing\u00e9nuit\u00e9, au-del\u00e0 de leur parent\u00e9 \u00e9tymologique, partagent le m\u00eame \u00e9lan ascensionnel et forment le diptyque du p\u00e8re et du fils. L\u2019<em>homo<\/em> <em>ludens <\/em>rejoint l\u2019<em>homo faber. <\/em><em><br><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les relations entre le p\u00e8re et le fils ne sont toutefois pas homog\u00e8nes dans ces r\u00e9\u00e9critures. Icare doit parfois s\u2019affranchir de l\u2019autorit\u00e9 charismatique du p\u00e8re pour exister \u00e0 son tour. \u201cFils autonome, fils discret; fils image ou fils miroir\u201d tel est Yikaluosi, qui \u201cmarchait dans l\u2019ombre de son p\u00e8re sans jamais en partager l\u2019ambition.\u201d Comment se d\u00e9finir par rapport \u00e0 un p\u00e8re brillant ? S\u2019\u00e9manciper, s\u2019effacer, ou s\u2019efforcer de lui ressembler ? En fait, comme dans le mythe, le fils peine souvent \u00e0 exister, \u00e0 se d\u00e9finir et donc \u00e0 s\u2019affirmer : \u00ab Depuis tout petit, je n\u2019\u00e9tais que le fils de D\u00e9dale. Enfant, je me rendais invisible aux yeux de tous [&#8230;] Je m\u2019appelais Icare et je savais que je ne serais jamais aussi illustre que mon p\u00e8re \u00bb (\u00ab Le Fils de D\u00e9dale \u00bb). Il demeure en retrait dans \u00ab Sola sub nocte \u00bb, \u00ab seul, dans [s]on affreux attirail de corbeau \u00bb, il s\u2019isole \u00ab afin de s\u2019\u00e9loigner de la gloire de [s]on p\u00e8re \u00bb, un D\u00e9dale, triomphant, par\u00e9 d\u2019un masque de faucon. Dans \u00ab Vaincre l\u2019impossible \u00bb, lorsque son avion le conduit vers le soleil et vers une gloire hypoth\u00e9tique, c\u2019est \u00e0 son p\u00e8re qu\u2019il pense. Rivalit\u00e9 et admiration : \u00ab Mon p\u00e8re, grand savant, me v\u00e9n\u00e9rera ! [\u2026] Je veux toucher le soleil ! \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Sortir de l\u2019ombre, acc\u00e9der \u00e0 sa propre lumi\u00e8re<\/strong>, gagner le soleil. Survivre ou p\u00e9rir. Il s\u2019agit pour le fils d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la force d\u2019attraction que constitue D\u00e9dale, de sortir de son centre de gravit\u00e9, d\u2019\u00e9chapper aux s\u00e9ductions et circonvolutions de son esprit lumineux. Ce n\u2019est pas facile, dans \u00ab Psych\u00e9e \u00bb, Icare meurt, emprisonn\u00e9 dans l\u2019esprit labyrinthique de l\u2019architecte : \u00ab il aper\u00e7ut au d\u00e9tour d\u2019une all\u00e9e une id\u00e9e de son p\u00e8re, qui brillait d\u2019un \u00e9clat incomparable. Icare arr\u00eata net sa marche et s\u2019ab\u00eema dans la contemplation de cette image \u00e9tincelante. \u00bb Les tensions s\u2019exacerbent dans certains r\u00e9cits. L\u2019antagonisme engendre des souffrances, le fils est ridiculis\u00e9, r\u00e9ifi\u00e9 par son p\u00e8re qui le convertit en cobaye dans \u00ab L\u2019Invention d\u2019une vie \u00bb : il court \u00ab sous une pluie battante \u00bb pour \u00e9viter qu\u2019un \u00ab r\u00e9acteur ne surchauffe \u00bb, il est jet\u00e9 \u00ab du haut d\u2019une falaise \u00bb lorsqu\u2019il s\u2019agit de \u00ab tester une nouvelle approche de d\u00e9marrage \u00bb. Ce qui pourrait faire sourire est tragique, le fils, devenu \u00ab b\u00eate de foire \u00bb, choisit de mourir pour \u00e9chapper \u00e0 son bourreau.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, quand le p\u00e8re prend la stature d\u2019un monstre pervers et violeur dans \u00ab Un oiseau sans elle \u00bb, Icare n\u2019a d\u2019autre choix que la recherche d\u2019une autre voie, loin de l\u2019opprobre et des humiliations.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-large-font-size\"><strong>Le Labyrinthe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant de regagner la terre gr\u00e2ce \u00e0 la s\u00e9pulture offerte par son p\u00e8re, Icare est donc retenu dans le palais cr\u00e9tois de Minos, <strong>prison terrestre, espace born\u00e9, horizontal et sinueux<\/strong>, \u00e0 l\u2019image de celui que contemple En\u00e9e sur la porte du temple d\u2019Apollon et du M\u00e9andre qui \u201cse joue dans les champs de Phrygie\u201d dans l\u2019oeuvre d\u2019Ovide. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment les \u201cm\u00e9andres d\u2019un cours d\u2019eau capricieux\u201d et une route qui \u201cserpentait [&#8230;] au creux d\u2019une vall\u00e9e encaiss\u00e9e\u201d qui limitent et assombrissent la perspective du narrateur cycliste d\u2019\u201cIllusions envol\u00e9es\u201d avant qu\u2019il ne prenne son \u00e9lan artistique. M\u00eame lorsque le labyrinthe semble s\u2019affranchir des lois de la pesanteur en s\u2019inscrivant dans l\u2019infini du cosmos, il conserve sa vocation premi\u00e8re : \u201cLes labyrinthes galactiques \u00e9taient des couches \u00e9paisses de n\u00e9buleuses qui emprisonnaient les navettes\u201d (\u201cLe Destin d\u2019E-Khar\u201d). C\u2019est \u00e9galement le cas,&nbsp; lorsqu\u2019il se mue en \u201car\u00e8ne volante\u201d, espace de claustration, dans lequel sont enferm\u00e9s D\u00e9dale et son fils dans \u201cIcare\u201d. Ce motif de la cl\u00f4ture donne un caract\u00e8re oppressant au cadre de plusieurs intrigues : les tranch\u00e9es de la Grande Guerre et ses boyaux dans \u201cCh\u00e8re Marie\u201d, une prison chinoise o\u00f9 les dissidents sont \u201chumili\u00e9s, insult\u00e9s, frapp\u00e9s et affam\u00e9s\u201d dans \u201cYikaluosi\u201d, un p\u00e9nitencier dans \u201cLe Merveilleux Vol d\u2019Icare\u201d, le camp de concentration de Chongjin dans \u201cRien de nouveau sous le soleil de Cor\u00e9e\u201d, \u201cun b\u00e2timent abandonn\u00e9, dans la zone des accros\u201d dans \u201cIcare 2025\u201d, les villes souterraines d\u2019un monde post-apocalyptique (\u201cR\u00eave fatal\u201d), une soci\u00e9t\u00e9 futuriste dans laquelle \u201cl\u2019Intelligence artificielle r\u00e8gne en ma\u00eetre\u201d (\u201cLe temps d\u2019un battement d\u2019ailes\u201d), une for\u00eat emplie de d\u00e9mons (\u00ab&nbsp;La For\u00eat des d\u00e9mons&nbsp;\u00bb), un coll\u00e8ge inhumain dans lequel officie une directrice cruelle et perverse (\u201cIcare et son fabuleux \u00e9lixir\u201d), un laboratoire secret dans lequel des savants s\u2019ing\u00e9nient \u00e0 d\u00e9cupler les capacit\u00e9s humaines (\u201cLa Chute de Wom\u201d). Le huis-clos est d\u00e9peint sous des couleurs moins tragiques dans \u201cLe labyrinthe des d\u00e9fis\u201d o\u00f9 il repr\u00e9sente un plateau de jeu t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 surplomb\u00e9 par un \u201cd\u00f4me de verre\u201d, \u201cm\u00e9lange de pi\u00e8ges et d&rsquo;art\u00e9facts \u00e9tranges\u201d o\u00f9 r\u00f4de un Minotaure de m\u00e9tal, l\u2019adversaire du candidat Icare. Dans \u201cLe Jour o\u00f9 Icare est tomb\u00e9\u201d, est \u00e9voqu\u00e9 un monde sans Transcendance, un univers sombre, sans espoir. Icare est un employ\u00e9 d\u2019abattoir, il se fraie un chemin dans un labyrinthe \u00e9touffant dont l\u2019\u00e9vocation brutale poss\u00e8de une force incontestable : \u201cUn long couloir \u00e9clair\u00e9 au n\u00e9on. Il d\u00e9passe une porte, une seconde, puis bifurque \u00e0 droite. De la salle d\u2019\u00e9tourdissement proviennent des cris sourds, des pi\u00e9tinements. Encore un couloir, une bifurcation, et il parvient \u00e0 la salle d\u2019\u00e9visc\u00e9ration. [&#8230;] Icare se fraie un chemin entre les corps fr\u00e9missants et gravit l\u2019escalier; parvenu sur la passerelle il est saisi de vertige et s\u2019appuie au mur. L\u2019odeur rance des b\u00eates affol\u00e9es lui donne le vertige.\u201d&nbsp; <br><br>Le labyrinthe est, de plus, souvent pr\u00e9sent\u00e9 comme <strong>l\u2019instrument d\u2019une domination politique<\/strong>, l\u2019ombre de Minos enserre alors les \u00eatres dans les filets d\u2019une emprise totalitaire : \u201cLe sch\u00e9ma de son labyrinthe \u00e9tait tomb\u00e9 dans les mains d\u2019un criminel qui avait d\u00e9cid\u00e9 de mettre en \u0153uvre son projet pour le transformer en une dictature et y enfermer une civilisation tout enti\u00e8re\u201d (\u201cL\u2019Enfant m\u00e9connu\u201d). La m\u00e9taphore du labyrinthe est \u00e9galement sollicit\u00e9e lorsque les \u00e9l\u00e8ves veulent mettre en \u00e9vidence le r\u00f4le jou\u00e9 par l\u2019argent dans les soci\u00e9t\u00e9s contemporaines :&nbsp; \u201cIl \u00e9tait au c\u0153ur d\u2019un pi\u00e8ge, dans un m\u00e9andre sans fin d\u00e9pourvu de chemin clair dont seuls les plus grands directeurs financiers du pays pouvaient trouver la sortie\u201d (\u201cLe Poids des r\u00eaves\u201d).<br>Par un habile jeu m\u00e9tonymique, le labyrinthe repr\u00e9sente \u00e9galement <strong>les m\u00e9andres d\u2019une conscience tourment\u00e9e,<\/strong> celle d\u2019Ira, une adolescente anorexique dans \u201cL&rsquo;esprit est d\u00e9dale\u201d, celle de Skye, une jeune fille bris\u00e9e depuis la mort de sa m\u00e8re (\u201cLes Ailes du courage\u201d), celle d\u2019un adolescent harcel\u00e9 et d\u00e9pressif qui se replie dans sa chambre et ses id\u00e9es noires (\u201cFaire croire et laisser para\u00eetre\u201d). Minos condamne Icare et son p\u00e8re \u00e0 \u00eatre \u201cclo\u00eetr\u00e9s dans des d\u00e9dales de pens\u00e9es interminables\u201d dans la tr\u00e8s int\u00e9ressante nouvelle \u201cPsych\u00e9e\u201d. Icare est le jouet d\u2019hallucinations, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse que d\u2019un r\u00eave dans \u201cEt ils m\u2019ont inspir\u00e9 de leurs ailes\u201d ; son esprit labyrinthique se met \u00e0 \u00e9grener les \u00e9l\u00e9ments qui l\u2019entourent : \u201cLe couloir se s\u00e9pare \/ En deux \/ Escalier, lumi\u00e8re, soleil, chaleur \/ Tunnel, obscurit\u00e9, ombre, fra\u00eecheur [&#8230;] Le mur, je glisse\u201d. Le calligramme mime alors les sinuosit\u00e9s du labyrinthe, il \u00e9voque la dualit\u00e9 du repaire du Minotaure, la cl\u00f4ture t\u00e9n\u00e9breuse et l\u2019ouverture lumineuse.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-large-font-size\"><strong>L\u2019envol<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fortement li\u00e9 \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, \u00e0 sa lumi\u00e8re et \u00e0 ses grands espaces, le labyrinthe est en effet un <strong>symbole solaire<\/strong> en raison de la double hache, embl\u00e8me de la royaut\u00e9 et de la foudre dans le palais cr\u00e9tois de Cnossos. La formule de D\u00e9dale <em>\u00ab Terras licet \u00bb inquit \u00ab et undas \/ obstruat, at caelum certe patet. Ibimus illac ; \/ omnia possideat, non possidet aera Minos \u00bb<\/em><sup data-fn=\"3e3f9b33-2809-4078-8f8e-c7db19be89b6\" class=\"fn\"><a href=\"#3e3f9b33-2809-4078-8f8e-c7db19be89b6\" id=\"3e3f9b33-2809-4078-8f8e-c7db19be89b6-link\">2<\/a><\/sup><em> <\/em>sonne comme un d\u00e9fi et inaugure <strong>l\u2019\u00e9mancipation d\u2019Icare<\/strong>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs nouvelles ont jou\u00e9 avec les <strong>symboles de la plume<\/strong> et la charge s\u00e9mantique du substantif. Ainsi, les plumes qu\u2019Icare saisissait au vol pendant le travail de son p\u00e8re deviennent le mat\u00e9riau de deux matelas \u00e9ventr\u00e9s et retrouv\u00e9s apr\u00e8s une \u00e9vasion dans \u201cL\u2019expert \u00e0 Kamalata\u201d ; Jonathan Pigeon, si impatient de prendre son envol dans \u201cPrise de bec\u201d, \u201cattendait le moment b\u00e9ni o\u00f9 de vraies plumes remplaceraient le duvet gris\u00e2tre\u201d. Dans un registre plus po\u00e9tique, les plumes d\u2019oreiller du narrateur assoupi d\u2019\u201dIllusions envol\u00e9es\u201d l\u2019emportent dans le monde onirique de la litt\u00e9rature, tout comme la plume de \u201croseau sec\u201d tenue par le p\u00e8re de Yikaluosi au moment o\u00f9 il se met \u00e0 conter son histoire. Dans \u201cLe chant du Phoenix\u201d, un jeune elfe se met en qu\u00eate de la derni\u00e8re plume de l\u2019oiseau immortel et consulte un sage qui lui remet un talisman plum\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Symbole de puissance a\u00e9rienne, la <strong>plume lib\u00e8re Icare des pesanteurs du monde et lui conf\u00e8re les vertus de l\u2019ange ou de l\u2019artiste.<\/strong> \u201cL\u2019\u00e9pith\u00e8te qui est la plus proche du substantif <em>air<\/em>, c\u2019est l\u2019\u00e9pith\u00e8te<em> libre<\/em>\u201d, \u00e9crit Gaston Bachelard, dans <em>L\u2019air et les songes<\/em>. Dans plusieurs nouvelles, le jeune gar\u00e7on ail\u00e9 incarne en effet l\u2019imagination ascensionnelle et dynamique d\u00e9crite par le philosophe. Ainsi, dans \u201cIllusions envol\u00e9es\u201d, les coups de p\u00e9dale mettent en mouvement la pens\u00e9e du jeune \u00e9crivain avant que les livres ne prennent le relais : \u201cJe les effeuillai rageusement et confectionnai avec ces pages, t\u00e9moins de si\u00e8cles de litt\u00e9rature, les ailes de mon succ\u00e8s\u201d. Dans \u201cL\u2019union fait la force\u201d, Icare se met \u00e0 r\u00eaver \u00e0 la l\u00e9gende du mont C\u00e9leste quand une plume virevolte \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, \u201cil la pr[end] et la tourn[e] entre ses doigts, fascin\u00e9 par sa d\u00e9licatesse\u201d. Quelques syntagmes lexicalis\u00e9s disent la parent\u00e9 entre l\u2019aile et le langage. Ainsi dans \u201cCh\u00e8re Marie\u201d, Daniel confie son inqui\u00e9tude au sujet des vell\u00e9it\u00e9s de d\u00e9sertion d\u2019Isaac : \u201cplus son regard s\u2019envolait haut vers les cieux et plus ses paroles battaient des ailes\u201d. R\u00e9gis, dans \u201cLe Marquis et le Soleil\u201d, ne peut se refr\u00e9ner malgr\u00e9 la le\u00e7on de son p\u00e8re mourant, \u201cil se croyait port\u00e9 par des vents favorables et ni le deuil ni la peine ni les conseils avis\u00e9s de D\u00e9andre ne pouvaient lester les ailes qu\u2019il se sentait pousser dans le dos\u201d. Les derni\u00e8res lignes de la nouvelle donnent raison au vieil homme, tant R\u00e9gis est tomb\u00e9 \u201cplus bas que terre apr\u00e8s avoir touch\u00e9 son r\u00eave de royaut\u00e9 du bout des ailes\u201d.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9vocation du vol, figuration symbolique d\u2019un d\u00e9sir d\u2019absolu, voire d\u2019un orgueil d\u00e9mesur\u00e9, s\u2019est pr\u00eat\u00e9e tout naturellement \u00e0 une s\u00e9rie de m\u00e9taphores dont nous retiendrons trois motifs dominants au sein des nouvelles : l<strong>e vol de l\u2019homme-oiseau,<\/strong> celui de l<strong>\u2019homme-objet-machine <\/strong>puis <strong>l\u2019homme-dieu<\/strong>. Le livre VIII des <em>M\u00e9tamorphoses <\/em>peint clairement le passage de l\u2019homme au volatile par la <em>mimesis<\/em> \u201c<em>ut ueras imitetur aues\u201d<\/em><sup data-fn=\"a3f593cd-a2d3-4bdf-a358-1047588ac52f\" class=\"fn\"><a href=\"#a3f593cd-a2d3-4bdf-a358-1047588ac52f\" id=\"a3f593cd-a2d3-4bdf-a358-1047588ac52f-link\">3<\/a><\/sup> et la comparaison \u201c<em>uelut ales, ab alto quae teneram prolem produxit in aera nido\u201d<\/em><sup data-fn=\"e52f2fda-d0de-4f95-b1cd-4dcceec1870e\" class=\"fn\"><a href=\"#e52f2fda-d0de-4f95-b1cd-4dcceec1870e\" id=\"e52f2fda-d0de-4f95-b1cd-4dcceec1870e-link\">4<\/a><\/sup><em>. <\/em>Les nouvelles sont de ce fait travers\u00e9es par une riche gent ail\u00e9e. Dans \u201cPlumes de r\u00eaves\u201d, Michel-Ange est \u201cintrigu\u00e9 par le vol de majestueuses hirondelles\u201d avant de s\u2019arr\u00eater devant \u201cune \u00e9choppe vendant des dizaines de moineaux et de passereaux prisonniers de leurs voli\u00e8res\u201d tandis qu\u2019\u201cune nu\u00e9e de tourterelles\u201d l\u2019accueille au-dessus du palais florentin, au seuil duquel l\u2019artiste s\u2019\u00e9crie devant de Vinci : \u201cje ne suis pas un fou excentrique qui veut devenir un oiseau !\u201d La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019Albatros dans les derni\u00e8res lignes d\u2019\u201cIllusions envol\u00e9es\u201d rapproche la destin\u00e9e du jeune artiste de celle de Baudelaire. Fuyant une dictature, le h\u00e9ros d\u2019\u201cIcare ou la libert\u00e9 \u00e0 port\u00e9e d\u2019ailes\u201d est touch\u00e9 par le chant d\u2019une \u201caigrette garzette\u201d et le \u201cvol majestueux de cet \u00e9chassier au plumage blanc\u201d.\u00a0<br>La nouvelle ayant pouss\u00e9 l\u2019identification de l\u2019homme \u00e0 l\u2019oiseau \u00e0 son point le plus haut est sans doute \u201cPrise de bec\u201d avec l\u2019allusion au personnage de Richard Bach, Jonathan Livingston le go\u00e9land : \u201cPapa et Maman Pigeon, comme tous les membres de la famille Pigeon, travaillaient dans l\u2019import-export. Ils fondaient sur les march\u00e9s urbains, tels des aigles majestueux, leurs roucoulements d\u00e9clenchaient la frayeur parmi la population\u201d. Jonathan Pigeon, moins niais (\u00e9tymologiquement \u201cpris au nid\u201d) que sa fratrie, r\u00eave d\u2019un envol qui donnerait tort \u00e0 Agatha Pie, la comm\u00e8re du nid voisin. Dans la nouvelle au titre \u00e9vocateur \u201cImiter les oiseaux\u201d, le narrateur se plaint de \u201cbayer aux corneilles\u201d quand le spectacle d\u2019une \u201cnu\u00e9e de mouettes\u201d le d\u00e9livre de sa torpeur et l\u2019encourage \u00e0 cr\u00e9er un objet volant.\u00a0<br><strong>Le mythe d\u2019Icare est aussi celui de la technique, de cette technique qui fait parfois croire aux hommes qu\u2019ils sont sup\u00e9rieurs aux dieux.<\/strong> Le tailleur Franz Reichelt, personnage \u00e9ponyme admiratif de Louis Bl\u00e9riot, n\u2019a qu\u2019une id\u00e9e en t\u00eate : \u201ccr\u00e9er un costume permettant de voler\u201d, \u201cinspir\u00e9 de la morphologie des chauves-souris et autres volatiles\u201d. Dans \u201cLa Fuite\u201d, Ka\u00efs s\u2019\u00e9chappe de l\u2019\u00eele dans laquelle il est enferm\u00e9, gr\u00e2ce au deltaplane qu\u2019il a confectionn\u00e9. Icaro est le nom de la machine \u00e0 voler de \u201cPlumes de r\u00eaves\u201d : son concepteur \u201cprit de l\u2019huile et en graissa les rouages, v\u00e9rifia la m\u00e9canique, puis commen\u00e7a \u00e0 la hisser [&#8230;] \u00e0 l\u2019aide d\u2019un astucieux syst\u00e8me de poulies\u201d. Dans \u201cLe Dernier Virage\u201d, c\u2019est la voiture de course qui se pare des ailes d\u2019Icare : Denis, le p\u00e8re m\u00e9canicien du jeune Isaac, dote ainsi le bolide d\u2019un \u201caileron imposant mais \u00e9l\u00e9gant\u201d. Les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019a\u00e9ronautique et \u00e0 la conqu\u00eate spatiale sont nombreuses. Tha\u00efs s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans les cieux \u00e0 bord d\u2019une fus\u00e9e et finit par se perdre dans \u201cle vide intersid\u00e9ral\u201d (\u201cL\u2019Ascension de Tha\u00efs\u201d). La nouvelle \u201cL\u2019Icare moderne\u201d brosse le portrait de Vladimir Komarov, le premier cosmonaute russe \u00e0 mourir lors d\u2019une mission spatiale : \u201cAutour de lui, ce n\u2019\u00e9taient pas des ailes, mais la toute nouvelle capsule m\u00e9tallique <em>Soyouz<\/em>, qui faisait la fiert\u00e9 des Sovi\u00e9tiques\u201d. La m\u00eame folie des grandeurs anime les ing\u00e9nieurs du Concorde, l\u2019\u201coiseau de fer\u201d de \u201cTrag\u00e9die\u201d : \u201cFer, Titane, ailes delta, aluminium, moteurs turbofan \u00e0 postcombustion. Le g\u00e9nie cr\u00e9atif d\u2019H\u00e9pha\u00efstos est d\u00e9mod\u00e9, d\u00e9pass\u00e9\u2026et l\u2019Etna se tient coi\u201d. Dans \u201cUn ange d\u00e9chu\u201d, deux jeunes hommes caressent le r\u00eave d\u2019\u00eatre aviateurs puis finissent par piloter le m\u00eame avion. Dans \u201cLe destin d\u2019E-khar\u201d, le Dr. D.Dalle et le Dr. Min-ohs rivalisent d\u2019inventivit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce que le premier cr\u00e9e une bo\u00eete intelligente munie d\u2019un capteur \u00e9motionnel. La nouvelle au titre original \u201cI-Car.e\u201d met en sc\u00e8ne une course \u00e0 l\u2019innovation pour la fabrication de voitures ail\u00e9es\u2026\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-17915205c1b4d1dfe499f9b4944e2489\"><strong>Enfin, le mouvement ascensionnel \u00e9rige Icare en \u00eatre d\u2019exception.<\/strong> Ovide r\u00e9sume cette transformation par la formule lapidaire <em>\u201cignotas alas\u201d : <\/em>D\u00e9dale et Icare rev\u00eatent des ailes inconnues de l\u2019homme. Ils outrepassent la condition humaine, le po\u00e8te latin divinise d\u2019ailleurs Icare par les yeux des t\u00e9moins : \u201cLe p\u00eacheur qui surprend le poisson au fer de sa ligne tremblante, le berger appuy\u00e9 sur sa houlette, et le laboureur sur sa charrue, en voyant des mortels voler au-dessus de leurs t\u00eates, s\u2019\u00e9tonnent d\u2019un tel prodige, et les prennent pour des dieux\u201d. Dans certaines nouvelles, la verticalit\u00e9 se d\u00e9cline m\u00e9taphoriquement et selon diff\u00e9rents registres, du prosa\u00efque au po\u00e9tique : il est ainsi question de l\u2019ascension sociale du protagoniste dans \u201cLe Marquis et le Soleil\u201d, de l\u2019ascension de l\u2019Everest dans \u00ab&nbsp;D\u00e9dale et Icare&nbsp;\u00bb, du plus haut gratte-ciel de la ville dans \u00ab&nbsp;Le R\u00eave envol\u00e9&nbsp;\u00bb, d\u2019un nuage, pour s\u2019y nicher dans \u00ab&nbsp;Prise de bec&nbsp;\u00bb&#8230; L\u2019envol d\u2019un acrobate dans \u201cChute libre\u201d et d\u2019une cavali\u00e8re de saut d\u2019obstacles dans \u201cCarry : deuxi\u00e8me envol\u201d incarnent \u00e9galement ces verticalit\u00e9s essentielles au mythe. <br><strong>D\u00e9vor\u00e9e par l\u2019hybris<\/strong> dans certaines r\u00e9\u00e9critures, la figure d\u2019Icare est celle qui s\u2019affranchit des lois de la pesanteur : Icare voisine alors avec les astres et le monde divin. Par la formule latine \u201c<em>Fiat lux !\u201d<\/em> l\u2019acte III de \u201cTrag\u00e9die\u201d c\u00e9l\u00e8bre l\u2019inauguration du Concorde, v\u00e9ritable \u201cmonstre de m\u00e9tal,\u201d au moment o\u00f9 \u201cles rayons curieux d\u2019H\u00e9lios se r\u00e9pandent en cascade sur le sol\u201d comme une mise en garde. Dans \u201cL\u2019Icare moderne\u201d, est retrac\u00e9 le cours de l\u2019humanit\u00e9. Ce sont les hommes dans leur globalit\u00e9 qui ne cessent de viser l\u2019impossible, depuis le p\u00e9ch\u00e9 originel jusqu\u2019\u00e0 la conqu\u00eate spatiale : \u201cKomarov se sentait invincible. Il dominait le monde.\u201d L\u2019aviateur de \u201cVaincre l\u2019impossible\u201d associe clairement son d\u00e9sir de toucher le soleil \u00e0 des pr\u00e9tentions prom\u00e9th\u00e9ennes : \u201cJe serai tel un dieu ! \/ Je ne serai plus un mortel !\u201d <br>Certaines d\u00e9clinaisons du motif temp\u00e8rent pourtant les grandes oppositions structurelles et axiologiques pr\u00e9sentes dans le mythe d\u2019Icare. L\u2019ascension vers le soleil n\u2019est plus seulement une transgression dans laquelle se manifeste l\u2019orgueil de D\u00e9dale et de son fils, mais <strong>voie d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019univers intangible des po\u00e8tes<\/strong>. Les premi\u00e8res lignes de la nouvelle \u201cPlumes de r\u00eaves\u201d baignent dans la lumi\u00e8re florentine : \u201cLe soleil caressait de ses rayons orang\u00e9s les collines verdoyantes entourant la ville de Florence\u201d, \u201cl\u2019astre solaire \u00e9tait maintenant bient\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00e9quinoxe\u201d quand Michel-Ange entre en sc\u00e8ne. Le parcours onirique du cycliste dans \u201cIllusions envol\u00e9es\u201d suit la courbe du soleil levant ; tel un h\u00e9liotrope, le narrateur est \u201cexalt\u00e9 par la flamme de l\u2019ambition\u201d, \u201cce feu int\u00e9rieur\u201d de la gloire litt\u00e9raire\u201d avant d\u2019avouer son exub\u00e9rance : \u201cdevant une telle clart\u00e9, il faut \u00eatre bien fort pour garder les yeux ouverts\u201d. Quand il s\u2019\u00e9vade, Yikaluosi fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un monde sensible : \u201cIl \u00e9tait un homme libre. Enfin. La lumi\u00e8re du jour l\u2019aveugla, le vent lui caressa les joues. Il huma un air pur [&#8230;] La neige d\u2019un blanc cristallin, recouvrait d\u2019une fine couche les cha\u00eenes de montagnes qui s\u2019\u00e9tendaient \u00e0 perte de vue. Les flocons de neige effleuraient son visage, provoquant une fra\u00eecheur apaisante. Au pied de la montagne, le lac Bleu, fig\u00e9 par la glace, refl\u00e9tait les \u00e9clats du cr\u00e9puscule et scintillait de mille feux.\u201d Le personnage fait ainsi l&rsquo;exp\u00e9rience du vol m\u00e9dian, celui que D\u00e9dale avait donn\u00e9 en mod\u00e8le \u00e0 son fils pour gagner sa libert\u00e9, celui de la mesure et de l\u2019entre-deux que le po\u00e8te Jean-Michel Maulpoix associe au lyrisme : <em>\u201cLe po\u00e8te marche sur un fil, quelques m\u00e8tres au-dessus du sol (assez pour se rompre le cou d&rsquo;un faux-pas), dans l&rsquo;entre-deux qui en fin de compte est le n\u00f4tre, entre ciel et terre, puisque nous ne sommes ni des oiseaux ni des plantes&#8230; Lyrique, il prend le risque de la chute, ou simplement du ridicule. Il aspire toujours \u00e0 l&rsquo;envol, m\u00eame si cette marche funambule sur la corde mince de ses phrases est d\u00e9sormais l&rsquo;ultime esp\u00e8ce d&rsquo;all\u00e8gement dont il soit capable. J&rsquo;appelle aujourd&rsquo;hui lyrisme cette en all\u00e9e qui ne s&rsquo;en va \u00e0 proprement parler nulle part, mais durant laquelle le marcheur conna\u00eet avec exactitude son poids et son vertige\u201d. (du lyrisme, 2000)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-large-font-size\"><strong>La Chute<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Contre toute attente, il arrive que la chute ne soit pas toujours pr\u00e9sent\u00e9e comme un ch\u00e2timent. C\u2019est en effet une forme de <strong>catharsis<\/strong> que vit le jeune artiste&nbsp; d\u2019\u00abIllusions envol\u00e9es&nbsp;\u00bb. \u00c9bloui par le soleil comme l\u2019\u00e9taient les Grecs devant une trag\u00e9die d\u2019Eschyle, il s\u2019incline face aux po\u00e8tes, les \u201cphares dans l\u2019obscurit\u00e9\u201d. <br>Dans \u201cTrag\u00e9die\u201d, en revanche, elle s\u2019\u00e9nonce sur le mode de la <strong>sanction<\/strong>. \u201c[L]es yeux du monde entier [&#8230;] braqu\u00e9s sur Toulouse\u201d inscrivent l\u2019accident du Concorde dans une th\u00e9\u00e2tralit\u00e9 et un spectaculaire qui ont valeur d\u2019exemplarit\u00e9. Le destin de l\u2019avion est clairement \u00e9nonc\u00e9 d\u00e8s l\u2019acte I : \u201cTous l\u2019ignorent encore, mais dans quelques ann\u00e9es, cent-treize personnes, emport\u00e9es dans le ciel par cette soif inextinguible de toujours d\u00e9fier les dieux, en perdront la vie\u201d. Les signes du <em>fatum<\/em> irriguent les nouvelles : Le \u201crai de lumi\u00e8re\u201d qui \u00e9blouit Jonathan Pigeon est-il le signe que \u201cles nuages n\u2019\u00e9taient que des miroirs aux alouettes\u201d et qu\u2019il serait bien vite victime d\u2019un \u201cimmense oiseau m\u00e9tallique\u201d ? Dans \u201cYikaluosi\u201d, le poids de l\u2019Histoire chinoise conjugu\u00e9 \u00e0 la s\u00e9duction des r\u00e9cits de guerre fait du p\u00e8re et de son fils les victimes de l\u201dironie du ciel\u201d. Le pr\u00e9nom \u201cR\u00e9gis\u201d dans \u201cLe Marquis et le Soleil\u201d n\u2019est-il pas annonciateur de la d\u00e9mesure de celui qui convoite la couronne ?&nbsp;Le ch\u00e2timent prend la forme d\u2019une chute, dont la trajectoire et la vitesse contrastent avec celles de l\u2019\u00e9l\u00e9vation. \u201cLa descente fut \u00f4 combien plus prompte que la mont\u00e9e\u201d reconna\u00eet le narrateur d\u2019\u201dIllusions vol\u00e9es\u201d.&nbsp; <br>En effet, si l\u2019envol est peint comme un mouvement mod\u00e9r\u00e9 et croissant pendant lequel Icare reste dans le champ de vision de son p\u00e8re, la chute est souvent pr\u00e9cipit\u00e9e, allant parfois jusqu\u2019\u00e0 se d\u00e9cliner sur le mode du <strong>suicide<\/strong>. Dans \u201cIcare 2025\u201d, nous suivons les derniers jours d\u2019un jeune toxicomane de Dublin, \u201coiseau en cage\u201d que rien ne peut d\u00e9tourner du chemin de la drogue et qui s\u2019\u00e9teint lors d\u2019un saut dans le vide. Dans \u201cComment voler sans elle\u2026\u201d, sont \u00e9voqu\u00e9es les addictions aux stimulants intellectuels utilis\u00e9s par certains \u00e9tudiants. Isaac r\u00e9ussit enfin ses examens, mais il chancelle psychologiquement, la drogue lui fait perdre le sens des r\u00e9alit\u00e9s. Sous l\u2019effet des stup\u00e9fiants, l\u2019\u00e9tudiant se d\u00e9fenestre : \u201cIl s\u2019approcha de la fen\u00eatre de son balcon, l\u2019ouvrit, monta sur la rambarde et observa la lune. Elle \u00e9tait si belle, et lui se sentait si bien. Il lui tendit les bras pour s\u2019en rapprocher.\u201d La narration est interrompue par un \u00ab&nbsp;Flash info&nbsp;\u00bb qui dit s\u00e8chement toute l\u2019horreur de la r\u00e9alit\u00e9 : \u201cHier soir, un jeune \u00e9tudiant parisien, sous l\u2019emprise de drogues, a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 mort dans la rue.\u201d La vitesse, atout majeur du magnifique Concorde, sert \u00e0 \u00e9noncer sa disparition, comme le soulignent les derni\u00e8res phrases elliptiques de \u201cTrag\u00e9die\u201d : \u201cLamelle de m\u00e9tal. \/ Une minute, vingt-huit secondes. Explosion. R\u00eave et h\u00f4tel bris\u00e9s. Cent-treize morts. Fin du Concorde.\u201d Dans \u201cLa lumi\u00e8re qui cachait la temp\u00eate\u201d, le maire Icaros entra\u00eene un soleil artificiel dans \u201csa chute inexorable\u201d, faute d\u2019avoir respect\u00e9 les consignes de s\u00e9curit\u00e9. Le destin du funambule de \u201cChute libre\u201d \u00e9tait inscrit dans la corde qui ne le retient plus quand il saute de la falaise. L\u2019auteur de la tr\u00e8s belle nouvelle intitul\u00e9e \u201cLe M\u00e9tal froid, les pierres grises et les eaux noires\u201d propose une version alchimique du mythe, il surd\u00e9termine le myth\u00e8me de la chute en exhibant une humanit\u00e9 suicidaire, une humanit\u00e9 qui a succomb\u00e9 en raison de son orgueil d\u00e9mesur\u00e9.&nbsp; L\u2019incipit met en sc\u00e8ne un gigantesque an\u00e9antissement : \u201cTout semble s\u2019effondrer, les immenses cath\u00e9drales des villes, touchant presque les cieux, voient leurs fondations s\u2019effriter, se d\u00e9sagr\u00e9ger, le tout s\u2019\u00e9croule dans une temp\u00eate de poussi\u00e8re noire. Les forteresses s\u2019affaissent, s\u2019engouffrent dans des trous b\u00e9ants\u201d. Dans ce r\u00e9cit, il est toutefois un bel oiseau dor\u00e9, mais celui-ci est captif, il est enferm\u00e9 dans une petite bo\u00eete \u00e0 musique. Figure de l\u2019id\u00e9al, incarnation d\u2019une beaut\u00e9 singuli\u00e8re, il n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 subsister dans un monde rempli de vanit\u00e9 et d\u2019effroi : \u201cl&rsquo;oiseau fait d\u2019or [est] devenu un tas de charbon\u201d. L\u2019instance narrative est ambigu\u00eb : est-ce Dieu ou l\u2019humanit\u00e9 elle-m\u00eame qui a \u00e9chou\u00e9 dans sa qu\u00eate d\u2019absolu ? Le monde agonise, des guerres absurdes ont chang\u00e9 l\u2019univers en cendres : \u201cLes a\u00e9ronefs guerroyant \u00e0 la fronti\u00e8re entre les airs et les nuages de suie, n\u2019\u00e9chappent pas \u00e0 leur destin, chutant dans un d\u00e9luge de flammes et de g\u00e9missements, il n\u2019en reste plus rien, ce ne sont plus que des carcasses titanesques d\u2019acier, \u00e9ventr\u00e9es, mortes, au milieu des cendres virevoltant, blanches, semblables \u00e0 de la neige\u2026\u201d. Pourtant, <em>in extremis<\/em>, alors que tout semble termin\u00e9, une main sort des \u201ceaux obscures\u201d. \u201cEn son creux je crois sentir cette bo\u00eete \u00e0 musique,\/ Et un nouvel oiseau s\u2019envoler\u201d. \u201cPierre sang papier ou cendre\u201d<sup data-fn=\"70c2bd58-6532-4559-81ec-7e2607400b5b\" class=\"fn\"><a href=\"#70c2bd58-6532-4559-81ec-7e2607400b5b\" id=\"70c2bd58-6532-4559-81ec-7e2607400b5b-link\">5<\/a><\/sup>, le r\u00eave d\u2019Icare n\u2019est pas mort, la chute est conjur\u00e9e. Le grand brasier devient creuset : de l\u2019effondrement du monde na\u00eet la promesse musicale d\u2019une nouvelle aurore.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>L\u2019air et les songes<\/em>, Bachelard \u00e9voque l\u2019image paradoxale de la \u201c<strong>chute en haut<\/strong>\u201d, dans les ab\u00eemes du ciel qui repr\u00e9senteraient alors l\u2019image invers\u00e9e de la mer ou bien son prolongement : \u201c<em>L&rsquo;aile est essentiellement a\u00e9rienne. On nage dans l&rsquo;air, mais on ne vole pas dans l&rsquo;eau. L&rsquo;imagination peut continuer dans l&rsquo;air ses r\u00eaves de l&rsquo;eau, mais elle ne peut ensuite vivre la transcendance imaginaire inverse<\/em>\u00ab\u00a0. <br>Ce motif se retrouve dans quelques nouvelles o\u00f9 la chute n\u2019est pas pr\u00e9cipit\u00e9e, o\u00f9 verticalit\u00e9 et horizontalit\u00e9 se conjuguent, m\u00eame un court instant. Jonathan Pigeon conna\u00eet un instant de lucidit\u00e9 et ne tombe pas dans le pi\u00e8ge de Narcisse quand il approche du nuage r\u00eav\u00e9 : Il \u201callait bient\u00f4t go\u00fbter sa douceur ; il paraissait si moelleux. Il l\u2019atteignit enfin, mais \u00e0 son grand \u00e9tonnement, il le traversa sans obstacle [&#8230;] Cette mousse blanche n\u2019\u00e9tait-elle donc\u2026qu\u2019une illusion ? De la simple vapeur d\u2019eau ?\u201d (\u201cPrise de bec\u201d). Dans \u201cChristophe D\u00e9dale et l\u2019envol vers l\u2019inconnu\u201d, la descente est v\u00e9cue comme une victoire, celle de deux colons qui, apr\u00e8s un vol transatlantique, posent les ailes sur une plage d\u2019Am\u00e9rique, en 1492. La conqu\u00eate des airs rejoint celle des terres : \u201cl&rsquo;atterrissage fut un soulagement, un retour \u00e0 la terre ferme apr\u00e8s tant de temps \u00e0 d\u00e9fier les airs. Icare, ext\u00e9nu\u00e9 mais ivre de joie, tomba \u00e0 genoux.\u201d La chute du h\u00e9ros se prolonge par un projet de d\u00e9couverte des abysses dans \u201cIcare, explorateur du ciel et de l\u2019oc\u00e9an\u201d. Ce sont aussi les profondeurs marines que convoitent Erico \u2013 dans la nouvelle qui porte son nom \u2013 et deux jeunes plongeurs \u00e0 la recherche d\u2019une \u00e9pave dans \u201cSur la r\u00e9serve\u201d. \u00c0 l\u2019inverse, Icariel, fille de triton, se hisse hors des flots et gagne le monde des hommes par une m\u00e9tamorphose (\u201cLa petite sir\u00e8ne\u201d). Six ans apr\u00e8s sa chute, un jeune gar\u00e7on reprend vie dans les abysses o\u00f9 il retrouve sa m\u00e8re (\u201cIcare et l\u2019Oc\u00e9an des destin\u00e9es\u201d), belle fable d\u2019un retour intra-ut\u00e9rin. Ainsi, comme l\u2019invitait la version du g\u00e9ographe grec Pausanias, plusieurs nouvelles ont donn\u00e9 autant, sinon plus d\u2019importance \u00e0 la mer qu\u2019au ciel. Il est m\u00eame des figures d\u2019Icare coinc\u00e9es sous la glace dans ces paling\u00e9n\u00e9sies et des ailes gel\u00e9es : <strong>l\u2019eau remod\u00e8le le personnage en l\u2019incluant dans une autre forme de r\u00eaverie<\/strong>.<br>Comme le sugg\u00e8rent la dimension cosmogonique du mythe et la symbolique initiatique du labyrinthe, certaines r\u00e9\u00e9critures imaginent donc un autre rapport \u00e0 l\u2019air, \u00e0 l\u2019eau, au feu et \u00e0 la terre. La conjugaison ou la porosit\u00e9 des diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments <strong>replace l\u2019individu au c\u0153ur du monde et non en son centre<\/strong>. <br><br>Si par hybris ou par imprudence, Icare conna\u00eet une trajectoire \u00e9clair, les nouvelles ont toutefois r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9inventer ce personnage dont on ne savait rien, le fameux d\u00e9tail qui figurait dans la toile de Pieter Bruegel. \u201cQu\u2019en aura-t-il \u00e9t\u00e9 d\u2019Icare ? se demande Blanche Matheron, dans \u00ab&nbsp;Au Fond de la m\u00e9moire d\u2019Icare&nbsp;\u00bb, Ce gar\u00e7on enferm\u00e9 dans un labyrinthe dessin\u00e9 par son propre p\u00e8re, vivant dans la peur constante d\u2019un monstre que ce m\u00eame p\u00e8re avait aid\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er. Cet enfant qui survivait dans l\u2019unique espoir de sortir un jour, pour retrouver la m\u00e8re dont il avait oubli\u00e9 le visage, les amis dont il avait oubli\u00e9 la voix et les terres dont il avait oubli\u00e9 l\u2019odeur\u201d? Sans m\u00e9moire, Icare est d\u00e9j\u00e0 mort quand le texte commence. La nouvelle assume le paradoxe, mettant ainsi en lumi\u00e8re la fulgurance tragique de sa destin\u00e9e : \u00ab&nbsp;<em>Les m\u00e9decins affirment que le cerveau humain reste conscient sept minutes apr\u00e8s la mort. Sept minutes \u00e0 ressasser nos souvenirs pour nous rappeler ce que nous avons \u00e9t\u00e9. Sept minutes.<\/em>&nbsp;<br><em>Un laps de temps qui, de notre vivant, nous para\u00eet insignifiant, mais qui devient essentiel dans nos derniers instants.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u201cI-car.e\u201d d\u2019\u00c9l\u00e9anor St\u00e9phan (Prix de l\u2019AFPEAH- niveau coll\u00e8ge)<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"993\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor-1024x993.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3693\" style=\"width:316px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor-1024x993.png 1024w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor-300x291.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor-768x745.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor-1536x1489.png 1536w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor-279x270.png 279w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Nouvelle-dEleanor.png 1636w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>\u201cDans la majeure partie du monde [&#8230; les femmes demeurent contraintes] : v\u00eatement oblig\u00e9, mariage forc\u00e9, sexualit\u00e9 norm\u00e9e, viol\u00e9e ou \u2018excis\u00e9e\u2019, instruction d\u00e9ni\u00e9e, travail refus\u00e9, impay\u00e9 ou diminu\u00e9, f\u00e9condit\u00e9 impos\u00e9e, contraception et avortement condamn\u00e9s, promotion sociale et politique r\u00e9cus\u00e9e, pens\u00e9e censur\u00e9e\u201d (S\u00e9verine Auffret, <em>Une Histoire du f\u00e9minisme de l\u2019Antiquit\u00e9 grecque \u00e0 nos jours<\/em>).<br><br>Un tel contexte a sans doute \u00e9t\u00e9 pris en compte par \u00c9l\u00e9anor St\u00e9phan qui a r\u00e9dig\u00e9 une \u201cnouvelle engag\u00e9e\u201d \u00e0 tous \u00e9gards. La talentueuse coll\u00e9gienne a opt\u00e9 pour une figure f\u00e9minine dans sa nouvelle \u201cI-car.e\u201d et fait de son personnage une ic\u00f4ne de r\u00e9sistance et d\u2019intelligence. Brillante ing\u00e9nieure, Apollonia, choisit d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019emprise de Skulemon, un p\u00e8re m\u00e9galomane et misogyne la cantonnant au rang d\u2019 \u00ab ing\u00e9nue \u00e9cervel\u00e9e \u00bb dont le r\u00f4le serait de \u00ab contribuer \u00e0 l\u2019effort de natalit\u00e9 \u00bb. Victime expiatoire sur l\u2019autel d\u2019un monde d\u00e9shumanis\u00e9 et technocratique, celle dont le nom \u00e9voque le dieu de la m\u00e9decine, accomplit un acte de r\u00e9sistance radical dont le mot d\u2019ordre pourrait se lire dans le titre m\u00eame du r\u00e9cit \u00ab&nbsp;I-Car.e \u00bb, \u00ab Je prends soin \u00bb, en anglais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:21px\"><strong>\u201cIllusions envol\u00e9es\u201d de Martin Descl\u00e8ves (Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; niveau lyc\u00e9e)<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"858\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025-1024x858.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3719\" style=\"width:351px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025-1024x858.png 1024w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025-300x251.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025-768x644.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025-1536x1287.png 1536w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025-322x270.png 322w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Prix-de-lafpeah-Icare-2025.png 1940w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\" style=\"font-size:18px\"><br>D\u00e9couvrant ce r\u00e9cit, nous avons, d\u00e8s la premi\u00e8re lecture, \u00e9t\u00e9 saisis par l\u2019admiration et par une \u00e9motion forte et paradoxale, celle que l\u2019on ressent lorsqu\u2019un lieu inconnu parle \u00e0 notre \u00e2me.&nbsp; De fait, en lisant \u00ab Illusions envol\u00e9es \u00bb, nous avons reconnu un inconnu, d\u2019o\u00f9 le trouble et l\u2019\u00e9motion qui se sont empar\u00e9 de nous. Comment pouvait nous sembler famili\u00e8re une voix aussi singuli\u00e8re que celle du jeune Martin Descl\u00e8ves ? En analysant notre propre exp\u00e9rience de lecteur, nous avons compris que ce sentiment de familiarit\u00e9 naissait de la confrontation de ce texte avec notre go\u00fbt des mots et des lettres. D\u00e8s l\u2019incipit, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Proust est claire. <em>Du c\u00f4t\u00e9 de chez Swann<\/em> constitue un des hypotextes majeurs de la nouvelle. Mais il ne s\u2019agit pas l\u00e0 d\u2019un simple pastiche. En effet, en lisant Martin, on h\u00e9site et on se demande qui a nourri sa voix : Proust bien s\u00fbr, Ovide, Chateaubriand, Lautr\u00e9amont, Nerval, Gautier, Baudelaire ? Tous ceux qui ont explor\u00e9 les arcanes de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire, qui ont r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 la dimension m\u00e9tamorphique de la litt\u00e9rature. Leurs voix se m\u00ealent pour n\u2019en constituer qu\u2019une, comme ces cr\u00e9ations de l\u2019imaginaire qui naissent de la fusion des souvenirs, du r\u00eave et du r\u00e9el.<br><br>La maturit\u00e9 de la voix qui s\u2019impose, limpide et lumineuse, sert un sujet \u00e2pre, presque aust\u00e8re, mais tellement noble : dans cette nouvelle, Martin Descl\u00e8ves s\u2019int\u00e9resse en effet au concept de l\u2019innutrition cher \u00e0 Du Bellay. Entre imitation et appropriation parfaitement \u00ab dig\u00e9r\u00e9e \u00bb, Martin, suivant les pas d\u2019Ovide, de Baudelaire et de Marcel Proust, trouve son propre chemin. La figure d\u2019Icare \u00e9voque celle d\u2019un jeune \u00e9crivain tiraill\u00e9 entre la veille et le r\u00eave, la lecture et le r\u00e9el. Le narrateur d\u00e9voile les coulisses de son atelier, le moment o\u00f9, comme chez Proust, la cr\u00e9ation suppose un entre-deux et une forme d\u2019ind\u00e9cision vertigineuse. C\u2019est tout l\u2019\u00eatre qui vacille alors dans une brillante introspection qui s\u2019attache \u00e0 saisir toutes les facettes de la r\u00e9alit\u00e9, non pas celle \u00e0 laquelle on pense spontan\u00e9ment, celle qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une approche cart\u00e9sienne du r\u00e9el, mais celle, complexe, qui agite les vrais artistes, ceux qui per\u00e7oivent toutes les d\u00e9clinaisons et vibrations des \u00eatres et du monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">La paling\u00e9n\u00e9sie du mythe est aussi, dans cette nouvelle, une ode \u00e0 la cr\u00e9ation litt\u00e9raire, un hommage rendu aux po\u00e8tes. Il est difficile de dire toute notre admiration pour ce texte exceptionnel qui devrait figurer dans toutes les anthologies litt\u00e9raires. Et s\u2019il est \u00e9galement difficile de distinguer le jeune auteur de la figure d\u2019Icare mise en sc\u00e8ne, il est n\u00e9anmoins possible de saluer l\u2019immense talent de ce grand lecteur, qui sait, d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 apprivoiser m\u00e9lancolies&nbsp; et chim\u00e8res.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>\u201cLe M\u00e9tal froid, les pierres grises et les eaux noires\u201d de L\u00e9onard Dambre <\/strong><br><strong>(Prix sp\u00e9cial accord\u00e9 \u00e0 titre exceptionnel par les Responsables du Prix de l\u2019AFPEAH)<\/strong><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3757\" style=\"width:432px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-300x200.jpg 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-768x512.jpg 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-2048x1365.jpg 2048w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LEnigme_de_Gustave_Dore-405x270.jpg 405w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>                                                                         ill. L\u2019\u00c9nigme, Gustave Dor\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>V\u00e9ritable cosmogonie \u00e0 la fois nostalgique et proph\u00e9tique, le texte brillant et bouleversant de L\u00e9onard Dambre est partition herm\u00e9tique au sens alchimique du terme. Cette d\u00e9clinaison du mythe d\u2019Icare se lit \u00e9galement comme un cri de d\u00e9tresse et d&rsquo;amour d\u00e9chirant adress\u00e9 \u00e0 notre humanit\u00e9 qui, de ses r\u00eaves et de ses histoires fait surgir des cauchemars \u00e0 l\u2019image de la grande Tour occupant le centre du texte. Nouvelle Tour de Babel vers laquelle n\u2019a cess\u00e9 de tendre une humanit\u00e9 aveugl\u00e9e par son orgueil, la Tour \u201cs\u2019effrit[e], par[t] en poussi\u00e8re, calmement, sans un bruit, lentement\u201d alors que des vagues muettes s\u2019\u00e9crasent sur le rivage \u2026 L\u2019\u00e9criture rimbaldienne mime un univers apocalyptique, un monde qui se d\u00e9sagr\u00e8ge faisant alterner prose, vers et calligrammes. Du terrible incipit qui \u00e9voque un monde ravag\u00e9 par les guerres, oublieux de son pass\u00e9, de ses mythes et de son pr\u00e9sent surgira pourtant une promesse de beaut\u00e9 et de tendresse : les cauchemars enfantent \u00e0 nouveau le r\u00eave et le d\u00e9sir d&rsquo;id\u00e9al. Il fallait que la tour soit abolie, que les \u00e9toiles p\u00e9rissent pour que, peut-\u00eatre, renaisse l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-medium-font-size\"><strong>R\u00e9sultats <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nouvelles ayant obtenu des points&nbsp;<\/strong>:<br><em>[Un nombre important de nouvelles a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9, faute de lien avec le sujet]<\/em>. <br>NB : Il est arriv\u00e9 que certaines nouvelles portent le m\u00eame titre, dans ce cas, nous avons donn\u00e9 les premiers mots du texte. <br><br><strong>COLL\u00c8GE <\/strong><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Entre trahison et fid\u00e9lit\u00e9  14 <\/td><\/tr><tr><td><strong>La Mort dans l&rsquo;\u00e2me  81<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>R&amp;Dad 17<\/td><\/tr><tr><td><strong>Le Myst\u00e8re du livre d&rsquo;Icare  51<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Hybris 15 <\/td><\/tr><tr><td>Icarlune sur la lune 15<\/td><\/tr><tr><td>Le Mythe d&rsquo;Icare : l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Ardith 20 <\/td><\/tr><tr><td>Le Prix de la tromperie 3<\/td><\/tr><tr><td>Taho et l&rsquo;attraction de l&rsquo;enfer 11 <\/td><\/tr><tr><td>\u0397 \u03c0\u03c4\u03ce\u03c3\u03b7 (la chute) 7 <\/td><\/tr><tr><td>Le compte d&rsquo;Icare 10 <\/td><\/tr><tr><td>D\u00e9dale et Icare 7 <\/td><\/tr><tr><td>Un nouveau d\u00e9part 3<\/td><\/tr><tr><td>Son dernier cri 8<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;oiseau m\u00e9canique 7<\/td><\/tr><tr><td>Le Mythe d&rsquo;Icare revisit\u00e9 10 <\/td><\/tr><tr><td>Par la voie des airs 8<\/td><\/tr><tr><td>Les aventures d&rsquo;Icare 4 <\/td><\/tr><tr><td>Je me souviendrai toujours de cette journ\u00e9e-l\u00e0 5<\/td><\/tr><tr><td>\u03a4\u03cc \u03bc\u03b1\u03b3\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd \u03c0\u03c4\u03b5\u03c1\u03cc\u03bd (la plume magique) 18<\/td><\/tr><tr><td><strong>Icare ou la libert\u00e9 \u00e0 port\u00e9e d&rsquo;ailes<\/strong><strong> 81<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Au-dessus du monde 13<\/td><\/tr><tr><td>Icare le coll\u00e9gien 9<\/td><\/tr><tr><td>La derni\u00e8re course de Victor 11<\/td><\/tr><tr><td>Icare \u00e0 la poursuite du r\u00eave 7<\/td><\/tr><tr><td>Carry: deuxi\u00e8me envol 18<\/td><\/tr><tr><td><strong>Ch\u00e8re Marie\u2026 84<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Le Marquis et le soleil  130<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Le Chant du Phoenix 16<\/td><\/tr><tr><td><strong>La Chute de Wom  70<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>I-Car.e  174<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Vaincre l&rsquo;impossible  77<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Z\u00e9phyr 11 <\/td><\/tr><tr><td>Les \u00e9nigmes en labyrinthe 4<\/td><\/tr><tr><td>Le crime de la tour des orphelins 5 <\/td><\/tr><tr><td>Courir contre le feu 5<\/td><\/tr><tr><td>Une Odyss\u00e9e dans l&rsquo;Atlantide 8<\/td><\/tr><tr><td>Les ailes de Ma\u00efa 8<\/td><\/tr><tr><td>Le magistrat Stravos 18<\/td><\/tr><tr><td>Le Hacker de lumi\u00e8re 7<\/td><\/tr><tr><td>Hannah et le Kraken 5<\/td><\/tr><tr><td>La For\u00eat des d\u00e9mons 12<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;Histoire d&rsquo;Elena 7<\/td><\/tr><tr><td>Burn-out 13<\/td><\/tr><tr><td>Icare et son fabuleux \u00e9lixir 14<\/td><\/tr><tr><td><strong>Les Ailes du courage<\/strong> <strong> 115<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>La Tentation co\u00fbte cher 16<\/td><\/tr><tr><td><strong>IN MEMORIAM<\/strong> <strong> 58<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>L&rsquo;Union fait la force<\/strong> <strong> 109<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Rien de nouveau sous le soleil de Cor\u00e9e<\/strong> <strong> 70<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Icaria 7<\/td><\/tr><tr><td>Immortal 10<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;envol \u00e0 travers les temps 7<\/td><\/tr><tr><td>Qu&rsquo;Ovide-25    16<\/td><\/tr><tr><td>Adan 7<\/td><\/tr><tr><td>la fuite 12<\/td><\/tr><tr><td>Icare \u00e0 son p\u00e8re 6<\/td><\/tr><tr><td>La v\u00e9ritable histoire d&rsquo;Icare 5<\/td><\/tr><tr><td>Comment trouver l&rsquo;amour selon Icare? 16<\/td><\/tr><tr><td>Icare au futur 4<\/td><\/tr><tr><td>Icare et l&rsquo;alpaga volant du zoo 5<\/td><\/tr><tr><td>D\u00e9dale et la cons\u00e9quence 5<\/td><\/tr><tr><td>Si Icare avait surv\u00e9cu 8<\/td><\/tr><tr><td>La cr\u00e9ation de la montgolfi\u00e8re 12<\/td><\/tr><tr><td>La l\u00e9gende d&rsquo;Icare 15<\/td><\/tr><tr><td>Les six voyages d&rsquo;Icare 10<\/td><\/tr><tr><td>R-Icar-d    7<\/td><\/tr><tr><td>R\u00e9\u00e9criture du mythe d&rsquo;Icare 5<\/td><\/tr><tr><td>Le Merveilleux vol d&rsquo;Icare 13<\/td><\/tr><tr><td>Le Mythe d&rsquo;Icare 6<\/td><\/tr><tr><td>Icare [Jadis, dans une lointaine galaxie] 7<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;ascension de Tha\u00efs 23 <\/td><\/tr><tr><td>14-18 ou le mythe d&rsquo;Icare et D\u00e9dale 9<\/td><\/tr><tr><td>BestLife 2.  4<\/td><\/tr><tr><td>Vers l&rsquo;infini et l&rsquo;au-del\u00e0 6<\/td><\/tr><tr><td>Icare [Djibril]&nbsp;6<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"309\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3680\" style=\"width:449px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview.png 806w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-300x115.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-768x294.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-604x232.png 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><br><strong>LYC\u00c9E<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-regular\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Icare, 2025    74<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Double jeu 10<\/td><\/tr><tr><td>Comment voler sans elle 17<\/td><\/tr><tr><td><strong>Le R\u00eave envol\u00e9  51<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;Histoire d&rsquo;Icare 8<\/td><\/tr><tr><td>Icare, explorateur du ciel et de l&rsquo;oc\u00e9an 8 <\/td><\/tr><tr><td>La Chute 10<\/td><\/tr><tr><td>Icare&nbsp;9<\/td><\/tr><tr><td>La Qu\u00eate d&rsquo;Iria 9<\/td><\/tr><tr><td>Un amour bris\u00e9 19<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;Icare moderne 12<\/td><\/tr><tr><td><strong>Le Labyrinthe des d\u00e9fis  89<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Sous la glace 10<\/td><\/tr><tr><td>Icare et le Minosaure 5<\/td><\/tr><tr><td>Regrets \u00e9ternels 12 <\/td><\/tr><tr><td><strong>L\u2019Esprit est D\u00e9dale  79<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>L&rsquo;Expert \u00e0 Kalamata  69<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Le Jour o\u00f9 Icare est tomb\u00e9 20<\/td><\/tr><tr><td>Icare et D\u00e9dale : l&rsquo;Ultime Chute dans un Monde Eteint 12 <\/td><\/tr><tr><td><em>Sola sub nocte<\/em> [sous la nuit solitaire] 12<\/td><\/tr><tr><td>Journal de fuite 12<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;invention d&rsquo;une vie 15 <\/td><\/tr><tr><td>Jugement dernier 12 <\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;\u00eatre mi-humain mi-oiseau 7<\/td><\/tr><tr><td>La lumi\u00e8re du feu 14<\/td><\/tr><tr><td><strong>La lumi\u00e8re qui cachait la temp\u00eate  55<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>La mission d&rsquo;Icare 14<\/td><\/tr><tr><td>La petite sir\u00e8ne 16<\/td><\/tr><tr><td>Le dernier virage 14<\/td><\/tr><tr><td>Le destin d&rsquo;E-Khar 14<\/td><\/tr><tr><td>Le pi\u00e8ge de l&rsquo;innocence 12<\/td><\/tr><tr><td>L&rsquo;enfant m\u00e9connu 16<\/td><\/tr><tr><td>Profondeur et v\u00e9rit\u00e9 16<\/td><\/tr><tr><td>Le poids des r\u00eaves 12<\/td><\/tr><tr><td><strong>Yikaluosi <\/strong><strong> 103<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Un oiseau sans elle  54<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Au fond de la m\u00e9moire d&rsquo;Icare <\/strong><strong> 68<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>D\u00e9dale et le Gardien Robotique 5<\/td><\/tr><tr><td>Plumes de r\u00eaves 25<\/td><\/tr><tr><td>Les Gardiens de la Mythologie 10<\/td><\/tr><tr><td>Christophe D\u00e9dale et l&rsquo;envol vers l&rsquo;inconnu 12<\/td><\/tr><tr><td>Icare et D\u00e9dale contre Mino-X : l&rsquo;Ultime Chute 14<\/td><\/tr><tr><td>La L\u00e9gende du vol interdit 7<\/td><\/tr><tr><td>Ikar le hussard 6<\/td><\/tr><tr><td>Icare 2112.  6<\/td><\/tr><tr><td>D\u00e9dale, l&rsquo;homme qui n&rsquo;avait pas appris de ses erreurs 6<\/td><\/tr><tr><td>Le hacking de trop 4<\/td><\/tr><tr><td>Le Rite 11<\/td><\/tr><tr><td>Et ils m&rsquo;ont inspir\u00e9 de leurs ailes 17 <\/td><\/tr><tr><td>Oisillon, ne pleure pas 12<\/td><\/tr><tr><td>Psych\u00e9e 21<\/td><\/tr><tr><td><strong>Les ailes de la revanche <\/strong><strong> 69<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Illusions envol\u00e9es <\/strong><strong> 244<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Aube nouvelle 12<\/td><\/tr><tr><td>Icare, ou l\u00a0\u00bbhistoire d\u00a0\u00bbune chute 12<\/td><\/tr><tr><td>Un ange tomb\u00e9 du ciel 10<\/td><\/tr><tr><td>R\u00eave fatal 16<\/td><\/tr><tr><td>Sur la r\u00e9serve 12<\/td><\/tr><tr><td><strong>Souviens-toi qu&rsquo;il va mourir  93<\/strong><\/td><\/tr><tr><td><strong>Chute libre  59<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Acire 9<\/td><\/tr><tr><td>Lib\u00e9r\u00e9 par le vent 10<\/td><\/tr><tr><td>A la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 : l&rsquo;ascension d&rsquo;Iris 9<\/td><\/tr><tr><td><em>Amor vincit omnia<\/em> 7<\/td><\/tr><tr><td>Faire croire et laisser para\u00eetre 14<\/td><\/tr><tr><td>Mes propres ailes 18<\/td><\/tr><tr><td>Icargot 12<\/td><\/tr><tr><td>Imiter les oiseaux 15<\/td><\/tr><tr><td>Au rez des \u00e9toiles 14<\/td><\/tr><tr><td><strong>Le temps d&rsquo;un battement d&rsquo;ailes <\/strong><strong> 70<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Victoire inachev\u00e9e 8<\/td><\/tr><tr><td>Voler trop haut 7<\/td><\/tr><tr><td>Le fils qui en a trop fait 6<\/td><\/tr><tr><td>Le conte d&rsquo;Icare 9<\/td><\/tr><tr><td>Erico 9<\/td><\/tr><tr><td>Le petit inventeur 4<\/td><\/tr><tr><td>La roulette 5<\/td><\/tr><tr><td>Franz Reichelt 28<\/td><\/tr><tr><td><strong>Trag\u00e9die <\/strong><strong> 113<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Un ange d\u00e9chu 12<\/td><\/tr><tr><td>Burn-out 8 <\/td><\/tr><tr><td>Ultimatum 8<\/td><\/tr><tr><td><strong>Prise de bec <\/strong><strong> 73<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Icare et le r\u00eave du ciel 8<\/td><\/tr><tr><td>Le R\u00eave d&rsquo;Icare 13 <\/td><\/tr><tr><td>L\u2019Orchid\u00e9e 3<\/td><\/tr><tr><td>Icare et le satellite pi\u00e9g\u00e9 5<\/td><\/tr><tr><td>Icare et l&rsquo;Oc\u00e9an des destin\u00e9es 7<\/td><\/tr><tr><td>Icare plong\u00e9 dans un souvenir lointain 6<\/td><\/tr><tr><td>Le Vol inachev\u00e9 5<\/td><\/tr><tr><td>&nbsp;L&rsquo;innocente hybris 14<\/td><\/tr><tr><td>M\u00e9moires de Venise 23<\/td><\/tr><tr><td><strong>Le M\u00e9tal froid, les Pierres grises et les Eaux noires<\/strong> &#8211; <strong>Hors comp\u00e9tition (Prix sp\u00e9cial)<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Le fils de D\u00e9dale 14<\/td><\/tr><tr><td>Dione ou le mythe d&rsquo;Icare 9<\/td><\/tr><tr><td>Dans le labyrinthe des r\u00e9seaux 16<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><br><strong>II &#8211; Prix Coup de c\u0153ur <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><br>Le Prix Coup de C\u0153ur de l\u2019AFPEAH conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 sa septi\u00e8me \u00e9dition et son succ\u00e8s ne se d\u00e9ment pas, bien au contraire puisque ce sont plus de six cents \u00e9l\u00e8ves de coll\u00e8ge et de lyc\u00e9e qui ont d\u00e9fendu leurs nouvelles pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es, avec beaucoup d\u2019engagement et d\u2019enthousiasme, sous la houlette d\u2019une vingtaine de professeurs tout aussi enthousiastes et impliqu\u00e9s, des professeurs issus d\u2019\u00e9tablissements publics et priv\u00e9s de France mais aussi de l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Chez les coll\u00e9giens<\/strong>, la nouvelle \u00ab Le Marquis et le Soleil \u00bb \u00e0 la troisi\u00e8me place sur le podium avec 744 points fait d\u2019Icare un beau paysan devenu marquis par le biais de son adoption. \u00c0 l\u2019instar de l\u2019Icare du mythe, il n\u00e9glige les recommandations de son p\u00e8re et se laisse gouverner par son hubris au point qu\u2019il veut non seulement atteindre le soleil mais l\u2019incarner en usurpant la place du \u00abroi-Soleil \u00bb lui-m\u00eame. Une \u00ab \u00e9clipse \u00bb consacre finalement la chute de celui qui n\u2019a pas su voler \u00e0 mi-hauteur, cherchant \u00e0 s\u2019\u00e9lever toujours plus haut : l\u2019usurpateur est finalement d\u00e9masqu\u00e9 et d\u00e9finitivement ch\u00e2ti\u00e9 dans la lumi\u00e8re aussi r\u00e9v\u00e9latrice que fatale d\u2019un \u00ab Soleil \u00bb de flammes incendiaires. Le second prix r\u00e9colte 795 points : il s\u2019agit des \u00ab Ailes du courage \u00bb, une nouvelle inscrite dans les pr\u00e9occupations et l\u2019univers des coll\u00e9giens puisque Skye, \u00e9l\u00e8ve de troisi\u00e8me, prise dans le \u00ab labyrinthe \u00bb d\u2019une vie, compliqu\u00e9e par l\u2019accident mortel de sa m\u00e8re, se trouve d\u00e9sorient\u00e9e dans tous les sens du terme, incapable de d\u00e9cider de son avenir et de voler de ses propres ailes en d\u00e9pit de ses r\u00eaves \u2026 C\u2019est d\u2019ailleurs \u00e0 la faveur d\u2019un r\u00eave la confrontant \u00e0 sa m\u00e8re d\u00e9funte que la jeune fille comprendra la n\u00e9cessit\u00e9, au risque de la chute, de trouver \u00ab les Ailes du courage \u00bb pour enfin se lancer\u2026 <br><strong>Le premier Prix revient \u00e0 la r\u00e9\u00e9criture engag\u00e9e \u00ab&nbsp;I-Car.e&nbsp;\u00bb<\/strong> qui totalise un tr\u00e8s beau score de 1159 points. Dans un futur tr\u00e8s proche, le fameux Skulemon lance le projet pharaonique de voitures ail\u00e9es \u00ab I-Car \u00bb au m\u00e9pris de toute pr\u00e9occupation \u00e9cologique et sociale. Apr\u00e8s les robots ce sont d\u00e9sormais des humains vuln\u00e9rables et jug\u00e9s inutiles qui serviront de cobayes au p\u00e9ril de leur vie pour assouvir les app\u00e9tits d\u00e9mesur\u00e9s de fortune et de gloire du concepteur. C\u2019est ainsi que le r\u00e9fugi\u00e9 irakien Talos est sacrifi\u00e9 : trop brillant, trop irakien, trop proche d\u2019Apollonia, la fille de Skulemon\u2026 Apollonia est bien celle qui comme Apollon purifie et gu\u00e9rit le monde ; or il s\u2019agit d\u2019un monde aux accents fascistes, captif de l\u2019hubris, celle de son p\u00e8re et celle de \u00ab l\u2019administration Trumpheus \u00bb. La jeune f\u00e9ministe hant\u00e9e par les visages de Talos et de tous ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00ab supprim\u00e9s \u00bb ram\u00e8ne beaut\u00e9, bont\u00e9 et humanit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 devenue barbare au prix de son sacrifice ultime. Celle qui meurt en plein vol \u00e0 bord d\u2019une voiture de son p\u00e8re devient une \u00ab \u00e9toile filante de la r\u00e9sistance \u00bb. Nouvelle Antigone, elle se dresse contre la figure paternelle et toutes les figures d\u2019autorit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 fasciste dans un acte de sabotage h\u00e9ro\u00efque. Ainsi la diffusion de son application \u00ab I-Care \u00bb qui d\u00e9nonce preuves \u00e0 l\u2019appui les crimes des milliardaires au pouvoir signe aussi son arr\u00eat de mort\u2026 Echos \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 et r\u00e9sonnances mythologiques se m\u00ealent dans une r\u00e9\u00e9criture qui sert aussi une r\u00e9flexion philosophique. Notre humanit\u00e9 est d\u00e9sormais face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s : \u00e0 elle de se lib\u00e9rer de son enfermement dans un \u00ab labyrinthe de soumission \u00bb. Sans aucun doute, l\u2019art et la litt\u00e9rature y contribuent et ce tr\u00e8s beau texte en est une illustration.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"309\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3733\" style=\"width:517px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2.png 806w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2-300x115.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2-768x294.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2-604x232.png 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><strong>Chez les lyc\u00e9ens<\/strong>, une r\u00e9\u00e9criture particuli\u00e8rement originale et plaisante arrive en troisi\u00e8me position avec 200 points : \u00ab Prise de bec \u00bb qui met en sc\u00e8ne Icare en \u00ab Jonathan Pigeon \u00bb. Le pigeonneau appara\u00eet \u00abun peu rat\u00e9 \u00bb comme le r\u00e9p\u00e8te la comm\u00e8re \u00ab Agatha Pie \u00bb : il pourrait par sa balourdise finir comme \u00able fameux cousin Jonathus, qui avait achev\u00e9 sa vie dans une assiette de porcelaine, entour\u00e9 de petits pois\u00bb. Or cette inadaptation nourrit un orgueil qui grandit en m\u00eame temps que lui : le voil\u00e0 qui se r\u00eave au-dessus de la m\u00eal\u00e9e de tous les volatiles, sur un nid de nuages&#8230; Un nid r\u00eav\u00e9 aux antipodes du nid bien r\u00e9el devenu trop \u00e9troit pour \u00ab lui et son orgueil \u00bb et qu\u2019il faut en plus partager avec les Jonathor, Jonathim, Jonatha et autres Jonathas, ses fr\u00e8res et s\u0153urs si ordinaires. Le jour venu, l\u2019ingrat avide de gloire quitte sans un regard ses \u00ab pauvres parents \u00bb et se confronte alors \u00e0 l\u2019inconsistance de son r\u00eave, nuage qu\u2019il ne fait que traverser quand il voudrait s\u2019y reposer, \u00e0 l\u2019image de ces r\u00eaves chim\u00e9riques qui perdent ceux qui s\u2019y adonnent. Bient\u00f4t a lieu la collision fatale avec le r\u00e9el : c\u2019est \u00ab un immense oiseau m\u00e9tallique \u00bb qui l\u2019aspire dans l\u2019une de ses turbines. la nouvelle s\u2019ach\u00e8ve avec le mot \u00ab Douleur \u00bb. Isol\u00e9 dans une derni\u00e8re phrase, il invite \u00e0 discerner sous l\u2019apparente l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019apologue et \u00e0 travers les \u00e9chos au mythe d\u2019Icare la m\u00e9taphore du d\u00e9sir humain \u00e9perdu d\u2019absolu, de gloire et de reconnaissance universelle ; la \u00ab douleur \u00bb est bien \u00e0 la fois la source et la cons\u00e9quence de ce d\u00e9sir inextinguible. <br><br>\u00ab&nbsp;\u4f0a\u5361\u6d1b\u65af &#8211; Yikaluosi \u00bb est une fresque \u00e9pique qui nous transporte dans la Chine du XXe si\u00e8cle : elle obtient une belle deuxi\u00e8me place avec 209 points. Le h\u00e9ros \u00e9ponyme est le fils de Daidaluosi, ancien guerrier tourment\u00e9 exil\u00e9 dans \u00ab une cabane perdue dans la for\u00eat de Qinshai \u00bb. Ce dernier raconte son histoire \u00e0 Huilu le nomade, \u00e0 l\u2019\u00e9coute de celui qui donne \u00ab chair \u00bb \u00e0 la l\u00e9gende de son fils. Daidaluosi est une figure de D\u00e9dale dont l\u2019ambition est intelligemment d\u00e9nonc\u00e9e. N\u2019est-ce pas D\u00e9dale qui, dans le mythe, a rivalis\u00e9 avec les dieux, n\u2019est-ce pas lui qui, fou de jalousie, a pouss\u00e9 son neveu ing\u00e9nieux par-dessus les murs de l\u2019Acropole ? Dans cette nouvelle po\u00e9tique, est narr\u00e9e l\u2019\u00e9pop\u00e9e du p\u00e8re : un ambitieux issu d\u2019une famille modeste, un autodidacte passionn\u00e9 par l\u2019histoire. Jaloux de la promotion de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, il rompt avec sa famille et se rend \u00e0 la ville seul avec son fils, Yikaluosi, la m\u00e8re \u00e9tant morte peu apr\u00e8s sa naissance. Les livres lui offrent un tremplin vers les plus hautes fonctions gr\u00e2ce \u00e0 ses connaissances sur l\u2019art de la guerre et le voil\u00e0 promu pr\u00e9fet. Mais il devient impopulaire, le peuple se retourne contre son pouvoir autoritaire et il retombe plus bas que jamais, enferm\u00e9 dans la prison qu\u2019il avait lui-m\u00eame fait \u00e9difier dans une forme d\u2019ironie tragique ; son fils Yikaluosi pourtant pacifique est condamn\u00e9 avec lui \u00ab&nbsp;car dans la chute des plus grands, m\u00eame les ombres sont arrach\u00e9es \u00bb. L\u2019enfermement s\u2019av\u00e8re particuli\u00e8rement insupportable et les conditions de vie sont effroyables. Heureusement, ils parviennent \u00e0 s\u2019\u00e9vader, d\u00e9guis\u00e9s en officiers, cet uniforme qu\u2019avait endoss\u00e9 Daidaluosi avant de devenir pr\u00e9fet et qui sert d\u00e9sormais seulement de leurre pour tromper l\u2019ennemi. Mais Yikaluosi, digne fils de D\u00e9dale, refuse de se \u00ab fon[dre] dans les ombres \u00bb et d\u00e9sob\u00e9issant \u00e0 son p\u00e8re, il marche t\u00eate haute vers la porte d\u2019entr\u00e9e, vers la libert\u00e9, vers cette nature blanche et bleue baign\u00e9e de lumi\u00e8re au point que le voil\u00e0 aveugl\u00e9 : les balles des sentinelles l\u2019atteignent \u00e0 mort. Reste la beaut\u00e9 de la l\u00e9gende qui leur survit et qui nous parvient : Icare a conjur\u00e9 la mort, s\u2019\u00e9levant au-dessus du commun des mortels, m\u00eame la chute ne l\u2019a pas tu\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"623\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2-1024x623.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3766\" style=\"width:398px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2-1024x623.png 1024w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2-300x183.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2-768x467.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2-1536x935.png 1536w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2-444x270.png 444w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture-decran-2025-06-07-a-20.07.44-2.png 1788w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">La nouvelle la plus pl\u00e9biscit\u00e9e recueille 222 points. Il s\u2019agit d\u2019une \u00ab <strong>Trag\u00e9die<\/strong> \u00bb saisissante en cinq actes dont chacun nous rapproche de cette fin funeste qui explique le titre et qui est inscrite d\u00e8s le premier acte datant du 29 novembre 1962, soit la naissance du Concorde, dans une prolepse implacable : \u00ab dans quelques ann\u00e9es, cent-treize personnes, emport\u00e9es dans le ciel par cette soif inextinguible de toujours d\u00e9fier les dieux, en perdront la vie. \u00bb Les actes II, III et IV retranscrivent dans une gradation les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de l\u2019av\u00e8nement de ce \u00ab monstre de m\u00e9tal \u00bb. Comme Prom\u00e9th\u00e9e, les hommes se mesurent aux dieux dans un rythme haletant qui transcrit l\u2019exaltation de ces \u00ab D\u00e9dales du XXe si\u00e8cle \u00bb et qui culmine \u00e0 l\u2019acte IV : le d\u00e9collage est r\u00e9ussi, \u00ab D\u00e9dale, Icare, l\u2019Olympe tout entier n\u2019ont qu\u2019\u00e0 bien se tenir \u00bb. Plus dure sera la chute qui survient \u00ab un jour comme un autre \u00bb. Les phrases nominales qui se succ\u00e8dent en parataxe disent la brutalit\u00e9 de la sanction : \u00ab Une minute, vingt-huit secondes.\/ Explosion.\/ R\u00eave et h\u00f4tel bris\u00e9s.\/ Cent-treize morts\/ Fin du Concorde \u00bb. Comme dans la trag\u00e9die antique, les Dieux l\u2019ont emport\u00e9, les hommes qui \u00e9taient pourtant incit\u00e9s \u00e0 la prudence par le mythe d\u2019Icare \u00ab bien ancr\u00e9 dans la m\u00e9moire collective \u00bb n\u2019ont rien pu faire, le fatum antique \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Le coupable est donc bien \u00ab l\u2019Hybris \u00bb qui fait de l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re une incarnation de cet Icare qu\u2019elle conna\u00eet sans le reconna\u00eetre en elle.<\/p>\n\n\n\n<p>ill. (Ref :&nbsp;22323)&nbsp;\u00a9 RMN \/Ren\u00e9-Gabriel Oj\u00e9da (pour le labyrinthe utilis\u00e9 dans le visuel). <\/p>\n\n\n<ol class=\"wp-block-footnotes\"><li id=\"0f8d5ec5-d117-4df3-9661-b5e0e4c2b805\">\u00ab\u00a0Altius egit iter\u00a0\u00bb, Laudi, Gabriele d\u2019Annunzio.  <a href=\"#0f8d5ec5-d117-4df3-9661-b5e0e4c2b805-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 1\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"3e3f9b33-2809-4078-8f8e-c7db19be89b6\">\u00ab Que les terres et les ondes \/ me fassent obstacle, soit ! Mais le ciel reste ouvert. Nous irons par l\u00e0; \/ Minos peut bien ma\u00eetriser tout, il n&rsquo;est pas ma\u00eetre de l&rsquo;air. \u00bb Ovide, <em>M\u00e9tamorphoses<\/em><br> <a href=\"#3e3f9b33-2809-4078-8f8e-c7db19be89b6-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 2\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"a3f593cd-a2d3-4bdf-a358-1047588ac52f\">pour imiter les vrais oiseaux. <a href=\"#a3f593cd-a2d3-4bdf-a358-1047588ac52f-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 3\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"e52f2fda-d0de-4f95-b1cd-4dcceec1870e\">comme l\u2019oiseau qui pousse du nid sa tendre prog\u00e9niture. <a href=\"#e52f2fda-d0de-4f95-b1cd-4dcceec1870e-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 4\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><li id=\"70c2bd58-6532-4559-81ec-7e2607400b5b\">\u00ab\u00a0Libert\u00e9\u00a0\u00bb, P. Eluard <a href=\"#70c2bd58-6532-4559-81ec-7e2607400b5b-link\" aria-label=\"Aller \u00e0 la note de bas de page 5\">\u21a9\ufe0e<\/a><\/li><\/ol>\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Synth\u00e8se r\u00e9dig\u00e9e par Annabelle Presa, Nathalie Cullell et Tatiana Antolini-Dumas<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"806\" height=\"309\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3733\" style=\"width:443px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2.png 806w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2-300x115.png 300w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2-768x294.png 768w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Capture_d_ecran_2025-05-31_a_10.51.03-removebg-preview-2-604x232.png 604w\" sizes=\"auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>En guise de compl\u00e9ment, nous vous recommandons l\u2019article d\u2019\u00c8ve Guerra qui nous a aimablement autoris\u00e9s \u00e0 reproduire ici son texte. <br><br><strong>Icare ou l\u2019impers\u00e9v\u00e9rance<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>D\u2019ordinaire, le mythe d\u2019Icare \u00e9voque l\u2019hubris, la d\u00e9mesure qui s\u2019empare des hommes lorsque ceux-ci aspirent \u00e0 d\u00e9passer leur condition. On peut voir en Icare la figure du po\u00e8te, d\u00e9sireux d\u2019atteindre par la langue les cimes, avide de survivre \u00e0 sa propre mort, prouvant l\u2019axiome de Fernando Pessoa selon lequel \u00abla litt\u00e9rature est la preuve que la vie ne suffit pas.\u00bb Ainsi, la po\u00e9sie serait le lieu d\u2019un d\u00e9passement, la cr\u00e9ation d\u2019un monde mieux que la vie elle-m\u00eame, dont l\u2019\u00e9tymologie du mot \u00abm\u00e9taphore\u00bb, moyen par lequel il tente d\u2019atteindre la langue des anges, trahit son ambition&nbsp;:&nbsp;c\u2019est qu\u2019il y a dans l\u2019id\u00e9e m\u00eame de m\u00e9taphore ce d\u00e9sir inconscient d\u2019ailleurs&nbsp;:&nbsp;m\u00e9ta (\u03bc\u03b5\u03c4\u03ac), adverbe mais aussi pr\u00e9position, d\u00e9signe \u00abl\u2019apr\u00e8s\u00bb, \u00abl\u2019au-del\u00e0\u00bb. Rien d&rsquo;\u00e9tonnant \u00e0 ce que le geste d\u2019Icare ait \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme de la d\u00e9mesure et non comme un renoncement. Mais si l\u2019on revient au mythe, un \u00e9l\u00e9ment nous \u00e9claire bien&nbsp;:&nbsp;c\u2019est le labyrinthe lui-m\u00eame, qu\u2019Icare abandonne, lieu de pers\u00e9v\u00e9rance, qui contient en son centre le monstre et le secret. Ainsi, renon\u00e7ant \u00e0 trouver la sortie ou le centre du labyrinthe, Icare s\u2019abandonne lui-m\u00eame en oubliant sa qu\u00eate, et donc sa vocation. Le centre et la sortie ne d\u00e9signent pas tant le monstre que l\u2019accomplissement au terme d\u2019une longue pers\u00e9v\u00e9rance, lieu moins mat\u00e9riel que symbolique d\u00e9signant un cheminement \u00e0 la fois h\u00e9ro\u00efque et spirituel, qui nous r\u00e9v\u00e8le \u00e0 nous-m\u00eame.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Lire Magazine &#8211; novembre 2024<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c8ve Guerra est \u00e9crivain, professeur de lettres, de latin et de grec ancien. Son premier roman,<em> Rapatriement<\/em>, a re\u00e7u le Goncourt du premier roman en 2024. Elle est aussi l\u2019auteur d\u2019un recueil po\u00e9tique, <em>Corps profonds<\/em>, publi\u00e9 en 2022.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Oiseaux, lances lev\u00e9es \u00e0 toutes fronti\u00e8res de l\u2019homme&nbsp;!&nbsp;\u00bb Saint-John Perse, Oiseaux (1962) ______________ Nous avons le grand plaisir de f\u00e9liciter les brillants laur\u00e9ats de la 7e \u00e9dition du Prix de l\u2019AFPEAH : Le Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau Lyc\u00e9e (Jury adultes) est d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 Martin Descl\u00e8ves pour \u201cIllusions envol\u00e9es\u201d Le Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; Niveau Coll\u00e8ge (Jury adultes) est d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 \u00c9l\u00e9anor St\u00e9phan pour \u201cI-Car.e\u201d Le Prix Coup de c\u0153ur de l\u2019AFPEAH -Niveau Lyc\u00e9e (Jury de lyc\u00e9ens) est d\u00e9cern\u00e9 \u00e0&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2025\/06\/10\/icare-2025-resultats-du-prix-de-lafpeah\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3748,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":"[{\"content\":\"\u00ab\u00a0Altius egit iter\u00a0\u00bb, Laudi, Gabriele d\u2019Annunzio. \",\"id\":\"0f8d5ec5-d117-4df3-9661-b5e0e4c2b805\"},{\"content\":\"\u00ab Que les terres et les ondes \/ me fassent obstacle, soit ! 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