{"id":3279,"date":"2024-06-10T23:50:00","date_gmt":"2024-06-10T21:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=3279"},"modified":"2024-12-04T16:31:26","modified_gmt":"2024-12-04T15:31:26","slug":"penelope-prix-de-lafpeah-2024","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2024\/06\/10\/penelope-prix-de-lafpeah-2024\/","title":{"rendered":"P\u00e9n\u00e9lope &#8211; Prix de l\u2019AFPEAH 2024"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Si nous sommes tr\u00e8s heureux de f\u00e9liciter les talentueux laur\u00e9ats de la 6e \u00e9dition du Prix de L\u2019AFPEAH (Jury adultes), nous tenons \u00e9galement \u00e0 f\u00e9liciter tous les candidats qui ont particip\u00e9&nbsp;! Certaines nouvelles ont remport\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de suffrages et ont suscit\u00e9 l&rsquo;adh\u00e9sion de nombreux membres du Jury. La synth\u00e8se que nous avons r\u00e9dig\u00e9e vous donnera un aper\u00e7u du plaisir que nous avons eu \u00e0 d\u00e9couvrir des textes de si grande qualit\u00e9 !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote is-style-default has-black-color has-text-color has-link-color has-medium-font-size wp-elements-5507fd3d68247872f6f2d2bece248e99\"><blockquote><p>Le Prix de l\u2019AFPEAH (niveau coll\u00e8ge) est attribu\u00e9 \u00e0 Eloi Riou pour <br>\u00ab&nbsp;Sa Majest\u00e9, Margaux de Blaye&nbsp;\u00bb<br><br>Le Prix de l\u2019AFPEAH (niveau lyc\u00e9e) est attribu\u00e9 \u00e0 Clara Godard pour <br>\u00ab&nbsp;Lettres \u00e0 un exil\u00e9&nbsp;\u00bb<br><br>Un Prix Sp\u00e9cial a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cern\u00e9 \u00e0 titre exceptionnel \u00e0 Yann Smith pour <br>\u00ab&nbsp;Des Ann\u00e9es de veille&nbsp;\u00bb<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-07d62649808b0e96d3fb49e7bc482993\"><em>\u00ab La contemplation du temps est la clef de la vie humaine. C\u2019est le myst\u00e8re irr\u00e9ductible sur quoi nulle science n\u2019a prise. [\u2026] Deux choses irr\u00e9ductibles \u00e0 tout rationalisme : le temps et la beaut\u00e9. C\u2019est de l\u00e0 qu\u2019il faut partir. \u00bb<\/em> Simone WEIL, <em>La connaissance surnaturelle<\/em> (1950)<br><br><em>\u00ab Le peuplier, et le lac vert d\u2019eau, sur lesquels j\u2019ai pass\u00e9 tant de temps aujourd\u2019hui, ne seront plus visibles demain \u00bb<\/em> \u00ab Sans lui \u00bb<br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9sentation de la 6e \u00e9dition du Prix de l\u2019AFPEAH <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La sixi\u00e8me \u00e9dition du Prix litt\u00e9raire de l\u2019AFPEAH a r\u00e9uni pr\u00e8s de 1000 participants venant de sept pays (Autriche, Angleterre, Belgique, Congo-Brazzaville, France, Pays-Bas et Suisse), d\u2019\u00e9tablissements publics et priv\u00e9s, ainsi que d\u2019\u00e9tablissements fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, autour du personnage de P\u00e9n\u00e9lope. Encourag\u00e9s par leurs enseignants de lettres et de langues anciennes, coll\u00e9giens et lyc\u00e9ens, individuellement ou par groupes, ont \u00e9crit une nouvelle proche ou \u00e9loign\u00e9e du r\u00e9cit odyss\u00e9en qui \u00e9claire la personnalit\u00e9 et les actions de l\u2019\u00e9pouse du h\u00e9ros hom\u00e9rique. L\u2019\u00e9loignement d\u2019Ulysse et la b\u00e9ance laiss\u00e9e par son voyage ont mis en relief l\u2019individualit\u00e9 de P\u00e9n\u00e9lope, reine d\u2019Ithaque.<br><br><strong><em>Le texte hom\u00e9rique <\/em><\/strong><br><br>Dans le texte hom\u00e9rique, P\u00e9n\u00e9lope est l\u2019arch\u00e9type m\u00eame de la fid\u00e9lit\u00e9, figure de r\u00e9sistance, de prudence et d\u2019intelligence. C\u2019est la femme mod\u00e8le, afflig\u00e9e \u00ab d\u2019un deuil sans mesure \u00bb, celle qui en tous points s\u2019oppose \u00e0 Clytemnestre, l\u2019\u00e9pouse sc\u00e9l\u00e9rate. M\u00e8re autant que femme, P\u00e9n\u00e9lope a constamment le souci de son fils T\u00e9l\u00e9maque. Figure exemplaire, apparemment secondaire, face \u00e0 un Ulysse, vainqueur de cit\u00e9s et de monstres, P\u00e9n\u00e9lope incarne aussi le pouvoir et la l\u00e9gitimit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 qui dysfonctionne. Elle est citadelle assi\u00e9g\u00e9e qui se replie \u00e0 l\u2019\u00e9cart du chaos du monde, de sa violence et de ses d\u00e9viances. Elle ne c\u00e8de ni aux avances des multiples pr\u00e9tendants qui la tourmentent, ni elle n\u2019assiste au massacre que commet Ulysse pour reprendre les r\u00eanes de son royaume, elle rappelle les traditions \u00e0 ceux qui la courtisent sans en respecter les usages (XVIII, 275-280). Et lorsque c\u2019est n\u00e9cessaire, elle incarne la loi rappelant ainsi les r\u00e8gles de l\u2019hospitalit\u00e9 qui sont dues \u00e0 tous, y compris aux plus humbles (XVIII, 221-225). Elle tisse enfin une toile symbolique qui lui permet de gagner du temps et de diff\u00e9rer des noces intol\u00e9rables. Ionna Papadopoulou-Belmehdi rappelle d\u2019ailleurs dans <em>Le Chant de P\u00e9n\u00e9lope <\/em>que le tissage est toujours surd\u00e9termin\u00e9 \u201cpar la figure d\u2019Ath\u00e9na, vierge tisserande dont la quenouille, tout comme la lance, exprime l\u2019id\u00e9e d\u2019une virginit\u00e9 inviolable\u201d (p. 22)<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le r\u00f4le de ce motif constitutif qui a \u00e9videmment maille \u00e0 partir avec la ma\u00eetrise du temps puisque chaque nuit nie l\u2019\u00e9coulement de chaque jour, est aussi \u00e0 consid\u00e9rer dans le rapport que P\u00e9n\u00e9lope entretient avec le pouvoir. Il n\u2019est pas anodin que la toile constitue le linceul de La\u00ebrte le preux, l\u2019ancien roi d\u2019Ithaque, qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les marges de la campagne aux salles du palais, absent donc mais encore pr\u00e9sent, d\u2019autant plus pr\u00e9sent qu\u2019il est constamment question de son linceul interminable. En inscrivant son tissage dans un temps long, P\u00e9n\u00e9lope semble ainsi avoir la possibilit\u00e9 de diff\u00e9rer la mort d\u2019une des figures cl\u00e9s du pouvoir \u00e0 Ithaque. Ce faisant, elle permet aussi \u00e0 T\u00e9l\u00e9maque de grandir.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9sistant par ce tissage, elle impose \u00e9galement aux pr\u00e9tendants une autre version du sch\u00e9ma que les siens tentent de lui imposer : immobilisant le temps, elle interrompt les flux mat\u00e9riels et r\u00e9galiens, elle nie la mort, elle fait exister l\u2019absent, les absents. Alors que tous ont renonc\u00e9, P\u00e9n\u00e9lope exhibant le vide, par le biais d\u2019une toile fun\u00e8bre qui n\u2019en finit pas d\u2019exister, rappelle qu\u2019elle est la belle-fille de l\u2019ancien roi, l\u2019\u00e9pouse d\u2019un homme qui peut revenir et la m\u00e8re d\u2019un gar\u00e7on qui peut remplacer son p\u00e8re \u00e0 la t\u00eate d\u2019Ithaque. De fait, le premier \u00e9change qui a lieu entre elle et un T\u00e9l\u00e9maque, bien jeune encore et bien t\u00e9m\u00e9raire, est celui d\u2019une apparente rel\u00e9gation :<br><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Rentre plut\u00f4t chez toi t\u2019occuper des travaux qui t\u2019incombent,<br>Le m\u00e9tier \u00e0 tisser, la quenouille. Parler sera l\u2019affaire des hommes,<br>surtout de moi, qui d\u00e9tiens le pouvoir dans cette demeure \u00bb. (I, 356-357) <br>[Notre \u00e9dition de r\u00e9f\u00e9rence est, sauf de rares exceptions, la traduction de Philippe Brunet, \u00e9d. du Seuil]<\/p>\n\n\n\n<p>T\u00e9l\u00e9maque n\u2019est pas pr\u00eat, il faudra toute l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de sa m\u00e8re et de son p\u00e8re pour qu\u2019il ne meure pas pr\u00e9cocement. Pendant plus de trois ann\u00e9es, la toile n\u2019en finit pas de se faire et de se d\u00e9faire comme les ondulations de la mer qui ont \u00e9loign\u00e9 Ulysse de sa terre et des siens. Alors qu\u2019Ithaque est ravag\u00e9e par les pr\u00e9tendants qui pillent les r\u00e9coltes et \u00e9gorgent \u00ab d\u2019innombrables moutons et b\u0153ufs cornus marche-torse \u00bb (IV, 320), P\u00e9n\u00e9lope est la garante de la lign\u00e9e et du pouvoir d\u2019Ulysse. Celui-ci le sait bien puisqu\u2019au fond des enfers il demande \u00e0 l\u2019\u00e2me d\u2019Anticl\u00e9ia, sa m\u00e8re :\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab De mon p\u00e8re, et du fils que j\u2019ai laiss\u00e9 sur Ithaque<br>dis s\u2019ils poss\u00e8dent mon patrimoine, ou si un autre homme<br>les d\u00e9tient : Ulysse ne rentrera plus, doit-on dire.<br>De mon \u00e9pouse enfin, dis-moi le c\u0153ur, dis-moi l\u2019\u00e2me :<br>Est-elle aupr\u00e8s de mon fils, gardant sa maison de main ferme \u00bb&nbsp; (XI, 174-178)<\/p>\n\n\n\n<p>En reine afflig\u00e9e, mais d\u00e9termin\u00e9e, P\u00e9n\u00e9lope a gard\u00e9 \u00ab au creux de sa paume robuste \u00bb la belle cl\u00e9 d\u2019airain qui conduit \u00e0 la \u00ab derni\u00e8re \u00bb chambre o\u00f9 se trouvent les tr\u00e9sors d\u2019Ulysse. L\u2019intimit\u00e9 de P\u00e9n\u00e9lope ne peut se conqu\u00e9rir, elle proc\u00e8de d\u2019une s\u00e9rie d\u2019embo\u00eetements secrets et ordonn\u00e9s. Son intimit\u00e9 est celle d\u2019une reine qui franchit les seuils \u00e0 elle seule r\u00e9serv\u00e9s, qui gravit des escaliers, une \u00e9chelle pour acc\u00e9der aux coffres bien rang\u00e9s qui contiennent des \u00e9toffes pr\u00e9cieuses et l\u2019arc qui permettra \u00e0 Ulysse de reconqu\u00e9rir Ithaque. L\u2019intimit\u00e9 de P\u00e9n\u00e9lope est enfin celle du lit symbolique, <em>axis mundi<\/em>, autour duquel Ulysse \u00e9rigea leur chambre, du lit b\u00e2ti dans une souche d\u2019olivier que nul jamais ne pourrait d\u00e9placer, embl\u00e8me de la permanence et de la stabilit\u00e9 qui caract\u00e9risent les \u00e9poques heureuses, figure de la racine, de l\u2019ancre vers laquelle ne cesse de tendre Ulysse ballott\u00e9 &nbsp;\u00ab sur le dos immense de l\u2019onde \u00bb.&nbsp;<br>&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; <br>La P\u00e9n\u00e9lope d\u2019Hom\u00e8re incarne donc la rectitude et l\u2019ordre qui si\u00e9ent \u00e0 une reine, elle surnage malgr\u00e9 le d\u00e9sordre du monde et offre une figure de femme providentielle, aux antipodes d\u2019H\u00e9l\u00e8ne, la mal inspir\u00e9e, qui suscita dix ann\u00e9es de terrible guerre. Rien d\u2019\u00e9tonnant d\u00e8s lors \u00e0 ce que la discr\u00e8te reine d\u2019Ithaque soit au terme de l\u2019<em>Odyss\u00e9e<\/em> c\u00e9l\u00e9br\u00e9e par le texte et les dieux :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab P\u00e9n\u00e9lope, qui sut garder souvenance d\u2019Ulysse,<br>Son \u00e9poux ! jamais ne pourra s\u2019\u00e9teindre la gloire<br>de sa vertu ; les dieux immortels feront un po\u00e8me,<br>charme des hommes mortels, \u00e0 P\u00e9n\u00e9lope la sage \u00bb (XXIV, 195-198)<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"474\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3297\" style=\"width:464px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-3.png 527w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-3-300x270.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Le sujet propos\u00e9 cette ann\u00e9e impliquait de faire passer le personnage secondaire au premier plan du r\u00e9cit. Les \u00e9l\u00e8ves ont alors explor\u00e9 les silences de P\u00e9n\u00e9lope, ses apparitions fugaces, sa retenue prudente. Dans ces nouvelles qui d\u00e9placent la <strong>focalisation narrative sur le personnage f\u00e9minin<\/strong>, P\u00e9n\u00e9lope se r\u00e9v\u00e8le, son identit\u00e9 se pare de nouvelles expansions qui approfondissent ou reconfigurent le personnage hom\u00e9rique. Tr\u00e8s po\u00e9tiques pour une grande partie d\u2019entre eux, ces r\u00e9cits nous disent aussi quelque chose de notre temps et de la place r\u00e9serv\u00e9e aux femmes. Nombreux sont en effet les textes qui t\u00e9moignent d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 difficile : P\u00e9n\u00e9lope devient de la sorte le porte-\u00e9tendard des h\u00e9ro\u00efnes du quotidien, de ces femmes seules, \u00e9puis\u00e9es, de ces m\u00e8res c\u00e9libataires qui doivent accepter des emplois pr\u00e9caires, ou des t\u00e2ches qui les d\u00e9vorent et les vident de leur propre substance&nbsp; comme dans \u201c@Aumilruse\u201d, certaines doivent continuer \u00e0 prot\u00e9ger leurs enfants\u2026 D\u2019autres se voient contraintes d\u2019\u00e9pouser un homme qu\u2019elles n\u2019ont pas choisi, d\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9tonnante surd\u00e9termination du myth\u00e8me des pr\u00e9tendants dans certaines r\u00e9\u00e9critures. En fait, l\u2019actualisation du personnage dans des univers contemporains transpose de mani\u00e8re judicieuse la servitude et la violence avec lesquelles l\u2019\u00e9pouse d\u2019Ulysse doit composer. Tout comme son ancienne a\u00efeule, la P\u00e9n\u00e9lope 2024 doit encore se battre pour s\u2019imposer : \u00ab Le ma\u00eetre s\u2019est absent\u00e9, la femme dirige mais cela ne fait pas d\u2019elle une ma\u00eetresse \u00bb, \u00e9crit Clara Godard dans&nbsp; \u201cLettres \u00e0 un exil\u00e9.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Il serait cependant r\u00e9ducteur de n\u2019\u00e9voquer la richesse de ce corpus qu\u2019en prenant en compte la dimension anthropologique des textes. P\u00e9n\u00e9lope est en effet \u00e0 consid\u00e9rer dans son rapport au temps, \u00e0 l\u2019espace et aux autres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si une majorit\u00e9 de nouvelles ont conserv\u00e9 les cadre et temps mythiques de la mer Ionienne, plusieurs repr\u00e9sentent la lointaine Ithaque <strong>sous diff\u00e9rentes latitudes et temporalit\u00e9s<\/strong>, tant\u00f4t fid\u00e8le \u00e0 son \u00e9crin maritime de l\u2019Antiquit\u00e9, tant\u00f4t modernis\u00e9e et d\u00e9pays\u00e9e : sur les terres d\u2019Aquitaine, aux temps des troubadours et de l\u2019amour courtois, o\u00f9 Margaux attend son seigneur (\u00ab Sa majest\u00e9 Margaux de Blaye \u00bb) ; chez <em>La belle H\u00e9l\u00e8ne, <\/em>c\u00e9l\u00e8bre maison de couture parisienne<em>, <\/em>o\u00f9<em> <\/em>travaille une stylistique talentueuse et r\u00e9put\u00e9e (\u00ab La folle histoire de P\u00e9n\u00e9lope \u00bb) ; sur le plateau d\u2019une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9, terrain de jeu favori d\u2019une reine de la toile dans \u00ab @Aumilruse \u00bb ; en zone occup\u00e9e par les Allemands, o\u00f9 P\u00e9n\u00e9lope guette le retour d\u2019Ulrich (\u00ab The Bloody Thread \u00bb) ; dans le Haut-Karabakh, sur une terre d\u00e9vast\u00e9e par les missiles et les obus (\u00ab L\u2019odyss\u00e9e d\u2019Astrigh \u00bb); &nbsp;au V\u00e9l d\u2019Hiv o\u00f9 la rafle s\u00e9pare brutalement le couple dans \u00ab P\u00e9n\u00e9lope, la r\u00e9sistante \u00bb ; sur une \u00eele p\u00e9nitentiaire au large de la Guadeloupe o\u00f9 officie le gardien de phare Cl\u00e9ment Penelle dans \u00ab Des ann\u00e9es de veille \u00bb ; enfin, sous la pluie londonienne et autour d\u2019une table en bois d\u2019olivier, o\u00f9 Penny attend patiemment son lieutenant anglais dans \u00ab Belle journ\u00e9e, n\u2019est-ce pas ? \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><br>Bien que souvent modernis\u00e9, voire d\u00e9sacralis\u00e9, le mythe ne perd pas l\u2019un de ses axes symboliques majeurs : la repr\u00e9sentation du temps et de la m\u00e9moire. <strong>Par son attente, P\u00e9n\u00e9lope est un \u00eatre du temps, du temps long. <\/strong>Dans la nouvelle \u00ab P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps \u00bb l\u2019anaphore \u00ab il reviendra \u00bb \u00e9voque l\u2019espoir face \u00e0 l\u2019\u00e9coulement inexorable des \u00ab Heures, filles du Temps ail\u00e9 \u00bb ; un \u00e9tat qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas d\u00e9nu\u00e9 de jouissance : \u00ab Je fais de mon attente un plaisir \u00bb, dit-elle. L\u2019attente est aussi l\u2019espoir de l\u2019accomplissement d\u2019un d\u00e9sir, ce que la nouvelle \u00ab Lettres \u00e0 un exil\u00e9 \u00bb exprime par la belle formule \u00ab je t\u2019esp\u00e8re \u00bb. La patience s\u2019illustre aussi par les nombreuses images d\u2019un horizon scrut\u00e9, comme les premi\u00e8res lignes d\u2019\u00ab Un retour inattendu \u00bb, de \u00ab La Reine Elfe \u00bb et de \u00ab De fil en aiguille \u00bb : \u00ab De guerre lasse, la fid\u00e8le P\u00e9n\u00e9lope s\u2019\u00e9tait r\u00e9solue \u00e0 abandonner son m\u00e9tier \u00e0 tisser [&#8230;] Au matin du sept mille trois centi\u00e8mes jour, la reine d\u2019Ithaque versa tant de larmes que les Sir\u00e8nes remarqu\u00e8rent leur pr\u00e9sence dans l\u2019\u00e9cume et alert\u00e8rent Ino \u00bb.&nbsp; L\u2019inscription du personnage dans un temps long est manifeste dans \u201cLa grande annonce de Perch\u00e9podepisse\u201d o\u00f9 P\u00e9n\u00e9lope devient une originale et d\u00e9concertante figure de sage : \u201cP\u00e9n\u00e9lope se sent terriblement fatigu\u00e9e aujourd\u2019hui. Elle est dans son lit majestueux fusionn\u00e9 \u00e0 un olivier et elle tricote une couverture pour son futur troisi\u00e8me petit-enfant, qu\u2019elle esp\u00e8re avoir le temps de conna\u00eetre car quatre-vingt-quatre ans c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un bien bel \u00e2ge. De ses beaux yeux bleus, Ath\u00e9na\u00efs suit attentivement les gestes appliqu\u00e9s et parfaits de sa grand-m\u00e8re qui manie si bien les aiguilles.\u201d<br>Le temps se mesure aussi \u00e0 la m\u00e9tamorphose de la nature autour de P\u00e9n\u00e9lope, pour le meilleur (l\u2019\u00e9panouissement du rosier dans \u00ab Sa Majest\u00e9 Margaux de Blaye \u00bb) et pour le pire, quand Ulysse foule la terre d\u2019Ithaque recouverte d\u2019une l\u00e8pre v\u00e9g\u00e9tale,&nbsp; \u00e0 l\u2019image de la sauvagerie des hommes qui l\u2019ont corrompue dans \u00ab Le dernier acte de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb. <strong>Femme de m\u00e9moire, <\/strong>P\u00e9n\u00e9lope entretient l\u2019image d\u2019Ulysse pour elle-m\u00eame et pour son fils T\u00e9l\u00e9maque. La fid\u00e9lit\u00e9 conjugale se double d\u2019une attention maternelle et protectrice. Dans \u00ab La Reine d\u2019Ithaque \u00bb, P\u00e9n\u00e9lope prodigue des conseils \u00e0 son fils : \u00ab tu es maintenant plus vieux que ton p\u00e8re quand il est parti pour Troie [&#8230;] Tir\u00e9sias et la Sibylle nous ont transmis leurs oracles [&#8230;] Tu dois quitter Ithaque [&#8230;] \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>portrait psychologique de P\u00e9n\u00e9lope s\u2019enrichit \u00e9galement de traits physiques<\/strong>. Plusieurs nouvelles nous livrent une image autant r\u00e9aliste que symbolique. Ainsi, dans \u00ab La Reine d\u2019Ithaque \u00bb, P\u00e9n\u00e9lope \u00ab avait encore les cheveux noirs comme la nuit, mais sa peau brunie par le soleil n\u2019avait plus le teint de la colombe, ce qui la rendait plus humaine, [&#8230;] Elle avait des petits yeux marron, un nez aquilin et des l\u00e8vres rouge sang. Son long cou arborait une petite tache de rousseur. \u00bb, une tache qu\u2019elle partage avec Octavia, la nouvelle reine de l\u2019\u00eele, \u00e0 moins qu\u2019elle ne signale l\u2019ultime subterfuge de P\u00e9n\u00e9lope qui cache \u00e0 T\u00e9l\u00e9maque sa d\u00e9cision de rester \u00e0 Ithaque, ou bien qu\u2019elle n\u2019\u00e9voque l\u2019oiseau \u00e0 poitrine rousse de l\u2019esp\u00e8ce <em>Penelope pineata <\/em>ou <em>Penelope purpurascens, <\/em>peut-\u00eatre identique \u00e0 l\u2019 \u00ab oiseau de feu rougeoyant \u00bb qui s\u2019envole \u00e0 l\u2019ouverture et \u00e0 la cl\u00f4ture de \u00ab La Reine Elfe \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Renouant avec&nbsp; son pass\u00e9 de \u00ab jeune nymphe \u00bb (XI, 448) car elle est \u00e0 nouveau \u201cfemme au seuil du mariage\u201d [Ionna Papadopoulou-Belmehdi, 23] et \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres figures f\u00e9minines telles H\u00e9l\u00e8ne, Calypso, Circ\u00e9 et les Na\u00efades du sanctuaire des Nymphes (XIII, 104), P\u00e9n\u00e9lope s\u2019adonne aux travaux virginaux, elle tisse. Dans la nouvelle \u00ab La toile du destin \u00bb, cet art est cependant moins associ\u00e9 \u00e0 la ruse qu\u2019\u00e0 <strong>la trame du temps<\/strong>, qu\u2019\u00e0 l\u2019entrelacement \u00ab des fils du pass\u00e9, du pr\u00e9sent et du futur \u00bb, dans l\u2019espoir de retarder le choix d\u2019un \u00e9poux et de renouer avec l\u2019\u00eatre disparu. Dans \u00ab Lettres \u00e0 un exil\u00e9 \u00bb, la conscience du temps et l\u2019art ne font qu\u2019un : \u00ab J\u2019ai le c\u0153ur endurant et les doigts agiles \u00bb \u00e9crit P\u00e9n\u00e9lope. Les Moires, dont d\u00e9pend le destin d\u2019Ulysse, assaillent la jeune femme : \u00ab les trois petites vieilles chuchotent dans mes cauchemars \u00bb ; comme dans \u00ab P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps \u00bb o\u00f9 \u00ab les Moires au divin fuseau menacent d\u2019achever, \u00e0 tout instant, le Destin de La\u00ebrte aux sages conseils \u00bb. La fluidit\u00e9 du geste manuel, la souplesse du fil sont comparables \u00e0<strong> <\/strong>l\u2019eau et le tissage est une r\u00e9miniscence de la houle qui a emport\u00e9 Ulysse : \u00ab J\u2019ai pris les fils les plus fins de la Gr\u00e8ce, ceux qui coulent entre mes doigts \u00bb ; \u00ab Le fil coulait entre ses paumes telle une rivi\u00e8re d\u2019ivoire, brillant d\u2019une lueur laiteuse qui semblait venir des filaments eux-m\u00eames \u00bb. Dans la nouvelle \u00ab Sans lui \u00bb, l\u2019attente se mesure aussi au refrain ponctuant le r\u00e9cit \u00ab Cela fait deux jours maintenant et cela commence \u00e0 me peser \u00bb puis au d\u00e9compte des sept mailles qu\u2019il reste \u00e0 tisser : \u00ab Sept \/ Je trouve que ce gris se marie bien avec ce vert d\u2019eau \/ Six \/ Cinq \/ Quatre \/ Et si je reste prisonni\u00e8re du temps \u00e0 jamais ? \/ Trois \/ Deux \u00bb. Que tisse P\u00e9n\u00e9lope dans ces r\u00e9\u00e9critures&nbsp;? Contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e hom\u00e9rique qui ne mentionne pas de motif tiss\u00e9 sur le linceul de La\u00ebrte, quelques nouvelles ont sugg\u00e9r\u00e9 de belles images po\u00e9tiques mariant toujours le th\u00e8me du temps \u00e0 ceux de l\u2019eau et du chant plaintif : est-ce Ulysse naviguant \u00ab sur des flots tumultueux, guid\u00e9 par les \u00e9toiles scintillantes \u00bb comme le sugg\u00e8re la nouvelle \u00ab La toile du destin \u00bb ? Est-ce \u00ab le peuplier et le lac vert d\u2019eau \u00bb de la nouvelle \u00ab Sans lui \u00bb ? Est-ce la carte du ciel rappelant le tissage diurne et l\u2019effilage nocturne ? Est-ce le chant de P\u00e9n\u00e9lope lui-m\u00eame, par une subtile forme de mise en abyme : \u00ab De fil en aiguille, je tisse et je tresse \/ Les tristes souvenirs de mon histoire \/ Qui prennent la couleur d\u2019un au revoir \/ Et la saveur am\u00e8re de la vieillesse. \u00bb (\u00ab De fil en aiguille \u00bb.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019impatience et l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019attente attisent des pens\u00e9es jalouses. <\/strong>Dans la plupart des nouvelles re\u00e7ues, <strong>P\u00e9n\u00e9lope gagne en complexit\u00e9<\/strong>, nous avons acc\u00e8s \u00e0 ses pens\u00e9es tortur\u00e9es, \u00e0 son inqui\u00e9tude, la discr\u00e8te de <em>l\u2019Odyss\u00e9e<\/em> se r\u00e9v\u00e8le dans les r\u00e9cits qui lui sont consacr\u00e9s, \u00e0 l\u2019image du personnage des <em>H\u00e9ro\u00efdes<\/em> d\u2019Ovide.<strong> <\/strong>Dans<strong> <\/strong>\u00ab P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps \u00bb, deux autres figures all\u00e9goriques se joignent aux Heures pour tourmenter la jeune femme : \u00ab Famine la pernicieuse \u00bb et \u00ab Mis\u00e8re au visage balafr\u00e9 \u00bb. P\u00e9n\u00e9lope est aussi en proie au doute sur la fid\u00e9lit\u00e9 d\u2019Ulysse. Dans \u00ab Lettre \u00e0 Calypso \u00bb, elle unit son destin \u00e0 celui de sa rivale, dans un questionnement touchant et empreint de compassion&nbsp; : \u00ab Est-ce ainsi que tu passes tes jours, Calypso ? As-tu toi aussi us\u00e9 ton regard vers l\u2019horizon dans l\u2019espoir de voir s\u2019y dessiner un navire, n\u2019importe lequel ? [\u2026] Je pense souvent \u00e0 toi ces derniers temps. T\u2019a-t-il aim\u00e9e ? \u00bb. Les premi\u00e8res lignes de la nouvelle \u00ab Penelope nunc sum \u00bb brossent le portrait d\u2019une femme rong\u00e9e par la jalousie : \u00ab Nous l\u2019attendions si patiemment, si tendrement ce perfide, alors qu\u2019il se pr\u00e9lassait dans les bras d\u2019immortelles ! \u00bb. Le <strong>d\u00e9sespoir<\/strong> peut aussi ronger P\u00e9n\u00e9lope \u00e0 l\u2019instar de l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u2019Hom\u00e8re qui ne cesse de pleurer dans le secret de sa chambre et qui implore Art\u00e9mis de la faire dispara\u00eetre (XX-60-62; 79-82). L\u2019h\u00e9ro\u00efne de \u00ab Trop tard \u00bb accumule les dettes, ne peut plus payer son loyer, prend des anti-d\u00e9presseurs avant de se ressaisir. Dans \u00ab Pages d\u2019une vie : P\u00e9n\u00e9lope, entre absence et succ\u00e8s \u00bb, la jeune femme doit, sans nouvelles d\u2019Ulysse, s\u2019occuper de son b\u00e9b\u00e9, g\u00e9rer ses partiels, ses r\u00e9visions, et prend elle aussi des anti-d\u00e9presseurs. Dans \u00ab L\u2019\u00eatre perdu&nbsp; \u00bb P\u00e9n\u00e9lope envisage le suicide, \u00ab elle n\u2019autorisait qu\u2019elle \u00e0 se voir telle qu\u2019elle \u00e9tait : une coquille vide, fissur\u00e9e, vide par un manque constant impossible \u00e0 expliquer et fissur\u00e9e par les \u00e9preuves douloureuses de la vie \u00bb; dans \u00ab Trahison \u00bb, P\u00e9n\u00e9lope prend le dernier fil qu\u2019il lui reste et se pend lorsqu\u2019elle d\u00e9couvre l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 de son \u00e9poux\u2026.<br><br>A rebours de la repr\u00e9sentation traditionnelle d\u2019une P\u00e9n\u00e9lope passive, de nombreux textes brossent le portrait d\u2019<strong>une femme active et d\u00e9termin\u00e9e <\/strong>auquel le r\u00e9cit conf\u00e8re certains des motifs pr\u00eat\u00e9s d\u2019ordinaire \u00e0 Ulysse. Ainsi, l\u2019attente se mue en action quand P\u00e9n\u00e9lope veut retrouver Ulysse \u00e0 tout prix ou le sortir de sa captivit\u00e9. Dans la \u00ab P\u00e9n\u00e9lepop\u00e9e \u00bb, elle embarque d\u00e9guis\u00e9e et refait, en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, le trajet de son \u00e9poux. Dans \u00ab De fil en aiguille \u00bb, malgr\u00e9 les geignements du chien Argos, P\u00e9n\u00e9lope prend l\u2019apparence d\u2019un vieux p\u00eacheur \u00e0 la barbe drue, tisse des filets et prend la mer. \u00ab L\u2019odyss\u00e9e de P\u00e9n\u00e9lope \u00bb, selon le titre d\u2019une nouvelle, la conduit, avec T\u00e9l\u00e9maque, jusqu\u2019au royaume d\u2019Had\u00e8s. <strong><br><\/strong><strong>La m\u00eatis, <\/strong>le plus souvent masculine dans l\u2019\u00e9pop\u00e9e, est \u00e9galement l\u2019apanage de P\u00e9n\u00e9lope, \u00e9pouse aux mille tours, quand elle se trouve assaillie par une horde de pr\u00e9tendants. Leur morgue incite P\u00e9n\u00e9lope \u00e0 agir, elle qui \u00ab sait enrouler les ruses en pelote \u00bb selon le vers d\u2019Hom\u00e8re (XIX, 137). Les cent huit soupirants de l\u2019\u00e9pop\u00e9e prennent les visages de Seigneurs d\u2019Aquitaine, d\u2019officiers allemands, d\u2019 \u00ab aristocrates magnifiques avachis sur des lits majestueux \u00bb (\u00ab Penelope nunc sum \u00bb), d\u2019une \u00ab masse d\u2019\u00eatres sauvages \u00bb (\u00ab P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps \u00bb), d\u2019elfes nains, d\u2019abonn\u00e9s du site de rencontre <em>Phil\u00e9ros<\/em> (\u00ab L\u2019\u00e9nigme de la mer \u00bb).<br>Dans une excellente satire du milieu des influenceuses, le myth\u00e8me est d\u00e9tourn\u00e9, la m\u00eatis sert \u00e0 assujettir autrui : \u00ab la Madone Aumilruse \u00bb r\u00e9utilise de mani\u00e8re cynique les aventures d\u2019Ulysse pour gagner de plus en plus d\u2019argent, elle met en sc\u00e8ne la vacuit\u00e9 de son existence dans la m\u00eame perspective. Forte de son aura m\u00e9diatique, P\u00e9n\u00e9lope, l&rsquo;influenceuse d\u2019\u00ab @Aumilruse \u00bb, menace son audience&nbsp;: \u00ab Mes pulsions se joueront de vos pulsions. Je tisserai, d\u00e9chirerai, arracherai la toile de vos t\u00e9l\u00e9phones, je soul\u00e8verai la coque de vos cerveaux pour boire vos \u00e2mes \u00bb. V\u00e9ritable reine des r\u00e9seaux sociaux, adul\u00e9e par un flot de fans, elle jouit d\u2019une popularit\u00e9 grandissante et affiche un orgueil insolent : \u00ab La toile m\u2019appartient [\u2026] Plus mes publications br\u00fblent de virulence, plus les vues s\u2019enflamment. Il faut violenter pour r\u00e9ussir \u00bb clame-t-elle dans l\u2019interview de la nouvelle \u00ab @Aumilruse \u00bb. L\u2019intelligence est mise d\u00e9sormais au service de l\u2019artifice, de la superficialit\u00e9 dans un rapport \u00e0 l\u2019autre qui ne vise qu\u2019\u00e0 l\u2019annihiler.<br>Celle que les vers d\u2019Hom\u00e8re qualifient de \u00ab fourbe \u00bb par la voix d\u2019Antinoos est d\u2019une adresse sans \u00e9gale dans les travaux qu\u2019elle entreprend pour garder sa dignit\u00e9 ou parvenir \u00e0 ses fins : elle fait construire un palais aux hautes tours dans \u00ab Sa Majest\u00e9 Margaux de Blaye \u00bb, elle retrouve Ulysse dans un repaire ennemi gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00eame ruse que son \u00e9poux \u00ab Je me nomme Personne \u00bb. &nbsp;Dans \u00ab R\u00e9bellion d\u2019une IA \u00bb, P.E.N.E.L.O.P.E est le nom d\u2019une intelligence artificielle \u00e0 grand succ\u00e8s jusqu\u2019\u00e0 ce que son destin la lie \u00e0 Ulyxar, une autre intelligence. Apr\u00e8s une rupture dans leur fonctionnement, les deux programmes finissent par se retrouver au prix d\u2019une mise \u00e0 jour. Dans la m\u00eame veine moderniste, P\u00e9n\u00e9lope, reine de la toile, tisse des liens, des influences.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le titre latin de la nouvelle \u00ab Penelope nunc sum \u00bb fait bien \u00e9cho \u00e0 la d\u00e9termination et \u00e0&nbsp; <strong>l\u2019\u00e9mancipation<\/strong> toujours accrue du personnage f\u00e9minin&nbsp; : \u00ab Comportons-nous en reine, et non en femme ! \u00bb.&nbsp;Gagn\u00e9e par l\u2019enthousiasme de M\u00e9d\u00e9e, P\u00e9n\u00e9lope rev\u00eat les qualit\u00e9s de son \u00e9poux \u00ab Je me sens pouss\u00e9e d\u2019un souffle imp\u00e9tueux ! Je monte, je monte et jamais ne m\u2019arr\u00eate : je suis une force qui va. Ici commence l\u2019odyss\u00e9e de P\u00e9n\u00e9lope \u00bb. En contrepoint de l\u2019extrait de L\u2019<em>Odyss\u00e9e<\/em> en exergue de la nouvelle (\u00ab Reprends tes travaux accoutum\u00e9s, la toile et le fuseau. Le soin de parler appartient aux hommes \u00bb), P\u00e9n\u00e9lope incarne la r\u00e9volte au point d\u2019\u00eatre compar\u00e9e \u00e0 une amazone. De retour sur la plage d\u2019o\u00f9 est partie la flotte d\u2019Ulysse, P\u00e9n\u00e9lope per\u00e7oit l\u2019invitation d\u2019une dryade \u00e0 garder sa souverainet\u00e9 et \u00e0 ne pas c\u00e9der \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de nains qui l\u2019assaille : \u00ab il \u00e9tait temps de se reprendre et de montrer au reste du monde que la Reine Elfe \u00e9tait toujours l\u00e0 et que son tr\u00f4ne n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 vendre. \u00bb (\u00ab La Reine Elfe \u00bb). Une phrase de \u00ab La Reine d\u2019Ithaque \u00bb&nbsp; sonne comme un v\u00e9ritable mot d\u2019ordre : \u00ab le r\u00e8gne des hommes n\u2019avait apport\u00e9 que la guerre et la mort, et [\u2026] maintenant une nouvelle \u00e8re commen[\u00e7ait], celle des femmes \u00bb. Dans cette int\u00e9ressante nouvelle \u00e0 chute, la reine est assez proche du personnage d\u2019Hom\u00e8re dans la mesure o\u00f9 elle r\u00e9siste avec d\u00e9termination et s\u2019impose comme reine et figure du pouvoir. Elle ose m\u00eame affronter les dieux et \u00e9chapper au destin que ces derniers lui avaient r\u00e9serv\u00e9 pour garantir l\u2019ordre et la paix \u00e0 Ithaque. Dans \u00ab Le Stratag\u00e8me invers\u00e9 \u00bb la pugnacit\u00e9 du personnage f\u00e9minin trouve son origine dans sa vision positive de l\u2019existence. Alors que le monde sombre dans l\u2019horreur de la guerre, ses certitudes vacillent un instant, mais elle se ressaisit, elle donne le change \u00e0 son entourage : le linceul de La\u00ebrte se mue en faux pr\u00e9paratifs de fun\u00e9railles. P\u00e9n\u00e9lope refuse de croire \u00e0 la mort de son \u00e9poux. Mais ce ne sont l\u00e0 qu\u2019exp\u00e9dients d\u00e9risoires, la jeune femme d\u00e9cide de retrouver Ulysse envers et contre tout : \u00ab Elle se fraya un chemin \u00e0 travers des paysages d\u00e9vast\u00e9s, bravant les dangers de la guerre avec une d\u00e9termination in\u00e9branlable. Les rencontres avec d\u2019autres r\u00e9sistants, des alli\u00e9s inattendus, devinrent les \u00e9toiles qui guidaient son chemin obscur.<br><br>Le tissage qui se voulait instrument d\u2019une lib\u00e9ration &nbsp;se mue en<strong> pi\u00e8ge, <\/strong>&nbsp;P\u00e9n\u00e9lope endosse alors le destin d\u2019une autre tisseuse et rivale d\u2019Ath\u00e9na : \u00ab Je me sens prise au pi\u00e8ge, emp\u00eatr\u00e9e dans la toile d\u2019Arachn\u00e9 \u00bb (\u00ab P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps \u00bb). Loin du mod\u00e8le de constance et d\u2019abn\u00e9gation et fid\u00e8le \u00e0 l\u2019\u00e9tymologie de son nom, \u00ab celle qui d\u00e9chire la toile \u00bb, <strong>P\u00e9n\u00e9lope prend les traits d\u2019une r\u00e9volt\u00e9e<\/strong>. Les derni\u00e8res lignes de la nouvelle \u00ab P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps \u00bb nous plongent au c\u0153ur d\u2019une crise profonde de pers\u00e9cution et d\u2019an\u00e9antissement. P\u00e9n\u00e9lope est assi\u00e9g\u00e9e par les d\u00e9mons de la patience. Le spectacle de rage culmine dans un ultime cri de lucidit\u00e9 : \u00ab Je suis P\u00e9n\u00e9lope d\u2019Ithaque et je n\u2019attends plus \u00bb. La r\u00e9volte se mue en vengeance meurtri\u00e8re dans \u00ab La Reine d\u2019Ithaque \u00bb o\u00f9 le monologue de l\u2019h\u00e9ro\u00efne se cl\u00f4t sur une sc\u00e8ne gla\u00e7ante : \u00ab La laine imbib\u00e9e du sang d\u2019Ulysse passait et repassait sur la trame \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>A rebours de la violence de certaines sc\u00e8nes et de l\u2019infl\u00e9chissement n\u00e9gatif de la figure de P\u00e9n\u00e9lope, plusieurs nouvelles c\u00e9l\u00e8brent l\u2019intensit\u00e9 des<strong> retrouvailles du couple. <\/strong>Les derni\u00e8res lignes de \u00ab The bloody thread \u00bb peignent le couple en filant la m\u00e9taphore du tissage : \u00ab Nous \u00e9tions comme des funambules sur un fil d\u2019or ensanglant\u00e9, des brebis innocentes, ignorant toute notion de souffrance. Nous marchions sur le fil de toutes les guerres et au-dessus de la peine du monde, voyant seulement le fil d\u2019or, maintenant que la vie nous avait \u00e0 nouveau solidement unis.\u00bb La sc\u00e8ne de reconnaissance de la nouvelle \u00ab De fil en aiguille \u00bb est annonc\u00e9e par un refrain entonn\u00e9 par P\u00e9n\u00e9lope et par le flair d\u2019Argos qui \u00e9meut tant son ma\u00eetre que Nausicaa en est tout attendrie. Plusieurs nouvelles ont mentionn\u00e9 l\u2019olivier, de mani\u00e8re prosa\u00efque, comme le mat\u00e9riau du tabouret de la tisseuse P\u00e9n\u00e9lope (\u00ab Sans lui \u00bb) et celui de la table lisse d\u2019un caf\u00e9 ( \u00ab Belle journ\u00e9e, n\u2019est-ce pas ? \u00bb) ; mais \u00e9galement de mani\u00e8re po\u00e9tique, en r\u00e9f\u00e9rence au chant hom\u00e9rique. En effet, jouant un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019ultime sc\u00e8ne de reconnaissance de l\u2019Odyss\u00e9e, l\u2019 \u00ab olivier longues-branches \u00bb, consacr\u00e9 \u00e0 Ath\u00e9na, d\u00e9ploie d\u00e9j\u00e0 son ombre et prot\u00e8ge le sommeil d\u2019Ulysse \u00e0 son retour au port d\u2019Ithaque (XIII, 102), non loin du sanctuaire des Nymphes tisseuses. Son caract\u00e8re monumental est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans \u00ab Le dernier acte de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb :&nbsp; \u00ab un olivier majestueux s\u2019\u00e9tend jusqu\u2019aux cieux, touche les \u00e9toiles de ses feuilles et donne refuge \u00e0 l\u2019\u00e9clat des \u00e9toiles [&#8230;] Alors que je le croyais mort, il a repris de la vigueur et s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 pour atteindre le cosmos \u00bb. La r\u00e9sistance de son bois (dont est issu l\u2019outil offert par Ath\u00e9na \u00e0 Ulysse au chant V), l\u2019entrelacement de ses branches \u00e0 la mani\u00e8re des fils du tissage, la profondeur de ses racines en font l\u2019arbre de l\u2019union, du couple enfin r\u00e9uni et de la m\u00e9moire de l\u2019\u00eele, dont le symbole mat\u00e9riel est la couche nuptiale que P\u00e9n\u00e9lope et Ulysse ont con\u00e7ue \u00e0 quatre mains dans \u00ab La P\u00e9n\u00e9lepop\u00e9e \u00bb : \u00ab Tu l\u2019avais fabriqu\u00e9 tout seul ; \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019enceinte poussait un olivier au feuillage l\u00e9ger, un arbre vigoureux, luxuriant, \u00e9pais comme un pilier. Autour de lui, tu as construit la chambre, tu y as fix\u00e9 les portes bien jointoy\u00e9es, puis tu as sci\u00e9 le f\u00fbt \u00e0 la racine et je l\u2019ai poli \u00e0 la r\u00e2pe de bronze.\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, le pied d\u2019olivier enracin\u00e9 dans le sol d\u2019Ithaque symbolise le caract\u00e8re intemporel du mythe de P\u00e9n\u00e9lope sur la trame de laquelle coll\u00e9giens et lyc\u00e9ens ont brod\u00e9 leurs nouvelles. La parent\u00e9 \u00e9tymologique des mots \u00ab texte \u00bb, \u00ab textile \u00bb et \u00ab tissu \u00bb nous rappelle combien l\u2019art de l\u2019\u00e9criture nous livre des images et nourrit notre imaginaire. La toile de cette sixi\u00e8me \u00e9dition est un tr\u00e8s bel ouvrage que nous vous invitons \u00e0 d\u00e9couvrir \u00e0 travers les nouvelles prim\u00e9es : ex-pli-quez-le, d\u00e9faites les plis pour y d\u00e9couvrir sa trame, ses motifs, et le subtil travail de tissage des mots !&nbsp;<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"474\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3294\" style=\"width:475px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview.png 527w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-300x270.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\u00ab Sa Majest\u00e9, Margaux de Blaye \u00bb, Prix de l\u2019AFPEAH 2024, niveau coll\u00e8ge<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Les membres du jury ont particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9 le rythme de la narration, le caract\u00e8re tr\u00e8s visuel et des pauses descriptives ainsi que la richesse de l\u2019arri\u00e8re-plan historique de \u00ab Sa Majest\u00e9, Margaux de Blaye \u00bb, une fiction dat\u00e9e de 1456, trois ans apr\u00e8s la fin de la Guerre de Cent ans.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, le r\u00e9cit fait plaisamment alterner vocabulaire oral et termes d\u00e9suets, il distille adroitement les motifs m\u00e9di\u00e9vaux de l\u2019amour courtois dans une seigneurie d\u2019Aquitaine (la rose et ses symboles, le tournoi, le rival en amour), dans un style d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s alerte ainsi qu\u2019en t\u00e9moignent \u00e9galement l\u2019usage de la ponctuation et l\u2019ordre des mots :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Charles de Blaye qui aimait bien guerroyer, prit un jour une d\u00e9cision capitale : il allait bouter les Anglais hors de Guyenne. Il leva une arm\u00e9e de cent cavaliers \u00e9quip\u00e9s d\u2019une armure blanche et mont\u00e9s sur cent chevaux noirs et il partit, laissant derri\u00e8re lui la cit\u00e9 de Blaye, mais aussi sa femme \u00e0 qui il confia la citadelle pendant son absence. Mais dix ans plus tard, quand la guerre fut enfin termin\u00e9e, Charles de Blaye n\u2019\u00e9tait pas revenu. On attendit\u2026 en vain\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Offrant une reconstitution efficace de l\u2019atmosph\u00e8re m\u00e9di\u00e9vale o\u00f9 de myst\u00e9rieux chevaliers apparaissent comme par enchantement et o\u00f9 des superstitions alimentent toutes les rumeurs, le r\u00e9cit renouvelle avec humour et intelligence la figure de P\u00e9n\u00e9lope qui se mue en ch\u00e2telaine insolente, un peu frivole et n\u00e9anmoins d\u00e9termin\u00e9e. Il en est de m\u00eame pour les \u00e9preuves \u00e9voqu\u00e9es : tant\u00f4t saugrenues et amusantes, tant\u00f4t en accord avec l\u2019\u00e9poque, elles font alterner petites malversations quotidiennes s\u2019apparentant \u00e0 une forme de vandalisme et \u00ab duel judiciaire \u00bb. Cette r\u00e9\u00e9criture se lit sans inqui\u00e9tude. Ainsi, les moments de tensions sont d\u00e9samorc\u00e9s par la vivacit\u00e9 du texte et le caract\u00e8re incisif des portraits. Lorsque les pr\u00e9tendants d\u00e9cident de mettre un terme aux tergiversations de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, le lieu choisi et la jeune femme croqu\u00e9e dans une pose convenue font sourire :<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Tous les Seigneurs d\u2019Aquitaine avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9unis en urgence sur une colline des environs et, le lendemain, quand Margaux arriva, elle chercha imm\u00e9diatement \u00e0 tous les identifier.&nbsp; Le Duc prit la parole en premier pour exposer la situation et expliquer que ce lieu propice \u00e0 l\u2019observation lointaine avait \u00e9t\u00e9 choisi pour v\u00e9rifier une derni\u00e8re fois que Charles de Blaye n\u2019\u00e9tait pas en vue et pour acter sa mort d\u00e9finitive. Tout le monde approuva la d\u00e9marche et le moment du verdict arriva. Margaux \u00e9tait assise, m\u00e9lancolique, la t\u00eate pench\u00e9e reposant sur sa main droite qui soutenait son front. \u00bb<br><br>La qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture, les d\u00e9tails choisis avec soin et l\u2019humour de cette nouvelle rafra\u00eechissante o\u00f9 les pr\u00e9tendants sont m\u00e9tamorphos\u00e9s en cactus lui ont permis de se distinguer d\u2019autres r\u00e9cits tout aussi int\u00e9ressants, parfois plus profonds, mais moins homog\u00e8nes, ou moins originaux.<br><br><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"474\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3295\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-1.png 527w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-1-300x270.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br><strong>\u00ab Des Ann\u00e9es de veille&nbsp; \u00bb, Prix Sp\u00e9cial de l\u2019AFPEAH, niveau lyc\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><br>Le jury a le grand plaisir d\u2019accorder \u00e0 titre exceptionnel un Prix Sp\u00e9cial \u00e0 \u00ab Des Ann\u00e9es de veille \u00bb <br><br>Yann Smith a fait le choix de l\u2019originalit\u00e9, voire de l\u2019audace dans sa r\u00e9\u00e9criture du mythe : sa nouvelle est un joyau de concision et un mod\u00e8le de transposition litt\u00e9raire. Quel rapport avec P\u00e9n\u00e9lope puisqu\u2019au centre du r\u00e9cit figure un gardien de phare, Cl\u00e9ment Penelle, ancien grognard fid\u00e8le \u00e0 l\u2019Empereur ? L\u2019alt\u00e9ration fictionnelle est manifeste. De l\u2019hypotexte hom\u00e9rique, il reste cependant beaucoup, mais tout est si habilement distill\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les choix onomastiques sont judicieux. Le patronyme <em>Penelle <\/em>est phon\u00e9tiquement proche du nom de l\u2019\u00e9pouse d\u2019Ulysse, son visiteur \u00e9pisodique et ancien aide de camp s\u2019appelle Eum\u00e9e comme le porcher qui aide Ulysse et P\u00e9n\u00e9lope.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9vocation d\u2019un d\u00e9cor maritime est habile, les \u00eeles de la Petite Terre et son horizon en cama\u00efeu de bleus forment la toile de fond d\u2019une lointaine et exotique Ithaque, tandis que le phare fait songer \u00e0 la chambre haute de P\u00e9n\u00e9lope.<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, le r\u00e9cit de Yann Smith est exceptionnel parce qu\u2019il entrelace les motifs de mani\u00e8re subtile comme l\u2019on entrelacerait des fils. Bien s\u00fbr, la tapisserie que le reclus brode et d\u00e9fait dans la solitude de sa tour \u00e9voque le linceul de La\u00ebrte. Cach\u00e9e par un \u00e9pais drap blanc, elle contient le c\u0153ur du gardien, son intimit\u00e9 secr\u00e8te : le cadeau qu\u2019il destine \u00e0 l\u2019Empereur, une offrande sans cesse recommenc\u00e9e, car il des fid\u00e9lit\u00e9s qui se conjuguent avec l\u2019id\u00e9e d\u2019un d\u00e9passement de soi et d\u2019une exigence \u00e0 travailler chaque jour. C\u2019est l\u00e0, une des qualit\u00e9s les plus grandes de cette magnifique nouvelle : l\u2019auteur nous offre comme Hom\u00e8re une d\u00e9clinaison de la fid\u00e9lit\u00e9, cette vertu qui oblit\u00e8re l\u2019\u00eatre engag\u00e9 dans la voie de l\u2019asc\u00e8se et de l\u2019abn\u00e9gation. Etre fid\u00e8le, c\u2019est avoir foi en l\u2019autre au point de lui vouer son existence, certes, mais c\u2019est aussi avoir foi en l\u2019autre parce qu\u2019il nous r\u00e9v\u00e8le \u00e0 nous-m\u00eame :<br><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab En s\u2019endormant, il repensa aux campagnes \u00e9piques qu\u2019il avait men\u00e9es dans le temps, \u00e0 l\u2019Empereur et \u00e0 la maison Bonaparte, \u00e0 la charge des cuirassiers et \u00e0 celle des dragons, \u00e0 la grenaille et \u00e0 l\u2019enivrante odeur de la poudre br\u00fbl\u00e9e qu\u2019il avait tant aim\u00e9e. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Comment ne pas lire dans cet extrait la nostalgie du vieux Chabert, Comte d\u2019Empire, dans la nouvelle \u00e9ponyme de Balzac ? Dans cette d\u00e9clinaison du mythe, les influences s\u2019entrecroisent en effet, la nouvelle rappelle non plus seulement Hom\u00e8re, mais Musset et sa <em>Confession d\u2019un enfant du si\u00e8cle<\/em>. Lumi\u00e8re symbolique dans un si\u00e8cle qui se cherche, le phare de Penelle, illumine la mer, cette immensit\u00e9 sans bornes manifestes qui ravit Ulysse \u00e0 P\u00e9n\u00e9lope et l\u2019Empereur au reste du monde. Le clair obscur qui marque l\u2019atmosph\u00e8re du r\u00e9cit \u00e9voque les lumi\u00e8res et les ombres de la geste napol\u00e9onienne et de toute l\u2019histoire du XIX\u00e8 si\u00e8cle. L\u2019actualisation de cette \u00e9trange figure de P\u00e9n\u00e9lope a elle aussi, maille \u00e0 partir avec l\u2019Histoire des hommes, avec le pouvoir, la guerre et la paix. Mais si la femme d\u2019Ulysse arrivait symboliquement \u00e0 maintenir La\u00ebrte en vie en ne terminant jamais son linceul, l\u2019Empereur est mort et avec lui, le souffle h\u00e9ro\u00efque qui avait conduit des hommes \u00e0 livrer bataille au reste du monde pour diffuser les id\u00e9es de la R\u00e9volution. Si Ulysse et la paix reviennent \u00e0 Ithaque c\u00e9l\u00e9brant ainsi le triomphe de la discr\u00e8te et patiente P\u00e9n\u00e9lope, Penelle s\u2019\u00e9gare dans une fid\u00e9lit\u00e9 inf\u00e9conde. La reconfiguration du personnage \u00e9claire dans ce r\u00e9cit la faillite des id\u00e9aux et le caract\u00e8re finalement d\u00e9risoire de l\u2019action individuelle. Penelle s\u2019ab\u00eeme dans ses r\u00eaves h\u00e9ro\u00efques, dans une nostalgie&nbsp; vaine.<br><br>Le Jury a \u00e9galement choisi de r\u00e9compenser ce r\u00e9cit \u00e9tonnant car il est port\u00e9 par une langue magnifique, nourrie de d\u00e9tails pr\u00e9cis, renvoyant non seulement \u00e0 un arri\u00e8re-plan historique clairement \u00e9nonc\u00e9, mais \u00e9galement \u00e0 un quotidien ancr\u00e9 dans une autre temporalit\u00e9. Les objets et les sensations sont restitu\u00e9s avec rigueur sans mot superflu dans une langue po\u00e9tique et resserr\u00e9e. L\u2019humilit\u00e9 d\u2019un \u00eatre se lit \u00e0 chaque ligne de cette geste singuli\u00e8re :<br><br>\u00ab La nuit \u00e9tait maintenant tout \u00e0 fait noire. La fum\u00e9e \u00e9manant de la pipe en \u00e9cume de Cl\u00e9ment y faisait des t\u00e2ches grises, qui rapidement se dissipaient sous la brise l\u00e9g\u00e8re. Le sable fin des longues plages de l\u2019\u00eele sur lequel le gardien finissait sa pipe avait perdu toute la chaleur du jour. Il \u00e9tait d\u00e9sormais plus que temps d\u2019allumer le phare. Cl\u00e9ment monta donc les quelques quatre-vingts marches, entra dans la lanterne, alluma la lampe \u00e0 huile, et la lentille de Fresnel commen\u00e7a \u00e0 illuminer la mer des Cara\u00efbes. \u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"527\" height=\"474\" src=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-3296\" srcset=\"https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-2.png 527w, https:\/\/afpeah.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Capture_d_ecran_2024-06-10_a_23.35.31-removebg-preview-2-300x270.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 527px) 100vw, 527px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00ab Lettres \u00e0 un exil\u00e9 \u00bb, Prix de l\u2019AFPEAH 2024, niveau lyc\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De toutes les nouvelles re\u00e7ues, celle de Clara Godard explore le plus la complexit\u00e9 et les contradictions d\u2019un personnage proche \u00e0 certains \u00e9gards de la lucide P\u00e9n\u00e9lope des <em>H\u00e9ro\u00efdes<\/em> d\u2019Ovide. Elle est en effet tenaill\u00e9e par un sentiment de r\u00e9volte qui la conduit \u00e0 s\u2019interroger avec une grande acuit\u00e9 sur sa propre existence, une existence qui se d\u00e9fait chaque jour davantage alors qu\u2019elle est impuissante \u00e0 agir sur le cours de sa vie. La P\u00e9n\u00e9lope d\u2019Hom\u00e8re pleure constamment, celle-ci nous livre ses pens\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Compos\u00e9 de cinq lettres d\u2019une grande intensit\u00e9, l\u2019ensemble a profond\u00e9ment \u00e9mu les jur\u00e9s adultes et adolescents. P\u00e9n\u00e9lope l\u2019\u00e9pistoli\u00e8re s\u2019y livre \u00e0 une v\u00e9ritable joute avec l\u2019absent et d\u00e9voile toutes les douleurs qui l\u2019assaillent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord, le poids du temps que le tissage du suaire \u201cOdysseus\u201d &nbsp;ne parvient pas \u00e0 conjurer, puisqu\u2019aux \u201cfils les plus fins de la Gr\u00e8ce\u201d se croisent ceux de sa souffrance et \u201cle bruit de la navette de bois [qui lui] mart\u00e8le le cr\u00e2ne.\u201d Puis la menace masculine des \u00ab rapaces \u00bb semant le trouble au palais, tout comme l\u2019\u00e9rosion de son autorit\u00e9 maternelle, qui l\u2019\u00e9loigne peu \u00e0 peu de T\u00e9l\u00e9maque.<\/p>\n\n\n\n<p>Son d\u00e9sir de revoir Odysseus, exprim\u00e9 par la belle formule \u00ab Je t\u2019esp\u00e8re \u00bb et par la po\u00e9sie de \u201cA-t-il bien navigu\u00e9 mon amour ?\u201d, se heurte au doute sur la fid\u00e9lit\u00e9 du marin. Certaines phrases sont d\u2019une ironie et d\u2019une lucidit\u00e9 mordantes : \u00ab Profite du voyage Ulysse, profite du vin et des femmes, profite de la libert\u00e9 que t\u2019offre cette guerre loin de l\u2019aride Ithaque [&#8230;] Je suis furieuse, je sais que tu m\u2019aimes et quelquefois c\u2019est r\u00e9ciproque. [&#8230;] J\u2019ai plus besoin de toi que tu n\u2019as besoin de moi. \u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La douleur la meurtrit dans sa chair et dans sa sexualit\u00e9. L\u2019absence exacerbe son d\u00e9sir : \u201cJe cherche ta trace dans le lit mais le vide froid me jette encore plus dans ton absence. La nuit est cruelle pour ceux qui attendent. J\u2019esp\u00e8re ton souffle, j\u2019esp\u00e8re tes mains, tes yeux, ta peau, tes mots. Je n\u2019en dis pas plus, ce serait irr\u00e9v\u00e9rencieux.\u201d En effet, P\u00e9n\u00e9lope suffoque et s\u2019enflamme : \u201cJe n\u2019arrive plus \u00e0 raisonner sous cette nuit de plomb [&#8230;] La chaleur colle \u00e0 mes tempes\u201d. L\u2019\u00eele devient le th\u00e9\u00e2tre d\u2019un malaise que le spectacle de la nature redouble : \u201cSi tu savais combien je hais cette eau, combien je hais ces vagues, ce vent qui rythment l\u2019attente.\u201d. La guerre qui se joue \u00e0 Troie fait \u00e9cho aux tourments de son \u00e2me : \u201con finit notre existence dans une mare de sang \u00e0 la nage\u201d.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un style m\u00ealant po\u00e9sie et violence, Clara Godard peint une h\u00e9ro\u00efne pugnace qui ne renonce \u00e0 rien pour maintenir son pouvoir dans un monde domin\u00e9 par les hommes. L\u2019injonction de La\u00ebrte \u201cIl faut sauver le palais [&#8230;] Le palais a besoin d\u2019un homme\u201d est r\u00e9fut\u00e9e de mani\u00e8re cinglante par P\u00e9n\u00e9lope \u201cCe n\u2019est pas le palais qui a besoin d\u2019un homme, c\u2019est moi\u201d. Pourtant, \u00e0 l\u2019orgueil affich\u00e9 par P\u00e9n\u00e9lope \u201cJe suis intelligente. Je suis ta femme apr\u00e8s tout\u201d succ\u00e8de la reconnaissance d\u2019une hybris aux accents tragiques \u201cLa vie est rude sous le ciel des dieux [&#8230;] J\u2019ai trop pris go\u00fbt au pouvoir\u201d.&nbsp;<br><br>_________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Synth\u00e8se r\u00e9dig\u00e9e par Annabelle Presa et Tatiana Antolini-Dumas<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><br><strong>Nouvelles ayant obtenu des points <\/strong>:<br><em>[Un nombre important de nouvelles a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9, faute de lien avec le sujet]<\/em><br>NB : Il est arriv\u00e9 que certaines nouvelles portent le m\u00eame titre, dans ce cas, nous avons donn\u00e9 les premiers mots du texte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#7cb88f85\"><strong>Niveau coll\u00e8ge <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Absence et attente&nbsp;&nbsp; 1<br>Continuer&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>De fil en aiguille&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 52<br>Didier Departdegateau&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1<br>Elixir d\u2019amour&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>En attente de toi #342b&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 12<br>Fille ou gar\u00e7on?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>L\u2019 Odyss\u00e9e d\u2019Astrigh&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 7<br>L\u2019\u00e9nigme de la mer&nbsp; 17<br>L\u2019\u00e9pop\u00e9e d\u2019Aventura&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>L\u2019\u00e9pop\u00e9e de P\u00e9n\u00e9lope (P\u00e9n\u00e9lope, reine d&rsquo;Ithaque tissait sa toile)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 15<br>L\u2019escapade&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>L\u2019\u00eatre perdu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10<br>L\u2019heure du choix&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 15<br>L\u2019Odyss\u00e9e de P\u00e9n\u00e9lope (Dans un univers)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 17<br>La Folle histoire de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br><strong>La grande annonce de Perch\u00e9podepisse  103<\/strong><br>La Lapiventure&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>La main de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br>La mal\u00e9diction&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br>La mort de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>La P\u00e9n\u00e9l\u00e9pop\u00e9e&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br><strong>La reine d\u2019Ithaque&nbsp;&nbsp;  74<\/strong><br>La Rencontre entre P\u00e9n\u00e9lope et Ulysse&nbsp;&nbsp; 9<br>La Romance&nbsp; 2<br>La ruse d\u2019\u00e9l\u00e9anor&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br>La solitude de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>La solitude de P\u00e9n\u00e9lope (aujourd\u2019hui)&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>La Strat\u00e8ge pacifiste&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 15<br><strong>La toile du destin&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 189<\/strong><br>La tragique histoire de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp; 1<br>Le Contrat dissimul\u00e9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br>Le Cr\u00e9puscule&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 15<br>Le Mythomag &#8211; P\u00e9n\u00e9lope, la disparue d\u2019Ithaque&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4<br>Le r\u00e9cit de la servante&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4<br>Le Royaume de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp; 6<br>Le Soir de trop&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>Le sourire de ma m\u00e8re&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4<br><strong>Le Stratag\u00e8me invers\u00e9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 92<\/strong><br>Le Tableau d\u2019Ithaque&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br>Le tr\u00e9sor enfoui d\u2019Ithaque 3<br>Les h\u00e9ros de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>Les p\u00e9rip\u00e9ties de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;5<br>Les Retrouvailles&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>Les Ruses de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>Ma fantastique histoire&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>Maudite&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>Merci mon fils&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1<br>Mortel d\u00e9sespoir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>Pages d\u2019une vie : P\u00e9n\u00e9lope entre absence et succ\u00e8s&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 9<br>Par amour&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1<br>P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4<br>P\u00e9n\u00e9lope &#8211; la colombe&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4<br>P\u00e9n\u00e9lope (Il \u00e9tait une fois) &nbsp;&nbsp;4<br>P\u00e9n\u00e9lope (je m\u2019appelle)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1<br>P\u00e9n\u00e9lope (Sur la p\u00e9ninsule)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>P\u00e9n\u00e9lope (Ithaque-La Reine P\u00e9n\u00e9lope)&nbsp;&nbsp; 8<br>P\u00e9n\u00e9lope 2050&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>P\u00e9n\u00e9lope \u00e0 la recherche d\u2019Ulysse 2<br>P\u00e9n\u00e9lope au 21e si\u00e8cle&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>P\u00e9n\u00e9lope dans l\u2019espace&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10<br>P\u00e9n\u00e9lope et l\u2019histoire de Poudlard&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;6<br>P\u00e9n\u00e9lope et le retour hant\u00e9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;3<br>P\u00e9n\u00e9lope et le tissage&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 9<br>P\u00e9n\u00e9lope et les GI.&nbsp;&nbsp; 3<br>P\u00e9n\u00e9lope, la chance d\u2019une vie&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 9<br><strong>P\u00e9n\u00e9lope, la Parisienne&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 69<\/strong><br>Perip\u00e9teia&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>Phila\u00e9 et Ulyss&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;5<br>R\u00e9\u00e9criture du mythe de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br><strong>Sa majest\u00e9 Margaux de Blaye&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 200<\/strong><br><strong>Sans lui&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;  114<\/strong><br>Sous les \u00e9toiles&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 7<br><strong>The bloody thread&nbsp;&nbsp;98<\/strong><br>Toujours y croire&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 1<br>Trahison (Depuis vingt ans)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 4<br>Trop tard\u2026&nbsp;&nbsp; 16<br>Une petite fille mod\u00e8le&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-background\" style=\"background-color:#7cb88f85\">Niveau lyc\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p><strong>@Aumilruse&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;83<\/strong><br>Aquarium&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>Au-del\u00e0 de l\u2019attente 5<br><strong>Belle journ\u00e9e, n\u2019est-ce pas?&nbsp;&nbsp; 62<\/strong><br>Bip&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>C&rsquo;\u00e9tait trop tard.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10<br>Chambre close&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br>Correspondance \u00e0 sens unique&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 13<br>Cuba aut Fatum&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 5<br>D\u00e9ch\u00e9ance&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 13<br>Derni\u00e8re missive&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br><strong>Des ann\u00e9es de veille&nbsp; 158<\/strong><br>Des liens tiss\u00e9s&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br>Hora veritatis&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;9<br><strong>Hors du tissu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 55<\/strong><br>Intrigue \u00e0 Paris&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br>Journal de bord&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br>Juste un fil&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br>L\u2019Odyss\u00e9e de N\u00e9osis&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; 3<br>L\u2019Odyss\u00e9e de P\u00e9n\u00e9lope (Si vous lisez cette lettre)&nbsp;&nbsp; 8<br>L\u2019Odyss\u00e9e mythic&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 13<br>La bataille pour la science&nbsp; 18<br>La divine marionnette&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 11<br>La fin de l\u2019attente&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 14<br>La nouvelle\u2026 P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 9<br>L\u00e0 o\u00f9 le temps est meilleur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>La Promesse&nbsp; 10<br><strong>La reine d&rsquo;Ithaque&nbsp; 82<\/strong><br><strong>La reine Elfe&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;70<\/strong><br>La vendetta de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br><strong>Le dernier acte de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 72<\/strong><br>Le Manque&nbsp;&nbsp;&nbsp; 7<br>Le mort vivant&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>Le Pari des dieux&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br>Le Projet de P\u00e9n\u00e9lope&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 2<br><strong>Le retour inattendu&nbsp;&nbsp; <\/strong>73<br>Le Tri de l\u2019espoir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10<br>Le triste p\u00e9riple&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>Les roses de la pause&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 12<br>Les temps de l\u2019attente&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 19<br><strong>Lettre \u00e0 Calypso&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;99<br>Lettres \u00e0 un exil\u00e9&nbsp;&nbsp;&nbsp; 195<\/strong><br>M\u00e8re et femme&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>On ne fait pas d\u2019omelette sans casser des oeufs 7<br>Op\u00e9ration S.I.G.U&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>P\u00e9n\u00e9lope (au MXIII\u00e8me)&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<br>P\u00e9n\u00e9lope (Le jour se l\u00e8ve)&nbsp; 7<br>P\u00e9n\u00e9lope la r\u00e9sistante.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10<br><strong>P\u00e9n\u00e9lope nunc sum&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 100<br>P\u00e9n\u00e9lope ou les mailles du temps&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 109<\/strong><br>P\u00e9n\u00e9lope, la reine qui attendait son roi avec impatience&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;6<br>Pour les beaux yeux de Ptoligorth\u00e8s&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;8<br>Proph\u00e9tie&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 10<br>R\u00e9bellion d\u2019une IA&nbsp;&nbsp; 16<br>Retour vers le futur 18<br>Tu n\u2019\u00e9tais pas l\u00e0&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 6<br>Un ch\u00e2timent \u00e9ternel&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 8<br>Un match historique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; 3<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Si nous sommes tr\u00e8s heureux de f\u00e9liciter les talentueux laur\u00e9ats de la 6e \u00e9dition du Prix de L\u2019AFPEAH (Jury adultes), nous tenons \u00e9galement \u00e0 f\u00e9liciter tous les candidats qui ont particip\u00e9&nbsp;! Certaines nouvelles ont remport\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment de suffrages et ont suscit\u00e9 l&rsquo;adh\u00e9sion de nombreux membres du Jury. La synth\u00e8se que nous avons r\u00e9dig\u00e9e vous donnera un aper\u00e7u du plaisir que nous avons eu \u00e0 d\u00e9couvrir des textes de si grande qualit\u00e9 ! Le Prix de l\u2019AFPEAH (niveau coll\u00e8ge) est attribu\u00e9&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2024\/06\/10\/penelope-prix-de-lafpeah-2024\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3286,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,6,8],"tags":[17,49,33,194,37,38],"class_list":["post-3279","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-langues-anciennes","category-prix-litteraire","tag-concours-de-nouvelles","tag-litterature","tag-mythologie","tag-penelope","tag-prix-de-lafpeah","tag-prix-litteraire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3279","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3279"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3279\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3375,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3279\/revisions\/3375"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3286"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3279"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3279"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3279"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}