{"id":3347,"date":"2024-06-12T19:49:34","date_gmt":"2024-06-12T17:49:34","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=3347"},"modified":"2024-06-13T00:37:59","modified_gmt":"2024-06-12T22:37:59","slug":"prix-de-lafpeah-prix-coup-de-coeur-lycee-penelope-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2024\/06\/12\/prix-de-lafpeah-prix-coup-de-coeur-lycee-penelope-2024\/","title":{"rendered":"Prix de l\u2019Afpeah (Lyc\u00e9e) &amp; Prix Coup de Coeur (Lyc\u00e9e) &#8211; 2024"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:32px\"><strong>\u00ab\u00a0Lettres \u00e0 un exil\u00e9\u00a0\u00bb<\/strong>, <br>une nouvelle \u00e9crite par <br>Clara Godard<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\" style=\"font-size:23px\">___________<br>Professeur r\u00e9f\u00e9rent : Sandra Larribe<br>Lyc\u00e9e Paul Rey &#8211; Nay<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\"><em><strong>Odysseus mon amour,<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Je dois t\u2019\u00e9crire car j\u2019esp\u00e8re que tous ces mots trac\u00e9s \u00e0 la suite les uns des autres arriveront jusqu\u2019\u00e0 toi bien que je les confie \u00e0 la mer. Il y a deux choses qui sont l\u00e0, inlassablement dans le quotidien de mes jours\u00a0: mon m\u00e9tier \u00e0 tisser et la mer. Je tisse dans une pi\u00e8ce dont les fen\u00eatres surplombent l\u2019immensit\u00e9 ionienne, elle y est tous les jours aussi fid\u00e8lement que je suis l\u00e0 \u00e0 tisser. Je confectionne un suaire, Odysseus. J\u2019ai pris les fils les plus fins de Gr\u00e8ce, ceux qui coulent entre mes doigts, ceux qui ont la douceur des cheveux d\u2019H\u00e9ra, l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 d\u2019un fil d\u2019araign\u00e9e et la r\u00e9sistance du cuir. Mais sais-tu seulement comment je les fais\u00a0? Non, bien s\u00fbr que non, tu es un homme, tu es un guerrier, tu es Ulysse, les suaires ne te pr\u00e9occupent pas. La nuit, je coule mes doigts entre les mailles du suaire, Odysseus. Je saccage des heures de travail minutieux pour toi dont je doute du retour. Je cr\u00e9e des jours entiers avec ce fil, j\u2019\u0153uvre \u00e0 ma survie. Tout le jour, les <em>talasiourgoi<\/em> filent la laine, elles la tordent ensemble de leurs vieilles mains, si tu entendais le bruit qu\u2019elles font\u00a0! Je les observe, assise au m\u00e9tier. Elles cardent et c\u2019est comme fabriquer un nuage. Avant de me la donner, elles la peignent. Une fois cela termin\u00e9, la plus vieille, tremblotante, support\u00e9e par ses deux s\u0153urs me l\u2019am\u00e8ne. Ce sont les Moires qui m\u2019aident \u00e0 ne jamais finir cet ouvrage\u00a0! Je fabrique du temps et dois sans cesse le renouveler. J\u2019ai le c\u0153ur endurant et les doigts agiles.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">\u00a0Je les entends piaffer en bas, tous ces hommes, leur cour est si pressante que je me retiens de courir loin vers la mer, vers toi. Mais je ne peux pas Odysseus, ils tueraient notre fils, ils tueraient ton p\u00e8re et le tr\u00f4ne serait vide. T\u00e9l\u00e9maque est l\u00e0. Il va bien et ordonne\u2026 L\u2019 autorit\u00e9 d\u2019une m\u00e8re ne vaut plus rien lorsque son fils, surtout lorsqu\u2019il est un prince, la conteste. Il te ressemble dans ta prime jeunesse, la parole sournoise, le glaive s\u00fbr. Rassure-toi, il ne pose pas de questions sur son p\u00e8re, tu es mort \u00e0 ses yeux. Au moins, lui est proche. Toi, tu es loin. Lui est jeune, que tu dois \u00eatre vieux maintenant\u00a0!<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Je t\u2019esp\u00e8re, j\u2019h\u00e9site, finir le suaire ou le d\u00e9m\u00ealer \u00e0 l\u2019infini&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">P\u00e9n\u00e9lope.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\"><br><em><strong>Odysseus<\/strong><\/em>,<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Il faut sauver le palais, me dit La\u00ebrte. Le palais n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre sauv\u00e9, je r\u00e9ponds. Il me dit \u00ab\u00a0Le palais a besoin d\u2019un homme\u00a0\u00bb. Ce n\u2019est pas le palais qui a besoin d\u2019un homme, c\u2019est moi. Dix-neuf ans et douze jours que tu es parti, j\u2019en tiens le compte exact. Cela te surprend-il\u00a0? Je retiens tout. Les noms des fleurs. Tes tactiques militaires. Les sourires de ton fils. Je suis intelligente. Je suis ta femme apr\u00e8s tout. Tu n\u2019aurais pas choisi une femme stupide, ton instinct te pousse vers les beaux esprits. Mais ce que tu ne sais pas et que moi je sais, c\u2019est que je suis tout aussi intelligente que toi. Et m\u00eame plus.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">\u00a0Il serait pr\u00e9f\u00e9rable que tu sois mort. Cela m\u2019\u00e9tonne d\u2019ailleurs que tu ne le sois pas d\u00e9j\u00e0, tu es si fragile. Je le sais parce que tu ne supportes pas l\u2019id\u00e9e de l\u2019\u00eatre. Tu pleurerais s\u00fbrement en voyant Argos. Ton chien est pr\u00eat \u00e0 mourir, il ne le peut pas puisqu\u2019il t\u2019attend.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Profite du voyage, Ulysse, profite du vin et des femmes, profite de la libert\u00e9 que t\u2019offre cette guerre loin de l\u2019aride Ithaque. Moi je r\u00e8gne, cela me convient. Plus de dix ans que la guerre est finie\u2026 Que fais-tu\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Il faut tout de m\u00eame bien aimer se taper dessus pour faire la guerre sous un pr\u00e9texte aussi ridicule. Crois-tu qu\u2019H\u00e9l\u00e8ne ait \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9e contre son gr\u00e9\u00a0? Je la connais mieux que toi. Mieux que son mari. Crois-moi, mon aim\u00e9, vous avez pris les armes pour des amants. Cette guerre \u00e9tait une affaire de femmes. Femmes auxquelles vous ne comprenez d\u00e9cid\u00e9ment rien. C\u2019est pour cela que vous prenez vos lames. Parce que vous connaissez la valeur de votre bien.\u00a0 J\u2019ai eu si peur pour toi. Je m\u2019\u00e9tais fait une promesse avant de t\u2019\u00e9pouser. Si je dois prendre le chaud, la mer, le froid, la guerre, l\u2019effroi, je les prendrai. Je les ai pris. \u00a0Souvent je pense au jour o\u00f9 tu reviendras. Ce jour est factice, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il n\u2019est pas vain. Je t\u2019\u00e9cris et les rapaces ont de nouveau envahi le palais. Je fouille des yeux la mer, je hurle ton nom. Je suis furieuse, je sais que tu m\u2019aimes et quelquefois c\u2019est r\u00e9ciproque.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\"><strong><em>Odysseus<\/em><\/strong>,<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">N\u2019importe, tu reviendras. Je le sais. Je t\u2019attends. C\u2019est difficile pour moi tu sais. J\u2019ai souffl\u00e9 la bougie, j\u2019ai fini de d\u00e9m\u00ealer les fils pr\u00eats \u00e0 \u00eatre renou\u00e9s. J\u2019ai stopp\u00e9 toute lumi\u00e8re et les \u00e9toiles n\u2019osent pas sortir. Il n\u2019y a que le grondement sourd des vagues contre les rochers. Si tu reviens cette nuit, il n\u2019y aura aucune lumi\u00e8re pour te guider. J\u2019ai peur que le bateau ne chavire et que tu ne te noies. Ils te plaignent tes sujets\u00a0; comme cela doit \u00eatre difficile et inhumain d\u2019\u00eatre arrach\u00e9 de ta terre et de ta famille. Tu es parti de ton plein gr\u00e9, souviens-t\u2019en. <br>Et moi\u00a0? C\u2019est moins difficile\u00a0? Moins inhumain\u00a0? D\u2019\u00eatre l\u00e0, seule dans ces grandes salles vides et ces arpents de terre sans jamais v\u00e9ritablement les gouverner\u00a0? Le ma\u00eetre s\u2019est absent\u00e9, la femme dirige mais cela ne fait pas d\u2019elle une ma\u00eetresse. Tu as trouv\u00e9 une autre habitation sur les mers, je t\u2019envie. Tu n\u2019as pas \u00e0 d\u00e9fendre la tienne contre l\u2019insistance d\u2019une foule de princes avides.\u00a0 Mes espoirs se fanent \u00e0 mesure que s\u2019\u00e9tend le suaire. Ton p\u00e8re me dit que nous rattraperons le temps une fois que tu seras rentr\u00e9. S\u2019il y a bien une notion que La\u00ebrte ne poss\u00e8de pas, c\u2019est celle du temps. Le temps perdu ne se rattrapera jamais. Plut\u00f4t que de verser une larme au monde, j\u2019aime autant continuer \u00e0 tisser.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\"><strong><em>Odysseus<\/em><\/strong>,<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Ma nuit est longue, longue, longue. Il me semble qu\u2019elle n\u2019aura aucune fin. Les \u00e9toiles sont mortes et p\u00e8sent sur ma poitrine. Pour toi, j\u2019ai gard\u00e9 la porte de la chambre ouverte. Entre je t\u2019en prie, prends-en la peine, la fin de ma nuit est incertaine. C\u2019est la laine qui m\u2019\u00e9touffe et les trois petites vieilles chuchotent dans mes cauchemars. Je cherche ta trace dans le lit mais le vide froid me jette encore plus dans ton absence. La nuit est cruelle pour ceux qui attendent.\u00a0J\u2019esp\u00e8re ton souffle, j\u2019esp\u00e8re tes mains, tes yeux, ta peau, tes mots. Je n\u2019en dis pas plus ce serait irr\u00e9v\u00e9rencieux. Mon c\u0153ur est massacr\u00e9. J\u2019ai plus besoin de toi que tu n\u2019as besoin de moi. Cette \u00e9vidence m\u2019accable, me rappelle que je ne peux te concevoir ailleurs qu\u2019ici, autre part que dans mes bras, autre part qu\u2019\u00e0 Ithaque encore moins entre d\u2019autres bras qui ne savent pas \u00e0 quel rythme ton c\u0153ur bat. <br>Moi je sais, alors pourquoi n\u2019es-tu pas l\u00e0 avec moi\u00a0? O\u00f9 es-tu Odysseus\u00a0? Mes lettres, navires de papier, t\u2019ont bien trouv\u00e9, t\u00e9n\u00e9breux \u00e9poux\u00a0que j\u2019aime ? A-t-il bien navigu\u00e9 mon amour ? C\u2019est impossible que tu ne sois pas l\u00e0, cela fait trop longtemps.\u00a0 Je me souviens, nos noces avaient ce go\u00fbt amer, la peine qui \u00e9charde le c\u0153ur, taillade les veines. Il fallait que tu partes. Me voil\u00e0 seule avec T\u00e9l\u00e9maque, gar\u00e7on peu loquace et irascible. Je n\u2019arrive plus \u00e0 raisonner sous cette nuit de plomb, tout est d\u00e9sordre labyrinthique dans ma t\u00eate, o\u00f9 est la sortie Odysseus\u00a0? La chaleur colle \u00e0 mes tempes des m\u00e8ches de cheveux, et les formes vides du drap, sans ton souffle, tes yeux, tes mots\u2026 c\u2019est impossible que tu ne sois pas l\u00e0. Il est nuit pleine, je suis folle de t\u2019attendre et je pleure sous les draps pour ne pas r\u00e9veiller les t\u00e9n\u00e8bres.\u00a0Tu me manques, ton absence a une consistance affreuse. Reviens je t\u2019en prie, il n\u2019y a pas que la nuit que je redoute, le jour aussi, j\u2019en ai peur.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Odysseus, il m\u2019arrive de t\u2019imaginer encore l\u00e0-bas. A Troie. Et suivant le rythme de ta lame. Tu transperces les corps ennemis. Et le sang se r\u00e9pandant sur le sol de la terre inf\u00e2me. Ils s\u2019\u00e9croulent, chutent, sans m\u00eame un cri. Troie, les hautes forteresses de la citadelle, indiff\u00e9rentes \u00e0 l\u2019immonde carnage, peu importe la vie choisie, sage ou rebelle, on finit notre existence dans une mare de sang \u00e0 la nage. Bien s\u00fbr, je ne sais pas si c\u2019\u00e9tait comme cela. Mais je pleure pour ceux que tu as tu\u00e9s. La vie est rude sous le ciel des dieux. Moi, je connais bien Troie. Je suis assi\u00e9g\u00e9e de toutes parts. Mais je n\u2019ai aucun \u00a0guerrier pour me d\u00e9fendre, notre fils est jeune encore et ton p\u00e8re un vieillard.\u00a0 Je fais tout ce que je peux, ce n\u2019est jamais suffisant.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\"><em><strong>Odysseus<\/strong><\/em>,<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Un bon marin est un marin qui sait que la mer ne lui appartient pas mais qu\u2019elle fait partie de lui. Enfant, j\u2019observais mon p\u00e8re servir ce discours aux soldats partant guerroyer sur les flots. Ton p\u00e8re t\u2019a-t-il tenu les m\u00eames paroles avant de partir\u00a0? Il ne parle pas. Je t\u2019ai dit dans ma lettre pr\u00e9c\u00e9dente qu\u2019il serait pr\u00e9f\u00e9rable que tu meures. Si toi tu ne meurs pas, il faudra que ce soit moi. Apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es nous ne r\u00e9ussirons jamais plus \u00e0 accomplir quoi que ce soit entre nous deux. J\u2019ai trop pris go\u00fbt au pouvoir. C\u2019est une dr\u00f4le de sensation que de te tenir ce discours, comme si je me noyais. Tu es un bon marin, va\u00a0! d\u00e9couvre\u00a0! La mer tout enti\u00e8re nous contiendra toujours, toi, moi, les autres jusqu\u2019\u00e0 l\u2019horizon ultime. J\u2019aurais pu continuer \u00e0 te d\u00e9sirer et \u00e0 t\u2019attendre mais vois-tu je n\u2019y arrive pas. Tout ce qui te constituait dispara\u00eet, s\u2019\u00e9vapore au-dessus des flots. J\u2019ai l\u2019impression que ma vie n\u2019est pas assez grande pour contenir tout ce que j\u2019aurais aim\u00e9 qu\u2019elle contienne. Attendre est ce mot trop simple pour d\u00e9crire mon \u00e9tat. Assise au m\u00e9tier \u00e0 tisser, le bruit de la navette de bois que je ram\u00e8ne vers moi me mart\u00e8le le cr\u00e2ne. Les vagues ioniennes se brisent contre le rivage et me narguent, me rappellent que je suis bloqu\u00e9e ici face \u00e0 ce suaire. J\u2019ai si chaud\u00a0! je pr\u00e9f\u00e9rerais avoir froid. Le soleil par la fen\u00eatre me br\u00fble, je pr\u00e9f\u00e9rerais qu\u2019il me noie. Je suis jalouse en v\u00e9rit\u00e9, pr\u00e9f\u00e8res-tu la mer \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 d\u2019un foyer\u00a0? Mais je ne peux rien contre un rempart d\u2019eau sinon m\u2019y jeter dedans. Je ne le fais pas. Ils croiront que je suis folle et ce sera plus facile pour eux de r\u00e9cup\u00e9rer la couronne. Si tu savais combien je hais cette eau, combien je hais ces vagues, ce vent qui rythment l\u2019attente. Peut-on faire de <em>Thalassa<\/em> sa seule ma\u00eetresse\u00a0? Vous me surnommez la femme au c\u0153ur vertueux\u2026 je trompe bien mon monde. Ne faut-il pas autre chose que de la vertu pour r\u00e9gner\u00a0? Ne faut-il pas autre chose que de la vertu pour d\u00e9truire nuit apr\u00e8s nuit mon ouvrage\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">Hier, j\u2019ai failli en choisir un pour roi au milieu de la masse mauvaise des pr\u00e9tendants. Ne sois pas offusqu\u00e9, d\u2019ailleurs ce serait ridicule de ta part, pour toi les ann\u00e9es filent sous le ciel des dieux. Pour moi, le filet se resserre. Ainsi j\u2019ai failli donner le tr\u00f4ne \u00e0 un inconnu.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:22px\">La vieille domestique sentant mon affolement s\u2019est pench\u00e9e vers moi \u00ab&nbsp;Il reviendra ma\u00eetresse, d\u2019ici l\u00e0, continuez \u00e0 naviguer loin des eaux troubles des hommes&nbsp;\u00bb. Elle est morte d\u2019avoir trop v\u00e9cu. Je n\u2019ai pas pleur\u00e9 pour elle. Je suis femme de marin et enfant de Sparte. Personne ne me verra pleurer. La t\u00e2che la plus noble que je puisse accomplir est d\u2019appliquer son conseil. Je tisse face \u00e0 la mer immense, Argos \u00e0 mes pieds. Reviens ou ne reviens pas. Je resterai l\u00e0, loin des eaux troubles des hommes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Lettres \u00e0 un exil\u00e9\u00a0\u00bb, une nouvelle \u00e9crite par Clara Godard ___________Professeur r\u00e9f\u00e9rent : Sandra LarribeLyc\u00e9e Paul Rey &#8211; Nay Odysseus mon amour, Je dois t\u2019\u00e9crire car j\u2019esp\u00e8re que tous ces mots trac\u00e9s \u00e0 la suite les uns des autres arriveront jusqu\u2019\u00e0 toi bien que je les confie \u00e0 la mer. Il y a deux choses qui sont l\u00e0, inlassablement dans le quotidien de mes jours\u00a0: mon m\u00e9tier \u00e0 tisser et la mer. 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