{"id":3445,"date":"2024-07-12T17:26:10","date_gmt":"2024-07-12T15:26:10","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=3445"},"modified":"2024-07-12T17:28:11","modified_gmt":"2024-07-12T15:28:11","slug":"le-sublime-ou-limportance-dadmirer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2024\/07\/12\/le-sublime-ou-limportance-dadmirer\/","title":{"rendered":"Le Sublime ou l\u2019importance d\u2019admirer"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>(Remise du Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; S\u00e9nat, 15 juin 2024)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je rassure tout de suite\u00a0: je ne vais \u00e9videmment pas me lancer dans l\u2019exploration de cette notion complexe, <em>le Sublime<\/em>, une notion \u00a0qui touche \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique, \u00e0 la rh\u00e9torique, mais qui transcende \u00a0largement ces cat\u00e9gories en touchant \u00e0 \u00a0l\u2019\u00e9thique, \u00a0et m\u00eame \u00e0 la philosophie\u00a0: une notion qui \u00a0r\u00e9siste \u00e0 la d\u00e9finition, m\u00eame si j\u2019en dirai quand m\u00eame quelques mots dans cette libre causerie. Mon souci, souci ici non d\u2019antiquisante &#8211; ce que je ne suis pas- mais de g\u00e9n\u00e9raliste, et surtout de professeur de lettres qui a enseign\u00e9 le fran\u00e7ais et sa litt\u00e9rature, est de r\u00e9agir, avec un peu d\u2019inqui\u00e9tude, devant un certain tournant pris par l\u2019enseignement des langues anciennes, devenues langues et culture de l\u2019Antiquit\u00e9, et de la litt\u00e9rature en g\u00e9n\u00e9ral, devenue <strong>un continent un peu \u00e9triqu\u00e9 du paysage \u00e9ducatif<\/strong>\u00a0: le risque que les \u00e9l\u00e8ves se voient proposer davantage des \u00ab\u00a0 objets d\u2019\u00e9tude\u00a0\u00bb, au lieu de <strong>la substance vive des textes, <\/strong>et donc le risque que \u00a0cong\u00e9 soit donn\u00e9 \u00e0 ce qu\u2019on appelait autrefois la f\u00e9conde critique des beaut\u00e9s. De fait, \u00a0la sp\u00e9cialisation et l\u2019anthropologisation des savoirs, dont l\u2019int\u00e9r\u00eat est naturellement pr\u00e9cieux, \u00a0\u00a0invitent \u00e0 plus de froideur, de distance dans le regard port\u00e9 sur les oeuvres. Il me semble que notre <em>ciel plomb\u00e9<\/em> pourrait avoir besoin, sans retomber dans l\u2019impressionnisme d\u2019autrefois, sans\u00a0 renoncer \u00e0 la contextualisation, \u00a0de renouer avec une conception un peu \u00a0plutarquienne de la culture, dont l\u2019h\u00e9ritage va de pair avec une certaine forme d\u2019admiration- dont Descartes avait fait une <em>passion<\/em>&#8211; et d\u2019enthousiasme devant les textes\u00a0; des vertus dont \u00a0Nietzsche, grand amateur de sublime, disait\u00a0 qu\u2019elles sont au moins aussi toniques que la vertu de contestation.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Je remercie vivement Tatiana Antolini-Dumas de me donner l\u2019occasion, dans le cadre de la c\u00e9l\u00e9bration, tout \u00e0 la fois \u00e9rudite et joyeuse,&nbsp; du prix de ce&nbsp; Concours de nouvelles autour de la belle, \u00e9ternellement jeune figure de P\u00e9n\u00e9lope, et devant, entre autres auditeurs, de nombreux \u00e9l\u00e8ves, d\u2019insister sur l\u2019importance dans l\u2019approche des \u0153uvres gr\u00e9co-latines ou modernes de l\u2019admiration, du bonheur d\u2019admirer, &nbsp;bonheur qui trouble, qui perturbe&nbsp;; et je voudrais le faire <strong><em>via<\/em> <\/strong>le Sublime, car<strong> le Sublime se fonde d\u2019abord sur ce sentiment d\u2019admiration&nbsp;qui &nbsp;s\u2019exerce \u00e0 la fois dans l\u2019ordre esth\u00e9tique, intellectuel, moral<\/strong>. Pour &nbsp;donner d\u2019entr\u00e9e de jeu un premier exemple, pleinement convaincant, je rappellerai ce passage du <em>Banquet<\/em>&nbsp;de Platon: il s\u2019agit du fameux \u00e9loge&nbsp; par Alcibiade de la puissance de &nbsp;parole de Socrate &nbsp;: quand &nbsp;j\u2019entends les discours de P\u00e9ricl\u00e8s, dit Alcibiade, &nbsp;je suis certes s\u00e9duit, bien s\u00fbr, &nbsp;mais Socrate, quand je l\u2019\u00e9coute, &nbsp;me fait une tout autre impression: \u00ab&nbsp;mon c\u0153ur bat plus fort &nbsp;que celui des Corybantes en d\u00e9lire&nbsp;\u00bb, &nbsp;et <em>\u00ab&nbsp;<\/em>ses paroles font couler mes larmes&nbsp;\u00bb. Surtout, poursuit Alcibiade, &nbsp;il me fait prendre conscience que je ne vis pas &nbsp; \u00e0 hauteur de ce que \u00ab&nbsp;je devrais d\u00e9sirer&nbsp;\u00bb&nbsp;; raison pour laquelle &#8211; poursuit-il- \u00ab&nbsp; il est le seul homme devant qui j\u2019ai honte&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0Alors, il ne s\u2019agit pas que la lecture des \u0153uvres produise des effets aussi spectaculaires, mais de souligner que certaines \u0153uvres sont susceptibles de \u00a0produire une exp\u00e9rience in\u00e9dite pleinement subjective, une exp\u00e9rience qui engage le sujet, auditeur ou lecteur, \u00a0avec un formidable passage de<em> l\u2019effet \u00e0 l\u2019affect<\/em>, qui, en m\u00eame \u00a0temps que l\u2019admiration, fait surgir le sentiment, la prise de conscience d\u2019un \u00e9cart entre son mode d\u2019existence et celui que semble proposer ou incarner le Sublime\u00a0; Alcibiade le dit avec\u00a0 un enthousiasme m\u00eal\u00e9 d\u2019amertume: la parole de Socrate est comme \u00a0un imp\u00e9ratif \u00e0 \u00a0vivre autrement. C\u2019est aussi une exp\u00e9rience \u00a0qui, alors m\u00eame qu\u2019elle est subjective, Alcibiade le dit dans le\u00a0 passage suivant, \u00a0est partageable, puisque \u00ab\u00a0 beaucoup d\u2019autres \u00e9prouvent les m\u00eames impressions\u00a0\u00bb, lesquelles sont donc universalisable, dans le temps. \u00a0Le <em>Trait\u00e9 du Sublime<\/em>\u00a0le dira d\u2019ailleurs clairement: \u00ab\u00a0une chose est v\u00e9ritablement sublime\u00a0 qui pla\u00eet toujours et \u00e0 tous les \u00e2ges\u00a0\u00bb\u00a0: une affirmation qui vaut presque, d\u00e9j\u00e0, comme une \u00a0d\u00e9finition du Classicisme\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/strong><strong>Quelques mots sur le <em>Peri hupsous<\/em>, le trait\u00e9 <em>Du Sublime<\/em> <\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce&nbsp; trait\u00e9 \u00e9crit en grec est attribu\u00e9 \u00e0 un rh\u00e9toricien &nbsp;inconnu, &nbsp;le&nbsp; \u00ab&nbsp;Pseudo-Longin&nbsp;; il est datable du 1<sup>er<\/sup> si\u00e8cle apr. J.-C. Son itin\u00e9raire reste assez \u00e9nigmatique&nbsp;; rest\u00e9 confidentiel pendant pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle, apr\u00e8s l\u2019\u00e9dition&nbsp; en grec de 1554, il &nbsp;est traduit par Boileau en 1674, &nbsp;le premier \u00e0 rendre le terme grec <em>hupsos<\/em> &nbsp;&#8211; qui est en haut- par \u00ab&nbsp;sublime&nbsp;\u00bb . C\u2019est lui qui&nbsp; invente le substantif sublime \u2013 du latin&nbsp; <em>sublimis<\/em> &#8211; pour le distinguer du style sublime \u2013 connu \u00e9videmment &nbsp;de la rh\u00e9torique latine.&nbsp; Le Sublime dit&nbsp; Boileau dans sa Pr\u00e9face,&nbsp; est &nbsp;\u00ab&nbsp;<strong>cet extraordinaire, &nbsp;ce merveilleux&nbsp; qui frappe dans le discours&nbsp; <em><u>et qui fait qu\u2019un ouvrage enl\u00e8ve, ravit, transporte<\/u><\/em>&nbsp;\u00bb. <\/strong>La post\u00e9rit\u00e9 du sublime dans la culture europ\u00e9enne, de Shakespeare \u00e0 Victor Hugo,&nbsp; est d\u00e8s lors assur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Pseudo-Longin \u00e9crivit \u00e0 Rome, peu apr\u00e8s Auguste donc. Son trait\u00e9 en forme de dialogue (il s\u2019adresse \u00e0 un \u00ab\u00a0 ami cher\u00a0\u00bb, probablement un\u00a0 Romain cultiv\u00e9 vers\u00e9 dans la <em>paideia<\/em> ) entendait s\u2019opposer \u00e0 un essai portant sur un sujet analogue mais qui donnait du sublime une d\u00e9finition plus froidement formaliste, d\u00e9bitrice d\u2019un atticisme conventionnel, tributaire de seules recettes rh\u00e9toriques. C\u2019est pourquoi, insiste le Pseudo-Longin, le sublime peut s\u2019accommoder de d\u00e9fauts ou de n\u00e9gligences. D\u2019ailleurs le trait\u00e9\u00a0 est illustr\u00e9 par des citations abondantes de fragments des chefs-d\u2019\u0153uvre les plus f\u00e9conds et les plus libres de la litt\u00e9rature grecque\u00a0; sans compter la r\u00e9f\u00e9rence constante au \u00ab\u00a0 divin\u00a0\u00bb Platon,\u00a0 et \u00e0 l\u2019\u00e9loquence de \u00ab\u00a0foudre\u00a0\u00bb pr\u00eat\u00e9e \u00e0 D\u00e9mosth\u00e8ne. En outre la citation du premier verset de la Gen\u00e8se, donn\u00e9 comme exemple de sublime, cr\u00e9e aussi une des premi\u00e8res convergences de la pens\u00e9e juive et chr\u00e9tienne avec la pens\u00e9e antique<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Quelques passages \u00e9clairants du Trait\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le\u00a0 paragraphe 4 du chapitre I sert de pr\u00e9face \u00e0 l\u2019ensemble. Il dit en substance\u00a0: la vocation du sublime n\u2019est pas de persuader, mais de frapper comme la foudre\u00a0; il doit cr\u00e9er un sentiment d\u2019\u00e9tonnement m\u00eal\u00e9 \u00e0 de la stupeur\u00a0: <em>\u00ab\u00a0 <\/em>Quand le sublime vient \u00e0 \u00e9clater o\u00f9 il faut, il renverse tout comme un foudre <em>dik\u00e8n sk\u00e8ptou\u00a0\u00bb\u00a0: <\/em>le sublime est de l\u2019ordre de l\u2019extraordinaire, de l\u2019inattendu, il est hors norme. Le but du Pseudo-Longin est de d\u00e9finir la force de frappe \u00e9motionnelle du concept, laquelle \u00e9mane tout \u00e0 la fois de la r\u00e9sonance d\u2019une grande \u00e2me-<em> to megalophu\u00e9s<\/em>&#8211; et d\u2019op\u00e9rations langagi\u00e8res qui font aller de pair \u00a0\u00ab\u00a0la lumi\u00e8re de la pens\u00e9e\u00a0\u00bb avec \u00a0le sommet du discours ( XXX, 1).<strong> \u00a0<\/strong>\u00a0Une d\u00e9finition, on le voit, \u00a0plus proche de la litt\u00e9rature\u00a0 que de la rh\u00e9torique aux yeux des Modernes.<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me passage, chapitre VII, 2, souligne davantage la capacit\u00e9 du sublime \u00e0 s\u2019inscrire dans un registre \u00e9thique, moral\u00a0: face au sublime \u00a0\u00ab\u00a0 notre \u00e2me\u00a0 s\u2019\u00e9l\u00e8ve , exulte, prend l\u2019essor, \u00a0elle est remplie \u00a0de joie et de \u00a0je ne sais quel noble orgueil, comme si c\u2019\u00e9tait elle qui e\u00fbt produit les choses qu\u2019elle vient d\u2019entendre\u00a0\u00bb. Le \u00a0sublime donc est contagieux, il oblige \u00e0 la participation\u00a0: \u00a0il doit donner \u00e0 penser, laisser une empreinte forte <em>ischua mn\u00e8m\u00e8<\/em>\u00a0: il\u00a0 comble \u00a0une exigence de d\u00e9passement , car \u00ab\u00a0la nature n\u2019a point regard\u00e9 l\u2019homme comme un animal de basse et vile condition (\u2026\u00a0) Elle l\u2019a mis en lice comme \u00a0un courageux athl\u00e8te qui ne doit respirer que la gloire\u00a0\u00bb. \u00a0Nous sommes comme \u00a0somm\u00e9s d\u2019\u00eatre \u00e0 la hauteur de cette d\u00e9finition, qui, outre la nature profond\u00e9ment agonistique \u00a0de l\u2019esprit grec, t\u00e9moigne <strong>d\u2019 <u>une foi en l\u2019exception humaine<\/u><\/strong>. On peut penser aux tr\u00e8s beaux vers d\u2019Ovide , dans le Livre I des \u00a0<em>M\u00e9tamorphoses<\/em>, o\u00f9 le po\u00e8te \u00e9voque la cr\u00e9ation de l\u2019homme par la divinit\u00e9\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Tandis que t\u00eate basse, tous les autres animaux tiennent leurs yeux attach\u00e9s sur la terre <em>, os homini sublime<\/em> <em>dedit<\/em> (\u00ab\u00a0il a donn\u00e9 \u00e0 l\u2019homme un visage qui \u00a0se dresse au-dessus\u00a0\u00bb, \u00a0\u00a0<em>caelumque\u00a0 videre \/ jussit et erectos\u00a0 ad sidera tollere vultus, <\/em>\u00ab\u00a0il lui a demand\u00e9<em> \u00a0<\/em>de lever ses regards vers le ciel\u00a0 et de les porter vers les astres\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Sublime au service de la transmission des grands textes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>Quelques remarques pour \u00e9clairer l\u2019importance<strong>, <\/strong><em>via<\/em> le sublime, d\u2019un rapport <em>\u00e9mu<\/em> aux textes litt\u00e9raires, surtout chez les jeunes \u00e9l\u00e8ves, car \u00a0les coups de c\u0153ur du sublime s\u2019adressent surtout \u00e0 la jeunesse\u00a0: le Sublime va bien \u00e0 la jeunesse\u2026 Aristote dans sa <em>Rh\u00e9torique<\/em> des passions, \u00e0 l\u2019occasion du parall\u00e8le qu\u2019il dresse de la jeunesse et de la vieillesse, \u00a0affirme que la jeunesse est\u00a0 spontan\u00e9ment dou\u00e9e pour la passion et la grandeur.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00a0Via<\/em> le Sublime, nous sommes, auditeurs et\/ou lecteurs invit\u00e9s \u00e0 nous identifier, \u00e0 entrer en phase avec\u00a0 des mod\u00e8les superlativement accomplis de l\u2019humain\u00a0; \u00a0d\u2019o\u00f9 l\u2019importance de l\u2019imitation &#8211; chapitre XI- qui nous met en contact avec \u00a0un Tribunal de grands mod\u00e8les\u00a0 propres \u00a0\u00e0 \u00a0\u00ab\u00a0 nourrir notre \u00a0\u00e2me au grand\u00a0\u00bb\u00a0( IX, 1,\u00a0 <em>tas psuchas anatrephein pros ta megeth\u00e8).<\/em> \u00a0Mais \u00a0\u2013 laissons de c\u00f4t\u00e9, faute de temps, \u00a0les questions, non n\u00e9gligeables, de technique, de m\u00e9thode, de figures, de \u00a0rh\u00e9torique \u2013 le Sublime a besoin d\u2019abord de grandes circonstances qui le mettent \u00e0 l\u2019\u00e9preuve\u00a0: ce que Baudelaire appelait \u00ab<em>\u00a0 la v\u00e9rit\u00e9 emphatique du geste dans les grandes circonstances de la vie<\/em>\u00a0\u00bb. Alors, po\u00e9sie lyrique, \u00e9pique, oratoire se rejoignent dans la production des effets, de l\u2019\u00e9motion communicative. Ce peut \u00eatre l\u2019amour\u00a0: au chapitre X, \u00a0\u00a0le Pseudo-Longin cite longuement \u00a0le \u00a0po\u00e8me de la po\u00e9tesse Sappho, <em>phainetai moi<\/em>, que nous connaissons gr\u00e2ce \u00e0 lui\u00a0: une <em>ode \u00e0 l\u2019aim\u00e9e<\/em> \u00a0&#8211; dont le trait\u00e9 est la seule source-\u00a0 qui dit les fureurs de l\u2019amour, ses exc\u00e8s, ses effets physiques\u00a0; l\u2019amour est une passion qui mobilise d\u2019autres passions\u00a0; l\u2019\u00e2me de ce sujet f\u00e9minin, \u00ab\u00a0 est un rendez- vous de toutes les passions\u00a0\u00bb\u00a0: elle \u00a0\u00a0g\u00e8le, \u00a0elle br\u00fble, elle \u00a0a le souffle coup\u00e9, \u00a0elle d\u00e9faille\u00a0; Racine s\u2019en souviendra\u00a0dans la sc\u00e8ne de l\u2019aveu de Ph\u00e8dre. Je pense aussi, cher Philippe Brunet, \u00a0\u00e0 vos remarques dans votre commentaire tr\u00e8s juste de ce po\u00e8me, dans <em>La naissance de la litt\u00e9rature dans la Gr\u00e8ce ancienne<\/em>\u00a0: il n\u2019y a pour autant aucune effusion sentimentale, ce po\u00e8me, loin d\u2019\u00eatre une confidence d\u2019ordre autobiographique, est peut- \u00eatre un po\u00e8me de circonstance, tributaire d\u2019un rituel d\u2019\u00e9nonciation. N\u00e9anmoins, il reste pour nous\u00a0 une formidable r\u00e9ussite, celle d\u2019une \u00a0<em>forme-sens<\/em> plastique et \u00e9motionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0La passion amoureuse, donc, et peut-\u00eatre et surtout <em>la passion de la libert\u00e9<\/em>, avec D\u00e9mosth\u00e8ne, et ses appels \u00e0 la r\u00e9sistance contre Philippe de Mac\u00e9doine\u00a0; le trait\u00e9 insiste sur la force de frappe tour \u00e0 tour v\u00e9h\u00e9mente et path\u00e9tique de ses appels, ce que Paul Ricoeur appelait\u00a0 \u00ab\u00a0le bondissement de la conscience indign\u00e9e\u00a0\u00bb\u00a0: le r\u00e9cit \u00a0de la prise d\u2019\u00c9lat\u00e9e en particulier est riche de ces effets\u00a0: \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9tait le soir\u00a0\u2026\u00a0 \u00bb: le<em> Discours sur la couronne\u00a0<\/em>est \u00a0l\u2019exemple parfait d\u2019un sublime qui s\u2019adresse \u00e0 un nous collectif. Le sublime, \u00a0c\u2019est aussi \u00a0la r\u00e9sistance \u00e0 la tyrannie au nom de hautes valeurs, qui ne transigent pas\u00a0: l\u2019<em>Antigone<\/em> de Sophocle, bien s\u00fbr\u00a0: que le h\u00e9ros grec \u00a0ne pense pas dans sa t\u00eate comme nous, que sa <em>psuch\u00e8<\/em> ne recouvre pas la n\u00f4tre, n\u2019emp\u00eache nullement d\u2019\u00eatre boulevers\u00e9, d\u2019hier \u00e0 aujourd\u2019hui, par\u00a0\u00ab\u00a0l\u2019immortelle \u00e9vidence d\u2019Antigone\u00a0\u00bb qui bouleverse le Malraux des <em>Voix du silence<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Le grondement de la foudre antique orchestre sans la couvrir l\u2019immortelle \u00e9vidence d\u2019Antigone\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0Je ne suis pas n\u00e9e pour partager la haine, je suis n\u00e9e pour partager l\u2019amour\u00a0\u00bb\u00a0: \u00a0c\u2019est-\u00e0-dire par ce d\u00e9j\u00e0 \u00ab\u00a0au-del\u00e0 de la politique\u00a0\u00bb qui faisait dire \u00e0 Louis Gernet, le p\u00e8re de l\u2019anthropologie de la Gr\u00e8ce ancienne, \u00ab\u00a0Quand la petite Antigone a parl\u00e9, tout le r\u00e9alisme des rois de Th\u00e8bes ne p\u00e8se pas bien lourd<strong>\u00a0\u00bb\u2026\u00a0<\/strong> On peut penser aussi, plus pr\u00e8s de nous, \u00e0 \u00a0la parole vive du jeune La Bo\u00e9tie, dans son<em> \u00a0Discours de la servitude<\/em> <em>Volontaire<\/em>, riche d\u2019une rh\u00e9torique de vitup\u00e9ration\u00a0 qui nous fait honte d\u2019avoir l\u2019esprit rampant, honte de nous\u00a0\u00a0accoutumer \u00e0 l\u2019impensable, l\u2019ob\u00e9issance\u00a0; ou encore au <em>Sunt lacrimae rerum<\/em> de Virgile, ces \u00ab\u00a0larmes des choses\u00a0\u00bb,\u00a0 d\u2019o\u00f9 Madame de Sta\u00ebl voyait sourdre toute la m\u00e9lancolie de la po\u00e9sie moderne, formidable d\u00e9fi toujours renouvel\u00e9 pour le traducteur en ce troisi\u00e8me mill\u00e9naire\u00a0; ou encore les paroles d\u2019En\u00e9e \u00e0 \u00a0son fils Anchise\u00a0: \u00ab\u00a0 Apprends de moi le labeur et le courage, <em>ex aliis fortunam\u00a0:\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0d\u2019autres t\u2019enseigneront le bonheur<em>\u00a0\u00bb \u2026 <\/em>\u00a0Ou encore \u00a0les <em>Sanglots\u00a0 d\u2019Ulysse<\/em>, pour Marc Fumaroli, la sc\u00e8ne primitive du r\u00e9cit litt\u00e9raire, du <em>de te fabula narratur<\/em>\u00a0: \u00a0Ulysse, chez les Ph\u00e9aciens, \u00a0pleure\u00a0 au\u00a0 r\u00e9cit de la Guerre de Troie\u00a0 chant\u00e9e par l\u2019a\u00e8de D\u00e9modocos. Ce faisant, la t\u00eate cach\u00e9e dans son \u00e9charpe rouge, \u00a0il pleure en \u00e9coutant le r\u00e9cit de ses propres malheurs.\u00a0Car le Sublime ne se conjugue pas seulement avec la force\u00a0: le path\u00e9tique, bien s\u00fbr, \u00a0\u00a0va bien au sublime \u2013 m\u00eame si le Pseudo- Longin avoue sa pr\u00e9f\u00e9rence \u00a0pour <em>l\u2019Iliade<\/em>\u00a0; mais, de fait il y a dans l\u2019Iliade, \u00a0tout le spectre des \u00e9motions\u00a0: les sanglots, la tendresse, la piti\u00e9 \u2013 Priam aux genoux d\u2019Achille- \u00a0et le monstrueux\u00a0: la col\u00e8re d\u2019Achille.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Quand le sublime touche au&nbsp; monstrueux, ou au &nbsp;<em>deinos<\/em>, au terrible, il &nbsp;se signale tout particuli\u00e8rement par son impact th\u00e9\u00e2tral&nbsp;: Boileau cite dans sa Pr\u00e9face le \u00ab&nbsp;Qu\u2019il mour\u00fbt&nbsp;\u00bb du vieil Horace de la pi\u00e8ce de Corneille. On peut penser aussi \u00e0 la monstruosit\u00e9 \u00ab&nbsp;superbe&nbsp;\u00bb de Rodogune, de M\u00e9d\u00e9e, une forme de sublime qui a besoin d\u2019un public subjugu\u00e9, voire terrifi\u00e9. Diderot y sera tr\u00e8s sensible&nbsp;quand il parlera &nbsp;de la po\u00e9sie qui veut &nbsp;\u00ab&nbsp;quelque chose &nbsp;d\u2019\u00e9norme, de barbare, de sauvage&nbsp;\u00bb&nbsp;; d\u2019ailleurs dans <em>&nbsp;Le Neveu de Rameau&nbsp;<\/em>, il confesse , par l\u2019interm\u00e9diaire du Neveu, &nbsp;une certaine forme d\u2019admiration &nbsp;pour le g\u00e9nie du mal&nbsp;; il n\u2019emp\u00eache, se pla\u00eet-il \u00e0 dire par ailleurs, &nbsp;le spectacle de la vertu,&nbsp; rien ne lui est sup\u00e9rieur, pas m\u00eame celui du vice&nbsp;: c\u2019est lui &nbsp;qui d\u00e9croche la palme du sublime&nbsp;: par exemple le sublime de Corneille avec la cl\u00e9mence d\u2019Auguste&nbsp; (<em>Cinna<\/em>)&nbsp;: source de sublime, cette conversion inattendue chez ce Prince, &nbsp;du mal en bien, dont l\u2019effet est proprement &nbsp;contagieux, ascensionnel. Sublime, \u00e9galement, dans \u00ab&nbsp;L\u2019histoire de Mme de la Pommeraye&nbsp;\u00bb ( <em>Jacques le Fataliste<\/em>&nbsp;) le pardon inattendu, bouleversant&nbsp; du marquis&nbsp; des Arcis \u00e0 son \u00e9pouse&nbsp;: c\u2019est une forme heureuse, particuli\u00e8rement enthousiasmante &nbsp;de sublime&nbsp;: de l\u2019ordre de l\u2019inattendu, du <em>paradoxon<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Anticipant sur le mot de Pascal, \u00ab&nbsp;la v\u00e9ritable \u00e9loquence se moque de l\u2019\u00e9loquence&nbsp;\u00bb, le&nbsp; Pseudo Longin rejette deux d\u00e9fauts : la bouffissure, l\u2019enflure, surtout&nbsp; quand elles sont mal \u00e0 propos, &nbsp;et le joli, le mi\u00e8vre, qualifi\u00e9s de \u00ab&nbsp;pu\u00e9rilit\u00e9 d\u2019\u00e9colier&nbsp;\u00bb. En revanche, comme le sublime est ponctuel, &nbsp;il peut se loger dans une phrase \u2013celle d\u2019un personnage, car \u00ab&nbsp; c\u2019est aux grands hommes qu\u2019il \u00e9chappe de dire des choses extraordinaires&nbsp;\u00bb, des mots &nbsp;qui t\u00e9moignent de l\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 d\u2019un dire et &nbsp;d\u2019un vivre ( <em>talis oratio, talis vita<\/em>)&nbsp;: le Pseudo \u2013Longin se pla\u00eet \u00e0 rappeler la superbe, \u00e9crasante r\u00e9ponse d\u2019Alexandre au conseil \u00ab&nbsp;rampant&nbsp;\u00bb que lui donne Parm\u00e9nion&nbsp;d\u2019accepter les &nbsp;offres du roi de &nbsp;Perse, Darius. Et d\u2019ajouter \u00ab&nbsp; si j\u2019\u00e9tais Alexandre, je les accepterais&nbsp;\u00bb&nbsp;; et&nbsp; Alexandre &nbsp;de r\u00e9pliquer \u00ab&nbsp; et moi aussi, si j\u2019\u00e9tais Parm\u00e9nion\u00bb\u2026&nbsp; Sublime <em>sententia<\/em> que ce slogan du <em>Second Manifeste du Surr\u00e9alisme<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp; Il faut que l\u2019homme passe avec armes et bagages du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019homme&nbsp;\u00bb, dont on n\u2019a pas assez soulign\u00e9 les accents&nbsp; agressifs, audacieux, dans le sillage de l\u2019Humanisme \u00e9rasmien&nbsp;: \u00ab&nbsp;On ne na\u00eet pas homme, on le devient&nbsp;\u00bb. Le Sublime peut m\u00eame se nicher dans un silence, celui d\u2019Ajax, dans la<em> Nekuia <\/em>de l\u2019<em>Odyss\u00e9e<\/em>, quand il &nbsp;refuse de r\u00e9pondre \u00e0 Ulysse, silence dont le Pseudo-Longin dit qu\u2019il&nbsp; comporte&nbsp;\u00ab&nbsp;Je ne sais quoi de plus grand que tout ce qu\u2019il aurait pu dire&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est, \u00e0 mon sens, \u00e0 \u00a0l\u2019\u00e9cole que doit revenir la charge de faire lire et commenter\u00a0ces textes\u00a0 qui\u00a0\u00ab\u00a0 nourrissent notre \u00e2me \u00a0au grand\u00a0\u00bb, \u00a0qui exaltent non tant le d\u00e9sir\u00e9 que le d\u00e9sirable, et qui sont comme les noms de victoire de la litt\u00e9rature, laquelle, disait Gracq, ne devrait comporter que des noms de victoire\u00a0&#8230;\u00a0\u00a0 Il\u00a0 ne faut pas\u00a0 que les usages sociaux, anthropologiques\u00a0 de la culture prennent le pas sur son sens pleinement humaniste, litt\u00e9raire\u00a0: il faut sans cesse renouer avec l\u2019architecture primitive de ces \u0153uvres qui font se rejoindre les chemins du savoir et de la beaut\u00e9, afin \u00a0qu\u2019elles \u00a0restent \u00a0<em>\u00ab\u00a0paroles ains de vent mais de chair et d\u2019os\u00a0\u00bb,<\/em> comme nous y invite \u00a0Montaigne, dans sa lecture \u00ab\u00a0 Sur des vers de Virgile\u00a0\u00bb. \u00a0Cette \u00a0litt\u00e9rature, ancienne et\/ou moderne,\u00a0 dont le\u00a0 \u00ab\u00a0Haut Dire\u00a0\u00bb suscite \u00e9motion et ravissement,\u00a0 \u00a0son enseignement a besoin de passeurs \u00e9rudits, enthousiastes et convaincus\u00a0; encore faut-il que l\u2019Institution pr\u00e9serve les garanties de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces textes dans les meilleures conditions, \u00a0sinon,\u00a0 il nous \u00a0faudra partager le <em>J\u2019accuse<\/em> culturel de Ren\u00e9 Char dans <em>La Biblioth\u00e8que est en feu<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Leur crime\u00a0: un enrag\u00e9 vouloir de nous apprendre \u00e0 m\u00e9priser les dieux que nous avons en nous<\/strong>\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u00e9cilia Suzzoni\u00a0 \u00a0<\/strong><br>_________________<br><br>Si vous le souhaitez, vous pouvez \u00e9galement \u00e9couter la communication sur la cha\u00eene YouTube de l\u2019AFPEAH :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"C\u00e9cilia Suzzoni, &quot;R\u00e9flexions sur le Sublime : de l&#039;importance d&#039;admirer&quot;\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/rfbI3C1CSPE?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><br> <\/p>\n\n\n\n<p><br><br>______________<br><br><strong>C\u00e9cilia Suzzoni, Professeure honoraire de chaire sup\u00e9rieure au Lyc\u00e9e Henri IV, est la fondatrice et la pr\u00e9sidente d&rsquo;honneur de l&rsquo;Association le latin dans les litt\u00e9ratures europ\u00e9ennes (ALLE). Elle a notamment dirig\u00e9, avec Hubert Aupetit, l&rsquo;ouvrage\u00a0<em>Sans le latin\u00a0<\/em>(Fayard, 2012). <br><\/strong><br>Vous pourrez lire ou visionner certaines de ses conf\u00e9rences sur le site et sur la cha\u00eene de notre association : <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Colloque 25\/03\/2017 : C\u00e9cilia Suzzoni\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/soWfKklSMGY?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"C\u00e9cilia Suzzoni, &quot;Lire le Temps avec les Anciens&quot;, Colloque de l&#039;AFPEAH du 12 octobre 2019\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/ytXu78ZaEUw?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(Remise du Prix de l\u2019AFPEAH &#8211; S\u00e9nat, 15 juin 2024) Je rassure tout de suite\u00a0: je ne vais \u00e9videmment pas me lancer dans l\u2019exploration de cette notion complexe, le Sublime, une notion \u00a0qui touche \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique, \u00e0 la rh\u00e9torique, mais qui transcende \u00a0largement ces cat\u00e9gories en touchant \u00e0 \u00a0l\u2019\u00e9thique, \u00a0et m\u00eame \u00e0 la philosophie\u00a0: une notion qui \u00a0r\u00e9siste \u00e0 la d\u00e9finition, m\u00eame si j\u2019en dirai quand m\u00eame quelques mots dans cette libre causerie. Mon souci, souci ici non d\u2019antiquisante &#8211;&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2024\/07\/12\/le-sublime-ou-limportance-dadmirer\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3446,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,6,9],"tags":[49,194,216],"class_list":["post-3445","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-langues-anciennes","category-recommandations","tag-litterature","tag-penelope","tag-sublime"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3445","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3445"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3445\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3447,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3445\/revisions\/3447"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3446"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3445"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3445"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3445"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}