{"id":2912,"date":"2023-06-07T19:47:04","date_gmt":"2023-06-07T17:47:04","guid":{"rendered":"https:\/\/afpeah.fr\/?p=2912"},"modified":"2023-11-17T14:41:47","modified_gmt":"2023-11-17T13:41:47","slug":"muette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2023\/06\/07\/muette\/","title":{"rendered":"Muette"},"content":{"rendered":"\n<p>&nbsp;&nbsp; Je me souviens des regards \u00e0 la fois plaintifs et curieux du personnel. Tous me jetaient des coups d&rsquo;\u0153il en coin, ne s&rsquo;attendant pas \u00e0 voir mes yeux s&rsquo;ouvrir un jour. Et pourtant, c&rsquo;est ce qui arriva.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je me souviens que quelqu&rsquo;un cria pour annoncer mon r\u00e9veil aux autres mais mes paupi\u00e8res \u00e9taient lourdes et le sommeil ne tarda pas \u00e0 m&#8217;emporter.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; En sentant Morph\u00e9e \u00e9treindre mon corps fragile, je me d\u00e9tendis. <em>Demain<\/em>, me dis-je. <em>Demain sera un nouveau jour<\/em>. Je n&rsquo;aurais pas pu viser plus juste.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Le lendemain, au moins toute la population mondiale me rendit visite. Des infirmiers, mes parents, mes grands-parents et j&rsquo;en passe. M\u00eame ma voisine de palier fit le d\u00e9placement. Tout cet engouement m&rsquo;amusa mais un go\u00fbt amer subsistait dans ma bouche. J&rsquo;avais envie d&rsquo;\u00e9clater de rire, de me moquer de ma propre condition.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Mais je ne pouvais pas. Ma voix \u00e9tait comme l&rsquo;eau d&rsquo;un lac cognant contre un barrage. Elle ne passait pas. Quant au barrage&#8230; je savais tr\u00e8s bien quelle \u00e9tait sa nature.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Noria et son hypocrite de mari. Ce dernier m&rsquo;avait tromp\u00e9e, abus\u00e9e m\u00eame. Il attendrissait mon c\u0153ur avec des mots doux, sans jamais dire l&rsquo;essentiel. Notamment qu&rsquo;il avait une femme, Noria. En apprenant mon existence, cette derni\u00e8re avait sorti l&rsquo;artillerie lourde. Litt\u00e9ralement. Heureusement, j&rsquo;\u00e9tais seulement tomb\u00e9e dans le coma (tiens, je ne me connaissais pas cette ironie).<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Enfin bref, \u00e7a, c&rsquo;\u00e9tait avant. Apr\u00e8s des mois et des mois de r\u00e9\u00e9ducation, je fus enfin capable de me tenir sur mes deux jambes. Capable de remuer les bras. Capable de courir jusqu&rsquo;\u00e0 manquer d&rsquo;air. Capable de tout ou presque.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Une chose n&rsquo;avait pas chang\u00e9 : je restais muette comme une tombe. J&rsquo;avais beau faire des efforts, rien n&rsquo;y faisait. Mes bons vieux parents disaient que c&rsquo;\u00e9tait le mental. Qu&rsquo;en tournant le dos au pass\u00e9, je n&rsquo;irais nulle part. Et je savais tr\u00e8s bien que j&rsquo;aggravais les choses en me coupant du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Un soir, ma s\u0153ur, Sylvia, me rendit visite. A l&rsquo;instant o\u00f9 elle entra dans la pi\u00e8ce, une sorte de malaise m&rsquo;\u00e9treignit. Je n&rsquo;allais pas me le cacher : j&rsquo;avais peur. Ma ch\u00e8re s\u0153ur \u00e9tait d&rsquo;une franchise effrayante. Une franchise r\u00e9fl\u00e9chie qui plus est. Elle choisissait les bons mots, ceux qui vous transpercent le c\u0153ur de leur v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je m&rsquo;enfon\u00e7ai un peu plus dans mes couvertures \u00e0 l&rsquo;odeur d&rsquo;h\u00f4pital. N&rsquo;y pr\u00eatant pas attention, Sylvia s&rsquo;affala sur le petit lit qui grin\u00e7a sous son poids. Sans m\u00eame me regarder, elle prit la parole :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je t&rsquo;ai arrang\u00e9 un rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; J&rsquo;eus l&rsquo;impression de d\u00e9valer une pente. <em>Un rendez-vous&#8230; <\/em>Mon souffle se fit hach\u00e9 au souvenir de l&rsquo;hypocrite qui s&rsquo;\u00e9tait jou\u00e9 de moi. Je ne voulais plus jamais, jamais revivre \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu as besoin de quitter ton silence. Et ce n&rsquo;est pas en t&rsquo;isolant que tu y arriveras. Tu le sais, j&rsquo;esp\u00e8re ? Tu n&rsquo;as jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fut\u00e9e mais quand m\u00eame&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je lui jetai un regard assassin et m&rsquo;enfon\u00e7ai encore plus sous mes draps. Ma s\u0153ur continua, un sourire satisfait plaqu\u00e9 sur ses l\u00e8vres pleines.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; D\u00e9tends-toi ! Tu me connais. Je te dis les faits et tu te d\u00e9brouilles avec. Et puisque je suis la meilleure des petites s\u0153urs, je t&rsquo;ai choisi un bon gars.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec un soupir mental, je lui fis signe de continuer.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L\u00e9o. Ce nom te dit quelque chose ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Son sourire s&rsquo;\u00e9largit en voyant mes yeux ronds comme des soucoupes. Effectivement, je connaissais ce nom. Et pas qu&rsquo;un peu. L\u00e9o \u00e9tait mon meilleur ami. Les souvenirs m&rsquo;assaillirent. Son sourire rassurant. Ses mains pleines de cals. Ses cheveux \u00e9bouriff\u00e9s par le vent. L&rsquo;envie de le revoir m&rsquo;envahit, me prenant de court. Ma s\u0153ur s&rsquo;en rendit \u00e9videmment compte. Elle se leva et se dirigea vers la porte. Avant de quitter la pi\u00e8ce, elle l\u00e2cha ces quelques mots :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Apr\u00e8s-demain, \u00e0 13 heures, au restaurant de la rue de l\u2019Espoir.<br><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Assise \u00e0 la table du restaurant, je l&rsquo;attendais. Quand la sonnette de la porte d&rsquo;entr\u00e9e tinta avec une surprenante douceur, je me retournai. Mon c\u0153ur battit \u00e0 tout rompre lorsque mon ami d&rsquo;enfance s&rsquo;avan\u00e7a vers moi. En me voyant, il sourit, me prit par les \u00e9paules et&#8230; fit un selfie. Je le regardai, h\u00e9b\u00e9t\u00e9e, mais il ne m&rsquo;accorda pas un regard. Il \u00e9tait au courant pour mon mutisme mais je pouvais tout de m\u00eame communiquer. Alors, pourquoi diantre, son visage se refl\u00e9tant sur son t\u00e9l\u00e9phone l&rsquo;int\u00e9ressait-il plus que moi ? De la lumi\u00e8re bleue se refl\u00e9tant dans les yeux, il l\u00e2cha :<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu m&rsquo;as manqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Apr\u00e8s cela, nous nous v\u00eemes de nombreuses fois. Enfin&#8230; je doutais qu&rsquo;il se souvienne de mon visage au vu du nombre de regards auxquels j&rsquo;avais eu droit. Mais que voulez-vous ? J&rsquo;appr\u00e9ciais le fait qu&rsquo;il me consid\u00e8re comme son \u00e9gale et non pas comme une anomalie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je le suivis comme son ombre, jour apr\u00e8s jour. Je crois que je commen\u00e7ais \u00e0 tomber sous son charme singulier. Je l&rsquo;observais tellement que j&rsquo;avais commenc\u00e9 \u00e0 adopter ses petites habitudes : me pincer le nez quand je ne comprenais pas quelque chose, me gratter l&rsquo;oreille quand j&rsquo;\u00e9tais g\u00ean\u00e9e, tortiller mes cheveux autour de mes doigts quand j&rsquo;\u00e9tais int\u00e9ress\u00e9e par un sujet&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je connaissais tout de lui mais j&rsquo;avais l&rsquo;impression de lui \u00eatre \u00e9trang\u00e8re. Et je n&rsquo;\u00e9tais franchement pas d&rsquo;une grande aide. En plus de la barri\u00e8re dans ma gorge, une autre s&rsquo;\u00e9tait interpos\u00e9e entre nous deux. Son t\u00e9l\u00e9phone. L\u00e9o \u00e9tait, d&rsquo;une \u00e9trange mani\u00e8re, obs\u00e9d\u00e9 par son image. En toutes circonstances, elle devait \u00eatre parfaite. C&rsquo;\u00e9tait, pour ne pas \u00eatre grossi\u00e8re, tr\u00e8s \u00e9nervant.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Un soir, il se transforma. Nous longions le bord d&rsquo;un lac \u00e9clair\u00e9 par la belle et majestueuse lune. La brise me soulevait les cheveux. Le silence nous entourait, m&rsquo;apaisant de sa puret\u00e9. Je levai les yeux, heureuse de pouvoir partager ce moment avec L\u00e9o. Je lui souris mais il ne le vit pas.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Il s&rsquo;\u00e9tait agenouill\u00e9 dans l&rsquo;herbe humide. Des larmes tra\u00e7aient des sillons sur ses douces et d\u00e9licates joues. Le voir ainsi me fit l&rsquo;effet d&rsquo;un coup de poing au ventre. Je m&rsquo;agenouillai \u00e0 mon tour, cherchant \u00e0 comprendre la source de son malheur.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Tout ce que je vis fut son reflet d\u00e9form\u00e9 par l&rsquo;ondulation de l&rsquo;eau. Interloqu\u00e9e, je jetai un coup d&rsquo;\u0153il au vrai visage de mon ami. Il \u00e9tait blanc comme un linge. Affol\u00e9, il cherchait \u00e0 plaquer ses cheveux en arri\u00e8re, \u00e0 nettoyer un reste de nourriture, \u00e0 hydrater ses l\u00e8vres gerc\u00e9es par le froid. Son image ne lui plaisait pas. Il ne la trouvait pas assez parfaite. Pourquoi cette obsession ? Je n&rsquo;en avais pas la moindre id\u00e9e. Tout ce que je savais, c&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;il souffrait et que j&rsquo;\u00e9tais sa meilleure amie.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je m&rsquo;approchai doucement de lui. Il ne remarqua ma pr\u00e9sence que lorsque je lui saisis la main. Celle-ci se mit \u00e0 trembler dans la mienne. Je n&rsquo;insistai pas. Il suffisait d&rsquo;attendre. Apr\u00e8s tout, le mutisme faisait de moi une bonne confidente. Sa voix ne tarda pas \u00e0 me donner raison.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Marc. Mon fr\u00e8re jumeau. Il s&rsquo;est noy\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Ma main se crispa. Je n&rsquo;\u00e9tais pas au courant. Mon ami planta ses yeux dans les miens, un sourire rassurant aux l\u00e8vres.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Tu ne pouvais pas savoir, tu \u00e9tais dans le coma.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Il d\u00e9tourna le regard.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Je lui ressemble trop. \u00c0 mon fr\u00e8re, je veux dire. D\u00e9sormais, quand je vois mon reflet, j&rsquo;ai l&rsquo;impression de le voir. J&rsquo;ai envie de l&rsquo;\u00e9treindre, de le r\u00e9conforter, mais tout \u00e7a m&rsquo;est impossible.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Une question me tarauda. Pourquoi se regardait-t-il en permanence dans l&rsquo;\u00e9cran de son t\u00e9l\u00e9phone alors ? Il ne tarda pas \u00e0 m&rsquo;\u00e9clairer d&rsquo;une voix chevrotante.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Mais, en m\u00eame temps, le voir en moi me rassure. Je sais que \u00e7a va te para\u00eetre absurde, mais j&rsquo;ai l&rsquo;impression que, tant que je me regarde, il sera toujours un peu en vie. Enfin&#8230; le voir dans de l&rsquo;eau&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Je serrai un peu plus sa main, geste qui ne suffisait pas \u00e0 exprimer toute mon empathie. Au fur et \u00e0 mesure de ses paroles, un flot de tristesse s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9vers\u00e9 en moi. J&rsquo;avais envie de pleurer, de crier, d&rsquo;implorer. Mais, ce soir, ce n&rsquo;\u00e9tait pas moi qui \u00e9tais \u00e0 r\u00e9conforter.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 L&rsquo;eau est ce qui l&rsquo;a tu\u00e9. Alors, lorsque je me suis vu dedans&#8230; j&rsquo;ai eu l&rsquo;impression que c&rsquo;\u00e9tait son fant\u00f4me, emprisonn\u00e9 par les abysses. J&rsquo;ai eu la r\u00e9action stupide de tout faire pour moins lui ressembler. M\u00eame si c&rsquo;est impossible. D\u00e9sol\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Sa voix se f\u00eala sur ce dernier mot. Je lui pris le menton pour le forcer \u00e0 me regarder. \u00c0 me regarder <em>moi. <\/em>Je voulais qu&rsquo;il voie qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas seul. Que si son reflet \u00e9tait celui de ses malheurs, mon visage \u00e9tait celui de son bonheur. Il me fixa longuement et je lui rendis la pareille. Au bout de longues minutes, il se leva. Rien ne se passa ensuite.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et puis, un jour, tout commen\u00e7a r\u00e9ellement.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; C&rsquo;\u00e9tait par un apr\u00e8s-midi chaud et ensoleill\u00e9. La foule ne faisait que cro\u00eetre autour de nous, \u00e0 l&rsquo;instar de la circulation. Nous voul\u00fbmes traverser la rue. Normal, me direz-vous. Sauf qu&rsquo;une voiture souriant au diable approchait et qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait pas pr\u00e8s de ralentir.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; L\u00e9o s&rsquo;avan\u00e7a, les yeux riv\u00e9s \u00e0 son \u00e9cran. Je l&rsquo;attrapai par derri\u00e8re et un miracle se produisit. Je criai.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 L\u00e9o !<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Des larmes se mirent \u00e0 couler le long de mes joues au son de ma voix \u00e9raill\u00e9e. J&rsquo;avais r\u00e9ussi, j&rsquo;avais cass\u00e9 le barrage. De surprise, L\u00e9o l\u00e2cha son t\u00e9l\u00e9phone qui finit \u00e9cras\u00e9 sous les roues du v\u00e9hicule. Il prit un air d\u00e9pit\u00e9 mais, voyant mes larmes et comprenant que je l&rsquo;avais sauv\u00e9, il m&rsquo;\u00e9treignit. Je me d\u00e9robai \u00e0 ses bras, reculai de deux pas et lui tendis la main. Ma voix, us\u00e9e par le silence, jaillit \u00e0 nouveau de ma gorge.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Bonjour, L\u00e9o. Me vois-tu enfin ?<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Les yeux de mon interlocuteur s&rsquo;\u00e9carquill\u00e8rent et un rire le secoua. Puis, son expression se fit plus solennelle. Il saisit ma main tendue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">&#8211; Oui, je te vois. Je te vois enfin.<br><br><em><strong>Ana\u00efs Cambria-Pisciotta<\/strong> <\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>PRIX COUP DE C\u0152UR 2023 (niveau coll\u00e8ge)<\/strong>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp; Je me souviens des regards \u00e0 la fois plaintifs et curieux du personnel. Tous me jetaient des coups d&rsquo;\u0153il en coin, ne s&rsquo;attendant pas \u00e0 voir mes yeux s&rsquo;ouvrir un jour. Et pourtant, c&rsquo;est ce qui arriva. &nbsp;&nbsp; Je me souviens que quelqu&rsquo;un cria pour annoncer mon r\u00e9veil aux autres mais mes paupi\u00e8res \u00e9taient lourdes et le sommeil ne tarda pas \u00e0 m&#8217;emporter. &nbsp;&nbsp; En sentant Morph\u00e9e \u00e9treindre mon corps fragile, je me d\u00e9tendis. Demain, me dis-je. 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