{"id":1308,"date":"2020-05-30T23:12:05","date_gmt":"2020-05-30T21:12:05","guid":{"rendered":"http:\/\/afpeah.fr\/?p=1308"},"modified":"2023-06-22T19:16:37","modified_gmt":"2023-06-22T17:16:37","slug":"prix-de-lafpeah-2020-niveau-lycee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/afpeah.fr\/index.php\/2020\/05\/30\/prix-de-lafpeah-2020-niveau-lycee\/","title":{"rendered":"PRIX DE L&rsquo;AFPEAH 2020 (NIVEAU LYC\u00c9E)"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-color\" style=\"color:#0071a1\">\u00ab\u00a0Au Fond du labyrinthe\u00a0\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>J&rsquo;ai ouvert les yeux. Lass\u00e9 par mes vaines tentatives de m\u2019endormir, ne serait-ce qu\u2019un moment, je me l\u00e8ve p\u00e9niblement. Que vais-je faire, aujourd\u2019hui? Je ne sais pas. Mais guid\u00e9 par un vague instinct, je me mets en route. Je n\u2019ai qu\u2019une envie, sortir d\u2019ici. Me baigner dans les doux rayons de soleil d&rsquo;une aube dor\u00e9e. Revoir quelqu&rsquo;un de vivant. Sentir la brise l\u00e9g\u00e8re caresser mes joues&#8230; Depuis combien de temps suis-je ici? Une semaine? Un mois? Des ann\u00e9es? Je ne sais plus. La nuit tombe, le silence pesant et le noir absorbent les longues galeries, et dans cette atmosph\u00e8re lugubre &#8211;&nbsp; Il arrive.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Cette horrible cr\u00e9ature que j&rsquo;ai pour compagnie. Cette b\u00eate ignoble qui me traque infiniment dans le noir des galeries, me rendant fou. Fou! De cette pression incessante. Du sentiment constant d&rsquo;\u00eatre une proie, et non seulement la sienne, mais celle de cet endroit, devenu ma prison personnelle. Lui\u2026 Je le vois souvent, dans le reflet d&rsquo;une flaque sur le sol humide, la o\u00f9 une infime&nbsp;particule de lumi\u00e8re perce au travers des murs de pierre. Je le vois dans un de ces innombrables tournants, je sens son souffle sur ma nuque. Il se rapproche de plus en plus, je le sens, mais que puis-je y faire? Parfois, m&rsquo;allongeant sur le sol, comme en proie \u00e0 un d\u00e9lire, je lui parle. Il est l\u00e0, il m&rsquo;\u00e9coute &#8230; Mais ne me r\u00e9pond jamais.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je n&rsquo;ai gu\u00e8re d\u2019autre compagnie. Je passe mes nuits et jours seul, avec ma conscience. Sauf ce jour-l\u00e0! Dont le cauchemar me hante encore.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>\u00c7a m&rsquo;avait sembl\u00e9&nbsp;\u00eatre un mirage. Au milieu de ma solitude, j&rsquo;avais entendu des voix, je n&rsquo;avais pas os\u00e9 y croire, la joie m\u2019avait submerg\u00e9. Des autres? Sont-ils coinc\u00e9s ici comme moi? Viennent-ils me chercher? M&rsquo;aideraient-ils? J&rsquo;\u00e9tais all\u00e9 alors, guid\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cho de leur voix r\u00e9sonnant dans les longs corridors. Je les avais sentis, tout pr\u00e8s, des femmes, des enfants, des jeunes hommes. Je sentais l&rsquo;odeur \u00e2cre de leur peur, j\u2019avais voulu m&rsquo;avancer , mais soudain, j\u2019avais pris&nbsp; peur. Et s\u2019ils ne voulaient pas me voir? Leurs voix s&rsquo;estompaient peu \u00e0 peu, tandis que j&rsquo;\u00e9tais en proie \u00e0 l&rsquo;h\u00e9sitation. C\u2019est alors que j\u2019avais senti sa pr\u00e9sence \u00e0 nouveau. Il \u00e9tait revenu. Je courais titubant \u00e0 travers le long corridor qui nous s\u00e9parait,<\/em> <em>d\u00e9boulant soudain devant le petit groupe. Des cris ne tard\u00e8rent pas \u00e0 \u00e9clater, je n&rsquo;avais eu aucune chance de m&rsquo;expliquer. J\u2019avais senti une vive douleur sur ma joue. J&rsquo;y avais port\u00e9 ma main et j\u2019avais vu du sang. Mon sang.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Une rage, une rage immense m\u2019avait submerg\u00e9 avant de perdre connaissance. Je m&rsquo;\u00e9tais r\u00e9veill\u00e9 couch\u00e9 dans l&rsquo;eau.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>J&rsquo;avais trouv\u00e9 cela \u00e9trange. Peu \u00e0 peu, en retrouvant l&rsquo;usage des parties de mon corps endolories, j&rsquo;avais senti une substance collante sur mes bras, une puanteur incroyable. Et alors, je les avais vus&#8230; une dizaine de cadavres \u00e0 mes pieds, baignant dans la mare de sang qui se propageait lentement sur le sol, d\u00e9chir\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on bestiale&#8230;<\/em><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Par r\u00e9flexe, je frotte les mains, essayant d\u2019effacer les traces inexistantes de sang&nbsp;. Ce souvenir bien que lointain reste grav\u00e9 dans ma m\u00e9moire. Comme je m&rsquo;en voulais d&rsquo;avoir laiss\u00e9 cela se produire, je n\u2019\u00e9tais pas arriv\u00e9 \u00e0 temps, la b\u00eate les avait tu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019avais-je fait ce jour-l\u00e0? Rien! J&rsquo;avais pris peur, j&rsquo;avais fui.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, depuis ce jour, les \u00e9chos bris\u00e9s de voix me hantent et me poursuivent dans la p\u00e9nombre. En soupirant je reprends ma vaine qu\u00eate, \u00e0 la recherche de quelque sortie. Il me faut cette sortie. Ce doit \u00eatre la seule raison qui me maintient en vie. La seule chose qui me donne la force d&rsquo;exister et qui illumine tout ce noir. Qui me permet de me distraire des petits bruits incessants que font les gouttelettes d&rsquo;eau tombant du plafond. Elles rendraient fou n\u2019importe qui. Mais je suis d\u00e9j\u00e0 fou, pas vrai? Parfois, dans une de mes innombrables nuits sans sommeil, je compte, avec les gouttes pour m\u00e9tronome, les secondes, les minutes, les heures, l&rsquo;infini. Plop. Plop. Plop. Des voix! J&rsquo;entends des voix \u00e0 nouveau!<\/p>\n\n\n\n<p>Est-ce encore une hallucination, un mirage provoqu\u00e9 par ma solitude sans fin?<\/p>\n\n\n\n<p>Non! Elles sont bien r\u00e9elles cette fois! Mais qui est-ce? La curiosit\u00e9 l\u2019emportant sur la peur, j&rsquo;avance \u00e0 pas de loup, les oreilles dress\u00e9es, tous les sens en alerte. Prudence! Je me cache dans un angle. Je me m\u00e9fie maintenant\u2026 Tiens! Les voil\u00e0! Avan\u00e7ant aux aguets, certains boitant. Des femmes qui pleurent doucement. Elles savent donc quelle cr\u00e9ature se cache en ces murs? Parmi eux, un homme. Il est magnifique, m\u00eame dans la p\u00e9nombre. Dans sa main gauche, il tient un flambeau, une belle \u00e9p\u00e9e r\u00e9fl\u00e9chissant la lueur de la flamme orne sa ceinture. Son air affiche une grande d\u00e9termination. Il semble mener tous ces hommes Je ne peux en d\u00e9tacher mon regard. Le feu m&rsquo;effraie et me fascine au m\u00eame moment. Je ne puis m&#8217;emp\u00eacher d\u2019avancer, chancelant, vers cet homme magnifique. Il a en lui quelque chose de divin. Je veux le toucher. Sentir qu&rsquo;il est r\u00e9el. Il me conduira \u00e0 la lumi\u00e8re\u2026 Sortir de ce trou!<\/p>\n\n\n\n<p>Un hurlement me sort de ma r\u00eaverie. Une des femmes de la procession m\u2019a vu. Submerg\u00e9 par l\u2019euphorie, j\u2019ouvre les bras et je cours vers eux\u2026 quand je vois, dans le bouclier scintillant, \u00e0 la lueur des flambeaux, une cr\u00e9ature ignoble, couverte de poils, les yeux rougissants, la t\u00eate orn\u00e9e de cornes bris\u00e9es. Mon reflet. Enrob\u00e9 de flammes, flammes de ce feu qui m\u2019effraie tant. Pris de panique, je recule, \u00e9vitant de justesse un flambeau lanc\u00e9 dans ma direction. Mes souvenirs reviennent en trombe. Non&#8230;. Non, non. J&rsquo;attrape ma t\u00eate entre mes mains. Je combats ces pens\u00e9es soudaines. Mais mon pass\u00e9, tapi tant d\u2019ann\u00e9es dans ma m\u00e9moire, refait surface.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>Une tr\u00e8s belle femme se tenait au milieu de la pi\u00e8ce. Ses \u00e9paules d\u00e9licates tremblaient, tressaillant de sanglots \u00e9touff\u00e9s. Soudain, elle cessa ses pleurs et se tourna vers la petite silhouette dans l&rsquo;autre coin de la pi\u00e8ce.&nbsp;\u00ab&nbsp;Mon ch\u00e9ri&nbsp;\u00bb, ronronna-t-elle, \u00ab&nbsp;Mon amour&nbsp;\u00bb. Elle s&rsquo;avan\u00e7a d&rsquo;un pas l\u00e9ger, une bougie \u00e0 la main. \u00ab&nbsp;Mon cher fils&nbsp;\u00bb, dit-elle en passant la main dans ses cheveux. \u00ab&nbsp;Mon cher fils&nbsp;\u00bb, r\u00e9p\u00e9ta-t-elle. \u00ab&nbsp;Je te hais&nbsp;\u00bb, murmura-t-elle, \u00ab&nbsp;Je te hais , je te hais, JE TE HAIS&nbsp;\u00bb, hurla-t-elle. \u00ab&nbsp;Toi , autant que ton p\u00e8re. Tu as g\u00e2ch\u00e9 ma vie!&nbsp;\u00bb Elle hurlait, son visage d\u00e9form\u00e9 par la rage. \u00ab&nbsp;Tu m&rsquo;as couvert de honte. Esp\u00e8ce&#8230;. Esp\u00e8ce de monstre ! Qui voudrait d&rsquo;une cr\u00e9ature comme toi!&nbsp;\u00bb Finissant sa tirade, elle baissa la t\u00eate. \u00ab&nbsp;J&rsquo;ai donn\u00e9 naissance&#8230;. J&rsquo;ai donn\u00e9 naissance \u00e0 un animal?&nbsp;\u00bb, chuchota-t-elle.&nbsp; Un silence pesant plana quelques secondes. Puis une sorte de grondement, entre le rire et les pleurs sortit de la bouche de la femme, une cacophonie qui r\u00e9sonnait dans la pi\u00e8ce et se r\u00e9percutait sur les murs. Elle rejeta sa t\u00eate en arri\u00e8re et rit, rit, hyst\u00e9rique. Elle se tourna enfin vers son fils, un sourire effroyable sur son visage.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong><em>\u00ab&nbsp;Cr\u00e8ve!&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;Puis elle lan\u00e7a la bougie \u00e0 son visage.<\/em><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>La douleur emplit mon \u00eatre au souvenir de ce moment. Je hurle encore et encore. Et me jette sur ce reflet pour d\u00e9truire la source de ma douleur. J&rsquo;attaque avec f\u00e9rocit\u00e9 cette vision. Tout \u00e0 coup, j&rsquo;entends le chant d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e dont&nbsp;le sifflement mortel s&rsquo;approche de moi. Une douleur fulgurante me transperce la poitrine. Ma vision commence \u00e0 se troubler mais, \u00e0 travers le halo de larmes, je revois ce jeune homme \u00e0 l\u2019aura divine,&nbsp;tenant sa lame d&rsquo;o\u00f9 coule et tombe en un rythme r\u00e9gulier des gouttes de mon sang.&nbsp;Plop. Plop. Plop. Les secondes, les minutes, les heures. L\u2019infini.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>J&rsquo;ai enfin trouv\u00e9 la sortie, je suis libre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#0071a1;font-size:25px\"><em><strong>Valentine Li\u00e9geois <\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#0071a1;font-size:19px\"><em><br><\/em>Ath\u00e9n\u00e9e Royal de Marche, 6900 Marche-en-Famenne, Belgique <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-color\" style=\"color:#0071a1\">Professeur r\u00e9f\u00e9rent : Johanna Pellegrini<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Au Fond du labyrinthe\u00a0\u00bb J&rsquo;ai ouvert les yeux. Lass\u00e9 par mes vaines tentatives de m\u2019endormir, ne serait-ce qu\u2019un moment, je me l\u00e8ve p\u00e9niblement. Que vais-je faire, aujourd\u2019hui? Je ne sais pas. Mais guid\u00e9 par un vague instinct, je me mets en route. Je n\u2019ai qu\u2019une envie, sortir d\u2019ici. Me baigner dans les doux rayons de soleil d&rsquo;une aube dor\u00e9e. Revoir quelqu&rsquo;un de vivant. Sentir la brise l\u00e9g\u00e8re caresser mes joues&#8230; Depuis combien de temps suis-je ici? Une semaine? 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