{"id":3127,"date":"2025-07-10T17:28:00","date_gmt":"2025-07-10T15:28:00","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=3127"},"modified":"2025-09-08T14:55:56","modified_gmt":"2025-09-08T12:55:56","slug":"le-singe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2025\/07\/10\/le-singe\/","title":{"rendered":"Le Singe"},"content":{"rendered":"\n<p>Nouvelle r\u00e9aliste d\u2019<strong>Alphonse<\/strong>&nbsp;<strong>Daudet<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-text-align-center\">___<\/h3>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Samedi, soir de paye. Dans cette fin de journ\u00e9e, qui est en m\u00eame temps une fin de semaine, on sent d\u00e9j\u00e0 le dimanche arriver. Tout le long du faubourg, ce sont des cris, des appels, des pouss\u00e9es \u00e0 la porte des cabarets. Parmi cette foule d&rsquo;ouvriers qui d\u00e9borde du trottoir et suit la grande chauss\u00e9e en pente, une petite ombre se h\u00e2te furtivement, remontant le faubourg en sens inverse. Serr\u00e9e dans un ch\u00e2le trop mince, sa petite figure h\u00e2ve encadr\u00e9e d&rsquo;un bonnet trop grand, elle a l&rsquo;air honteux, mis\u00e9rable, et si inquiet ! O\u00f9 va-t-elle&nbsp;? Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle cherche ?&#8230; Dans sa d\u00e9marche press\u00e9e, dans son regard fixe qui semble la faire aller plus vite encore, il y a cette phrase anxieuse : \u00abPourvu que j&rsquo;arrive \u00e0 temps&#8230;!\u00bb Sur sa route on se retourne, on ricane. Tous ces ouvriers la connaissent, et, en passant, accueillent sa laideur d&rsquo;un affreux surnom : \u00abTiens, le singe&#8230; Le singe \u00e0 Valentin qui va chercher son homme\u00bb. Et ils l&rsquo;excitent : \u00abKss&#8230;kss&#8230;Trouvera, trouvera pas&#8230;\u00bb Sans rien entendre, elle va, elle va, oppress\u00e9e, haletante, car cette rue qui m\u00e8ne aux barri\u00e8res est bien dure \u00e0 monter.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin la voil\u00e0 arriv\u00e9e. C&rsquo;est tout en haut du faubourg, au coin des boulevards ext\u00e9rieurs. Une grande usine&#8230; On est en train de fermer les portes. La vapeur des machines, abandonn\u00e9e au ruisseau, siffle et s&rsquo;\u00e9chappe avec un bruit de locomotive \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat. Un peu de fum\u00e9e monte encore des hautes chemin\u00e9es, et l&rsquo;atmosph\u00e8re chaude, qui flotte au-dessus des b\u00e2timents d\u00e9serts, semble la respiration, l&rsquo;haleine m\u00eame du travail qui vient de finir. Tout est \u00e9teint. Une seule petite lumi\u00e8re brille encore au rez-de-chauss\u00e9e, derri\u00e8re un grillage, c&rsquo;est la lampe du caissier. Voici qu&rsquo;elle dispara\u00eet, juste au moment o\u00f9 la femme arrive. Allons ! C&rsquo;est trop tard. La paye est finie&#8230; Comment va-t-elle faire maintenant ? O\u00f9 le trouver pour lui arracher sa semaine, l&#8217;emp\u00eacher de la boire ?&#8230; On a tant besoin d&rsquo;argent \u00e0 la maison ! Les enfants n&rsquo;ont plus de bas. Le boulanger n&rsquo;est pas pay\u00e9&#8230; Elle reste affaiss\u00e9e sur une borne, regardant vaguement dans la nuit, n&rsquo;ayant plus la force de bouger.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cabarets du faubourg d\u00e9bordent de bruit et de lumi\u00e8re. Toute la vie des fabriques silencieuses s&rsquo;est r\u00e9pandue dans les bouges. A travers les vitres troubles o\u00f9 les bouteilles rang\u00e9es m\u00ealent leurs couleurs fausses, le vert v\u00e9n\u00e9neux des absinthes, le rose des bitters, les paillettes d&rsquo;or des eaux-de-vie de Dantzick, des cris, des chants, des chocs de verre viennent jusque dans la rue avec le tintement de l&rsquo;argent jet\u00e9 au comptoir par des mains noires encore de l&rsquo;avoir gagn\u00e9. Les bras lass\u00e9s s&rsquo;accoudent sur les tables, immobilis\u00e9s par l&rsquo;abrutissement de la fatigue ; et, dans la chaleur malsaine de l&rsquo;endroit, tous ces mis\u00e9rables oublient qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de feu au logis, et que les femmes et les enfants ont froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Devant ces fen\u00eatres basses, seules allum\u00e9es dans les rues d\u00e9sertes, une petite ombre passe et repasse craintivement&#8230; Cherche, cherche, pauvre singe !&#8230; Elle va d&rsquo;un cabaret \u00e0 l&rsquo;autre, se penche, essuie un coin de vitre avec son ch\u00e2le, regarde, puis repart, toujours inqui\u00e8te, fi\u00e9vreuse. Tout \u00e0 coup, elle tressaille. Son Valentin est l\u00e0, en face d&rsquo;elle. Un grand diable bien d\u00e9coup\u00e9 dans sa blouse blanche, fier de ses cheveux fris\u00e9s et de sa tournure d&rsquo;ouvrier beau gar\u00e7on. On l&rsquo;entoure, on l&rsquo;\u00e9coute. Il parle si bien, et puis c&rsquo;est lui qui paye !&#8230;. Pendant ce temps le pauvre singe est l\u00e0 dehors qui grelotte, collant sa figure aux carreaux o\u00f9 dans un grand rayon de gaz la table de son ivrogne se refl\u00e8te, charg\u00e9e de bouteilles et de verres, avec les faces \u00e9gay\u00e9es qui l&rsquo;entourent.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la vitre, la femme a l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre assise au milieu d&rsquo;eux, comme un reproche, un remords vivant. Mais Valentin ne la voit pas. Pris, perdu dans ces interminables discussions de cabaret, renouvel\u00e9es \u00e0 chaque verre et pernicieuses pour la raison presque autant que ces vins frelat\u00e9s, il ne voit pas cette petite mine tir\u00e9e, p\u00e2le, qui lui fait signe derri\u00e8re les carreaux, ces yeux tristes qui cherchent les siens. Elle, de son c\u00f4t\u00e9, n&rsquo;ose pas entrer. Venir le chercher l\u00e0 devant les camarades, ce serait lui faire affront. Encore si elle \u00e9tait jolie, mais elle est si laide !<\/p>\n\n\n\n<p>Ah ! comme elle \u00e9tait fra\u00eeche et gentille, quand ils se sont connus, il y a dix ans ! Tous les matins, lorsqu&rsquo;il partait \u00e0 son travail, il la rencontrait allant au sien, pauvre, mais parant honn\u00eatement sa mis\u00e8re, coquette \u00e0 la fa\u00e7on de cet \u00e9trange Paris o\u00f9 l&rsquo;on vend des rubans et des fleurs sous les vo\u00fbtes noires des portes coch\u00e8res. Ils se sont aim\u00e9s tout de suite en croisant leurs regards ; mais, comme ils n&rsquo;avaient pas d&rsquo;argent, il leur a fallu attendre bien longtemps avant de se marier. Enfin la m\u00e8re du gar\u00e7on a donn\u00e9 un matelas de son lit, la m\u00e8re de la fille en a fait autant ; et puis, comme la petite \u00e9tait tr\u00e8s-aim\u00e9e, il y a eu une collecte \u00e0 l&rsquo;atelier et leur m\u00e9nage s&rsquo;est trouv\u00e9 mont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La robe de noce pr\u00eat\u00e9e par une amie, le voile lou\u00e9 chez un coiffeur, ils sont partis un matin, \u00e0 pied, par les rues, pour se marier. A l&rsquo;\u00e9glise il fallut attendre la fin des messes d&rsquo;enterrement, attendre aussi \u00e0 la mairie pour laisser passer les mariages riches. Alors il l&rsquo;a emmen\u00e9e en haut du faubourg, dans une chambre carrel\u00e9e et triste, au fond d&rsquo;un long couloir plein d&rsquo;autres chambres bruyantes, sales, querelleuses. C&rsquo;\u00e9tait \u00e0 d\u00e9go\u00fbter d&rsquo;avance du m\u00e9nage ! Aussi leur bonheur n&rsquo;a pas dur\u00e9 longtemps. A force de vivre avec des ivrognes, lui s&rsquo;est mis \u00e0 boire comme eux. Elle, en voyant pleurer les femmes, a perdu tout son courage ; et, pendant qu&rsquo;il \u00e9tait au cabaret, elle passait tout son temps chez les voisines, apathique, humili\u00e9e, ber\u00e7ant d&rsquo;interminables plaintes l&rsquo;enfant qu&rsquo;elle tenait sur ses bras. C&rsquo;est comme cela qu&rsquo;elle est devenue si laide, et que cet affreux surnom de \u00absinge\u00bb lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 dans les ateliers.<\/p>\n\n\n\n<p>La petite ombre est toujours l\u00e0, qui va et vient devant les vitres. On l&rsquo;entend marcher lentement dans la boue du trottoir, et tousser d&rsquo;une grosse toux creuse, car la soir\u00e9e est pluvieuse et froide. Combien de temps va-t-elle attendre ? Deux ou trois fois d\u00e9j\u00e0 elle a pos\u00e9 la main sur le bouton de la porte, mais sans oser jamais ouvrir. A la fin, pourtant, l&rsquo;id\u00e9e que les enfants n&rsquo;ont rien pour manger lui tient lieu de courage. Elle entre. Mais, \u00e0 peine le seuil franchi, un immense \u00e9clat de rire l&rsquo;arr\u00eate court. \u00abValentin, v&rsquo;l\u00e0 le singe !&#8230;.\u00bb Elle est bien laide, en effet, avec ses loques qui ruissellent de pluie, toutes les p\u00e2leurs de l&rsquo;attente et de la fatigue sur les joues.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abValentin, v&rsquo;l\u00e0 le singe !\u00bb Tremblante, interdite, la pauvre femme reste sans bouger. Lui, s&rsquo;est lev\u00e9, furieux. Comment ! elle a os\u00e9 venir le chercher l\u00e0, l&rsquo;humilier devant les camarades ?&#8230; Attends, attends&#8230; tu vas voir !&#8230;. Et terrible, le poing ferm\u00e9, Valentin s&rsquo;\u00e9lance. La malheureuse se sauve en courant, au milieu des hu\u00e9es. Il franchit la porte derri\u00e8re elle, fait deux bonds et la rattrape au tournant de la rue&#8230; Tout est noir, personne ne passe. Ah ! pauvre singe !&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Eh bien ! non. Loin des camarades, l&rsquo;ouvrier parisien n&rsquo;est pas m\u00e9chant. Une fois en face d&rsquo;elle, le voil\u00e0 faible, soumis, presque repentant. Maintenant ils s&rsquo;en vont tous deux bras dessus bras dessous, et, pendant qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9loignent, c&rsquo;est la voix de la femme qu&rsquo;on entend s&rsquo;\u00e9lever dans la nuit, furieuse, plaintive, enrou\u00e9e de larmes. Le singe prend sa revanche.<br><br>1\u00e8re parution dans l&rsquo;<em>Ev\u00e9nement<\/em>\u00a0le 12 ao\u00fbt 1872<br>Texte \u00e9tabli d&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9dition des\u00a0<em>Contes choisis : la fantaisie et l&rsquo;histoire<\/em>\u00a0d&rsquo;Alphonse Daudet, Paris, Charpentier, 1882.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><br> ________________________<\/p>\n\n\n\n<p><br>Si vous souhaitez \u00e9couter le texte, nous vous proposons de cliquer sur le lien suivant :<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"Le Singe\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/-IN9DEDgY6g?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>_______________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Contextualisation : extrait de l\u2019ouvrage de E. Dupont<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La question de la famille, pour le travailleur, est ins\u00e9parable de la question du logement. Le niveau moral s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ou s&rsquo;abaisse avec le niveau mat\u00e9riel. La promiscuit\u00e9 et la prostitution s&rsquo;\u00e9tendent \u00e0 mesure que l&rsquo;espace de l&rsquo;habitation diminue. [&#8230;] S&rsquo;il d\u00e9teste le patron, c&rsquo;est parce qu&rsquo;il voit en lui \u00e0 la fois le capitaliste et le ma\u00eetre; mais ce sentiment dispara\u00eet ou s&rsquo;att\u00e9nue par les relations directes ou journali\u00e8res, et peut m\u00eame faire place \u00e0 la d\u00e9f\u00e9rence, \u00e0 l&rsquo;estime, \u00e0 l&rsquo;affection. En argot de l&rsquo;atelier le patron est toujours &lsquo;LE SINGE&rsquo;, mais il n&rsquo;est pas rare qu&rsquo;il soit un &lsquo;bon type'\u00a0\u00bb<br>E. Dupont, Les Ouvriers, Histoire populaire illustr\u00e9e des travailleurs au XIXe si\u00e8cle, 1890<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au XIXe si\u00e8cle, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat accord\u00e9 aux classes sociales les plus modestes est nouveau<\/strong> : <br>\u00ab Vivant au&nbsp;XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, dans un temps de suffrage universel, de d\u00e9mocratie, de lib\u00e9ralisme, nous nous sommes demand\u00e9 si ce qu\u2019on appelle les \u00ab basse classes \u00bb n\u2019avaient pas droit au Roman; si ce monde sous un monde, le peuple, devait rester sous le coup de l\u2019interdiction et des d\u00e9dains d\u2019auteurs, qui ont fait jusqu\u2019ici le silence sur l\u2019\u00e2me et le c\u0153ur qu\u2019il peut avoir. Nous nous sommes demand\u00e9 s\u2019il y avait encore, pour l\u2019\u00e9crivain et pour le lecteur, en ces ann\u00e9es d\u2019\u00e9galit\u00e9 o\u00f9 nous sommes, des classes indignes, des malheurs trop bas, des drames trop mal embouch\u00e9s, des catastrophes d\u2019une terreur trop peu noble. Il nous est venu la curiosit\u00e9 de savoir [\u2026] si dans un pays sans caste et sans aristocratie l\u00e9gale, les mis\u00e8res des petits et des pauvres parleraient \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat, \u00e0 l\u2019\u00e9motion, \u00e0 la piti\u00e9, aussi haut que les mis\u00e8res des grands et des riches ; si, en un mot, les larmes qu\u2019on pleure en bas, pourraient faire pleurer comme celles qu\u2019on pleure en haut. \u00bb <strong>(Pr\u00e9face de&nbsp;<em>Germinie Lacerteux<\/em>, Jules et Edmond de Goncourt)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Les romanciers se proposent de rendre compte de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, y compris de ses marges, des cons\u00e9quences en tous domaines des r\u00e9volutions de 1789, 1830, 1848, des mutations socio-\u00e9conomiques entra\u00een\u00e9es par le d\u00e9veloppement du capitalisme et des techniques \u2013 usines, grands magasins, lutte du capital et du travail qui commence \u00e0 s\u2019organiser : la premi\u00e8re internationale a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1864 et son premier bureau fran\u00e7ais ouvert en janvier 1865 \u2013, par le d\u00e9veloppement des grandes villes et les travaux d\u2019urbanisme, comme ceux d\u2019Haussmann \u00e0 Paris, rejetant par-del\u00e0 les barri\u00e8res des petits artisans et des ouvriers qui, jusque-l\u00e0, vivaient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des villes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le peuple entre alors, v\u00e9ritablement, dans la litt\u00e9rature, non pas seulement les domestiques, de tout temps personnages oblig\u00e9s du th\u00e9\u00e2tre ou du roman, mais les travailleurs : artisans, ouvriers des ateliers et des usines, employ\u00e9(e)s des grands magasins, paysans.\u00a0\u00bb <br><strong>Becker, C. (2002). \u00ab\u00a0Alphonse Daudet : une vision ambigu\u00eb du monde du travail\u00a0\u00bb. <\/strong>Travailler, 7(1), 53-62. <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.3917\/trav.007.0053\">https:\/\/doi.org\/10.3917\/trav.007.0053<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouvelle r\u00e9aliste d\u2019Alphonse&nbsp;Daudet ___ Samedi, soir de paye. Dans cette fin de journ\u00e9e, qui est en m\u00eame temps une fin de semaine, on sent d\u00e9j\u00e0 le dimanche arriver. Tout le long du faubourg, ce sont des cris, des appels, des pouss\u00e9es \u00e0 la porte des cabarets. Parmi cette foule d&rsquo;ouvriers qui d\u00e9borde du trottoir et suit la grande chauss\u00e9e en pente, une petite ombre se h\u00e2te furtivement, remontant le faubourg en sens inverse. Serr\u00e9e dans un ch\u00e2le trop mince, sa&#8230;<\/p>\n<p class=\"read-more\"><a class=\"btn btn-default\" href=\"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2025\/07\/10\/le-singe\/\">Lire la suite<span class=\"screen-reader-text\"> Lire la suite<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":3160,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2,4,119],"tags":[210,209,49,195,237,208,235],"class_list":["post-3127","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articles","category-enseignement","category-lecture","tag-condition-feminine","tag-daudet","tag-litterature","tag-litterature-du-xixe-siecle","tag-naturalisme","tag-nouvelle","tag-ouvriers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3127","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3127"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3127\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3939,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3127\/revisions\/3939"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/3160"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3127"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3127"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3127"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}